Vos propos sont intéressants. Il faut savoir que Renan ne verse pas dans un antisémitisme primaire (tel que tragiquement diffusé au 20e siècle).
Des types comme Renan ou Sánchez-albornoz savent faire des concessions dialectiques même si elles demeurent inégales et souvent purement rhétoriques au long de leurs ouvrages.
"La destruction de la chose sémitique" est bien une phrase de Renan. Dans sa leçon inaugurale, les Juifs s’en tirent nettement mieux que les Musulmans ... alors que chez Albonoz, leur présence historique est jugée "nuisible" à l’Espagne (catholique par essence, cela va de soi).
En parlant de "vision essentialiste", Armand, vous touchez au coeur de l’ouvrage de Gouguenheim.
Le pire est que même le "public cultivé" ne se rend pas compte de la violente régression qu’implique une essentialisation ! Il suffit après de crier à la censure, au corporatisme, au complot islamo-gauchiste pour donner un semblant de crédibilité à certaines thèses.
Quant aux bilingues en général, S.G les emploie de manière ethnicisée : son chapitre sur l’oeuvre scientifique des Syriaques aurait pu simplement s’intituler "Sur le rôle positif des Syriaques".
Avec un peu d’humour, on pourrait dire que Gouguenheim prend les Syriaques pour des Pieds-Noirs (principe actif de cette zone passive qu’est l’Orient). Il réalise si on veut, une régression ad bedouinum.
On comprend mieux la boutade de de Libera qui ironisait en suggérant (j’utilise mes mots ici) que le livre de Gouguenheim aurait pu être publié sous le haut patronage du Ministère de l’Identité Nationale ...
Comment dire ... j’ai été saisi par une "étrange familiarité" après la lecture du bouquin de S.G. Comme un goût de déjà-dit mais, le plus souvent avec des gants (quoique ...)
Je t’offre cette petite recension issue de Google Books. C’est comme Retour vers le futur !
Jamais juin 2008 n’a été aussi proche de juillet 1853 ! Et en prime, t’as un article sur le rôle des Syriaques qui fait indubitablement songer à la "pensée Gouguenheim" ...