Fondamental de permettre à la créativité de s’exercer, de lui donner des exemples,des outils, du temps, tout le monde n’a pas un don ( et d’ailleurs on ne juge pas ici une performance ) mais tout le monde a droit au temps de la création et à son accompagnement. Tout ce qui manque depuis que l’on assiste à un grave retour en arrière des instructions officielles. On laisse croire que les arts ont encore une place dans les écoles primaires mais on liste une somme invraisemblable de savoirs (parfois contradictoires et incohérents ) qui empêchera de trouver le temps de sortir le matériel de dessin ! On retire deux heures par semaine et on oblige à une évaluation - bilan avant le milieu de l’année pour les CM2 qu’on tente de faire passer pour une évaluation diasgnostic. Permettre de créer c’est aussi donner la possibilité d’écrire ( et pas seulement de copier), d’écrire de toutes les façons, pour apprendre aussi bien la concordance des temps que la ’fabrication’ des phrases complexes, celles qui servent à exprimer sa pensée ( et non pas celles de l’exercice qui ne sert qu’à remplir le cahier pour faire plaisir à l’enseignant. ). Une écriture de la complexité pour savoir s’exprimer simplement avec facilité. Voilà effectivement des bases indispensables aussi bien pour former le futur citoyen que pour aider l’individu à s’épanouir dans ses activités professionnelles. On est loin de la seule instruction réductrice et appauvrissante, on est loin de la seule recherche des compléments dits d’objets directs dont les bénéfices en orthographe demeurent bien ciblés. Un projet nécessaire dans nos écoles publiques qui continuent, malgré tout, d’accueillir l’ensemble des élèves sans sélection ni exclusion.
L’auteur n’a pas laissé de fôte, semble-t-il, mais n’ignore pas que certaines erreurs nous échappent parfois malgré toute la vigilance que l’on a apporté à l’écriture. L’important c’est le sens de ses mots, de sa pensée ; son texte suggère une certaine modestie ; Il n’en est pas de même pour tout le monde !
Le passé comme référence.... Les choses changent effectivement, dans les années soixante,les résultats en orthographe, malgré une orientation très dirigée sur la copie, l’écriture et l’orthographe, n’étaient pas si brillants. Aujourd’hui, la création de textes, la production d’ écrits sont des domaines où les résultats sont assez bons ( dernières évaluations de sixième ) et c’est bien là l’essentiel, un essentiel qui n’existait pas ou peu dans les années soixante. Il est plus facile de fabriquer des copistes que des rédacteurs Pour ceux qui connaissent bien l’enseignement de l’orthographe, je fais référence aux enseignants qui travaillent depuis de nombreuses années dans une classe et ont eu l’occasion de faire évoluer leur pédagogie, il est vrai que chaque année permet de redécouvrir la grande difficulté de l’orthographe de la langue française. Rien de logique en langue écrite car les quelques exemples cités dans l’article ne sont qu’une petite partie de l’iceberg ! Les élèves de milieu défavorisé dont le langage est parfois très rudimentaire sont confrontés à de rudes épreuves alors que l’exigence familiale a chuté.Je n’évoque pas ici les accords des participés passés des verbes pronominaux mais les légions d’irrégularités, de mots d’origine étrangère, les étrangetés diverses et variées, tout ce qui plait aux retraités qui jouent au scrabble ( tiens, en voilà un ! ) ou à ceux qui ont tout le loisir de passer leur temps à écrire. Ceci dit, l’orthographe peut être enseignée avec raison et avec efficacité sans oublier l’essentiel : savoir écrire, c’est à dire ne pas privilégier la forme au détriment du fond.
C’est le rendez-vous des vieux ronchons ou celui des imbéciles qui ne mettent jamais les pieds dans une école ? Un môme d’aujourd’hui a mille fois plus de compétences que tous les crétins qui ne cessent de se plaindre du niveau qui baisse ! Mais des gamins en souffrance, oui, il y en a de plus en plus, manque de présence parentale, manque de communication familiale, avalanche d’images et de sons violents, difficultés pour communiquer ....et maintenant une sorte de management dans l’Education Nationale qui ne jure que par le quantitatif, l’évaluation binaire et les tableaux de stats.
Qu’on donne aux écoles les moyens de bosser, qu’on respecte les enseignants ( en leur donnant une formation, en leur fournissant une médecine du travail, en les écoutant !...) et qu’on les laisse travailler, qu’on cesse les réformettes de merde qui ne font qu’ajouter de la grammaire quand on a besoin d’apprendre à utiliser des langages.... Une bonne réforme doit se faire dans le temps, dans le consensus, sur la base des résultats de la recherche, après une évaluation rendue publique et non pas par un ramassis de décisions parfois contradictoires et toutes plus médiocres que les autres. Effectivement, la coupe est pleine mais tellement d’abrutis y jettent leurs certitudes !