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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 14 août 2011 16:04

    @ Valerianne,

    En effet, les Livres de la Méditerranée affirment que dieu n’aime pas les tièdes.

    Ici, il convient donc d’adopter des positions passionnées et radicales. Avec prises de risques à la clef puisque ça conduit automatiquement à des affrontements. A moins que tout le monde soit exactement du même avis, ce qui n’est pas fréquent.


    Je répète donc que j’ai eu tort de suggérer des exposés de compréhension ou mixtes (qui obligent, comme l’a rappelé JL, de se casser la tête) et que vous avez tout à fait raison de faire comme d’habitude.

    Et là on n’en est qu’à parler d’un film.



  • easy easy 14 août 2011 15:18

    Ouais, vous avez tous deux raison.
    D’ailleurs tout le monde fait comme vous.

    L’important, l’urgent, le vital n’est pas de comprendre mais d’être compris.
    Il n’est pas de connaître mais d’être connu.

    Je vous remercie de me l’avoir fort justement rappelé.



  • easy easy 14 août 2011 11:25

    Je réaliserais un film, j’y trouverais toujours à redire et je n’apprécierais donc que les critiques en thèse et antithèse.


    On peut cependant répondre que si une critique en thèse + antithèse devrait s’appliquer à un sujet où l’auteur se positionne fortement, elle ne peut s’appliquer sur un sujet où l’auteur reste vague.

    Je crois que même sur un sujet poétique où rien n’est décidé ou tranché, la critique -je parle de la seule critique, pas du traitement du film- devrait tout de même verser dans le jour et contre-jour, dans la plongée et la contre-plongée, dans le vu de l’intérieur et le vu de l’extérieur.

    Tiens, par exemple « La vie est belle ». Je critiquerais ce film, entrevoyant qu’il y a deux thèses possibles (Montrer à son enfant la réalité horrible du nazisme Vs le préserver de cette noire vision en lui faisant croire qu’on est dans un jeu), comprennant que toutes les victimes du nazisme ont eu à réfléchir et à choisir entre ces deux voies, j’en aurais dit un mot.



    Sur un autre plan. Puisqu’à l’évidence il y a une large part de gens qui n’ont pas apprécié de film, pourquoi en faire la critique sans dire un seul mot d’explication -posée en hypothèse- sur ce qui froisse les déçus ?


    Pardon de renvoyer à quelque chose de plus trivial mais ça me fait penser au rapport officiel sur le 11/09. Ceux qui ont rédigé ce rapport connaissaient par coeur les mille et une questions des sceptiques. En toute bonne foi, ils auraient donc dû, peut-être en annexe de leur thèse, y répondre clairement. Or ils ont joué le déni total. En aucun endroit de leur rapport ils ne montrent qu’ils considèrent les questions que les sceptiques se posent.

    Revenant alors à Melancholia, je trouverais non déniateur et plus partageur d’en faire la critique en essayant, au moins en partie, de reprendre quelques uns des arguments de ceux qui n’ont pas apprécié et de montrer pourquoi ou comment on peut les retourner.

    En somme, une critique, pour moi, ne devrait pas consister à dire seulement ce que l’on ressent mais à dire aussi ce que l’on comprend -en toute fraternité- dans la réaction des autres (des pour et des contre).



  • easy easy 13 août 2011 19:55

    @ Sparte,

    Histoire de ne pas trop nous accabler, nous les gens de 2010, je voudrais dire que la manière de débattre avait déjà mal tourné depuis longtemps.

    1431, procès de Jeanne d’Arc. A partir du moment où l’on permet à l’évêque Cauchon de faire reproche à Jeanne, d’avoir porté pantalon mais aussi d’avoir été inspirée par le diable et non par dieu, on permet toutes les dérives rhétoriques par la suite.


    Et à la suite, il y a Louis XIV, Louis XV et Louis VI où il devient très important de ridiculiser un rival en usant uniquement d’esprit et ce qu’on appelle alors esprit, c’est le bon mot, la phrase qui tue non parce qu’elle est articulée sur un fait fondé mais seulement parce qu’elle est esthétiquement assassine

    Cette esthétique de l’assassinat par la belle phrase, malgré l’arrivée de l’esprit soi-disant scientifique, l’a emporté sur tout et nous collectionnons donc les citations bien plus que les raisonnements.

    Au point que même dans le domaine de la science, afin d’être cru, il fallait que la rhétorique fût esthétique, qu’elle incendiât quelque part le ou les contradicteurs


    Mais examinons les verrines de Cicéron et nous y trouverons déjà des phrases, donc une démarche rhétorique perverse.

    C’est à se demander s’il a existé un jour, au nord de la Méditerranée, des débats où les rhéteurs jouissaient de débattre, non d’étrangler, non de ruiner l’adversaire.

    Et je reviens souvent à la manière dont se passent nos procès (avatars de la Sorbonne où avait oeuvré Cauchon)
    Quand on regarde ce qui s’y passe, c’est radicalement différent, sur le plan de la dignité, de qui se passait lors des règlements de litiges par le duel ou l’ordalie (où il était complètement inutile de s’insulter, de se dénigrer)



    L’esprit de Sparte nous fait défaut.

    Certes, il y avait les Gaulois qui était vraiment courageux, mais ils n’avaient pas la réputation d’être disciplinés. Du coup, leur courage a été aisément ridiculisé.

    Les Spartiates étaient tout aussi courageux que les Gaulois mais par discipline et personne ne les a jamais raillés. 

    Dès qu’on s’écarte de l’esprit de Sparte, on devient hypocrite et pervers.



    J’ai dionc tenu à aller rendre visite à Sparte, histoire d’y respirer quelque ancienne odeur. 
    Je ne l’ai pas trouvée. Mais j’y ai trouvé quelque chose d’autre, de très inattendu.
    Le soir venu, sur la place de l’hôtel de ville, qui comporte sur le bord opposé une série de bars et restaurants, les Spartiates déambulent en incessants aller-retour, en se tenant par le bras (sans distincition de sexe) par goupes de 2 à 10 personnes, et devisent, tels des péripatéticiens.

    Les Italiens, au sud de Rome, font également ça. Des hommes déambulent en se tenant le bras et papotent. Ce qui indique alors très explicitement qu’on peut débattre en étant amis. Qu’on débat même mieux en étant amis.



    Les peuples trop blanchistes, qui ont trop colonisés, ont eu un réflexe de supériorité allant à leur interdire de dire pardon à un colonisé, de s’excuser, de faire le clown devant lui, et donc de le toucher en termes d’amitié (On ne touche jamais un coolie, ou alors avec un bâton)
    Ca aura conduit (oeuf ou poule, c’est à vérifier) à ce que même entre Français, chacun prend une attitude de maître et refuse de minauder ou faire le clown, de se mettre à genoux, en somme de dire à son interlocuteur, « je te remercie d’exister » « Je rends grâce à Dieu de ta présence »

    Actuellement, en France, passée la génération des Bourvil et autre Funès, nos clowns ne sont plus que des enfants d’immigrés. (Dany Boon vient d’Algérie)


    On ne peut pas être aussi raide et hautain sans en venir, même entre nous, à conserver cette posture hautaine. Avant 1789, le plébéien ne songeait qu’à retirer son chapeau et à baisser le regard. Depuis, même madame Bidochon tient à lever le menton.


    Et de se bourrer alors d’anxiolytiques

    Lorsque deux personnes se rencontrent, en France, elles se disent une seule fois un signe amical « Bonjour » et se touchent ou se bisent donc une seule fois. Ce qui, à force, est devenu archi conventionnel.
    Comme au cours de la rencontre, on ne reproduit plus de mots aimables, plus de sourires en « merci d’être là », on se quitte sans avoir jamais une seule preuve que l’autre a eu du plaisir à papoter avec soi.

    Ailleurs, surtout avant l’occidentalisation, tout au long de la rencontre, on renseignait son visiteur en lui manifestant des gestes originaux, non conventionnels, personnalisés lui prouvant qu’on prend du plaisir à sa présence.

     



  • easy easy 13 août 2011 12:09

    Surya,

    J’ai réfléchi au film « L’or se barre » vu en 1969

    De mémoire, la course poursuite se passe à vive allure et, sur le toit, les 3 mini ne lambinent donc pas.
    Or le toit du CNIT est tout de même ondulé et je ne me souviens pas que les voitures passaient ces ondulations (raides à négocier en leur creux)


    Si ça se trouve, nous sommes archi intoxiqués par notre nationalisme.

    Car si notre CNIT a été inauguré en 1958, dix ans plus tôt, en 1948, Luigi Nervi avait déjà créé le palais des exposition de Turin qui lui ressemble énormément mais sans les ondulations de la toiture et où il serait donc bien plus plausible de faire courir des voitures.

    Or ce film, « l’or se barre », a été très largement tourné à Turin.
    Bien qu’il ait été tourné vers 1968 soit 20 ans après la construction du palais des exposition de Turin et que dans le film le bâtiment semblât en chantier, je soupçonne que c’est bien à Turin que cette scène a été tournée et que c’est par nationalisme français que nous aurions soutenu puis répété à l’envi qu’elle avait été tournée sur notre CNIT.

    La preuve de ce nationalisme idiot est dans le fait que jamais nous n’avons cité le vrai père du CNIT qui est bel et bien l’italien Nervi.
    Si nous avons dénié ou en tous cas très peu cité cet ingénieur (préférant vanter notre Le Corbusier) c’est que nous étions disposés à répandre ou laisser courir toutes sortes de fausses rumeurs nationalistes.

    Bon, de tout ça ne ne serai certain qu’après avoir revu le film mais là, pour y avoir réfléchi cette nuit, je dis tout mon scepticisme sur cette version de l’histoire.


    A décharge pour les (peut-être) falsificateurs, je dirais que ce film ayant été réalisé par des Anglais, les voitures étant des Mini anglaises, l’une bleue, l’autre blanche, la troisième rouge (couleurs anglaises donc) il était tout aussi possible aux Français de prendre ce film pour un cocorico bleu blanc rouge selon notre drapeau.

    (C’est un film dans lequel les Italiens sont constamment ridiculisés)



    Si vous êtes repassée ici, faites-moi un petit signe que je sache bien que vous avez été avertie de cette possible intoxication






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