• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

easy

easy

59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
Rédaction Depuis Articles publiés Commentaires postés Commentaires reçus
L'inscription 21 3431 838
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0
Modération Depuis Articles modérés Positivement Négativement
L'inscription 230 126 104
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0

Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • easy easy 20 juin 2011 19:58

    «  »« 
    Selon Platon, une société sans esclave était impossible, c’est dire la hauteur de vue et la lucidité du mec.
     »«  »

    Bin oui, il avait raison le Platon.

    Toute société, si elle comporte un volet bâti avec proprio titré et de bon droit, ne peut se passer d’esclaves ou d’ouvriers à peine mieux traités.
    (Il y a moins d’écart de fortune entre un esclave et son maître Etrusque qu’entre un smicard et certains patrons)

    Le coup de génie du capitalisme, quand il s’est retrouvé interdit d’exploiter des esclaves, a été de faire croire à ses ouvriers qu’ils n’en étaient pas et qu’il y avait là-bas, loin derrière l’horizon, des sauvages valant moins qu’un mineur de Lorraine.

    Pour un Dupont de Nemours ou un Krupp, il n’y avait aucune différence de valeur entre un parisien cordonnier et un Congolais, hormis dans la fiabilité au travail. Très importante la fiabilité au travail. Travail Famille Patrie était dans l’air du temps. Et plus les ouvriers ont eu l’impression de ne pas valoir plus cher que les Indochinois ou des Malgaches, plus ils ont râlé et plus ils ont été remplacés par d’autres néoesclaves ou des robots.

    Lorsqu’un smicard d’ici peut tout de même s’offrir, par le biais de son CE, une semaine de vacances en Tunisie, c’est parce que là-bas les femmes de ménage sont quasiment ses esclaves du point de vue pécuniaire. Et s’il peut se payer un barbecue à 17 € made in china, c’est en vertu du même principe.
















  • easy easy 20 juin 2011 19:27



    «  »«  »«  »«  »«  »«  »« Le monde est un tout unifié. Pour comprendre un désordre local ou résoudre un problème particulier, nous ne pouvons nous passer de la vision globale de sa réalité contextuelle. Pour ce faire, c’est l’ensemble des visions de tous les individus qui doit être communiqué et assemblé car il permet, avec la multiplicité des points de vue, de mieux approximer la réalité. L’intervention de chacun est nécessaire à la bonne compréhension du monde et à la bonne marche des affaires humaines. »«  »«  »«  »«  »«  »«  »

    Oui le monde est standardisé, mais pensées incluses. Globalement, en effet, nous serions plus avisés d’entendre toutes les voix, y compris donc celles des derniers sauvages, de ceux qui n’ont jamais participé au bâti, de ceux qui n’ont construit que des maisons de paille ou de terre.

    Et ces derniers, s’ils pouvaient parler dans notre langue, nous feraient très mal à l’âme. 

    Heureusement, ils ne parlent qu’un vague dialecte ridicule et font plein de fautes d’orthographe. Et puis ils n’ont ni SFR ni le Net, alors, aucun risque de les entendre.

    Ces « tous les individus » dont vous parlez ici, cher Erik, ce sont finalement des gens qui sont formatés au même bouillon de culture que vous et moi, à d’infimes variantes près. Il s’agit essentiellement de gens qui savent qu’il n’est pas bon du tout d’avouer ne pas comprendre, ne pas savoir, et qui se font donc omniscients de tout. On leur tend un micro dans la rue sur le nucléaire et hop, ils répondent comme s’ils savaient le nucléaire. Même Amy Winehouse a un avis dessus. Bin voui, pourquoi elle n’aurait pas un avis valant celui de notre ami Cabanel, hein ?

    Tu parles de spécialistes !




    Bon. 
    Le principe des effets mutagènes des radiations, OK, il est acquis. 

    Mais j’ai l’impression que c’est l’occasion de rappeler que par exemple Pierrot et Mariette Curie avaient pendant des années manipulé des produits radioactifs (très chèrement payés à l’achat) et que dans leurs tripotages quotidiens, des milliards de milliards de milliards d’E. Choli de leur ventre, de leurs mains, ont été exposées à des radiations plutôt importantes. Sans apparition de super E Choli.
    Des femmes sont mortes de cancer d’avoir peint les chiffres en radioluminescent nos montres et réveils et là encore c’est des milliards de bactéries et virus de toutes sortes qui étaient également exposés mais qui n’ont pas muté, a priori.

    En beh, heureusement que les saletés de microbes ne mutent pas hyper cruels chaque fois qu’ils sont irradiés, paske sinon, après toutes les bobinettes qu’on a fait sauter...

    Des mutations oui, des mutations favorables à l’irradié, c’est une petite probabilité et on n’a que très peu de chances de produire un supersarko résistant au fly tox en irradiant nostre dame. 


    Concernant le thé qui aurait été détruit à Roissy. 
    Je rappelle à tous les sachants que ça ne sert à rien de détruire un produit radioactif. Quelle que soit la forme sous laquelle se retrouve le corps détruit, il reste radioactif. Même si on le brûle donc (cendres, vapeurs, gaz, tout reste radioactif)

    (Si à Fuku, ils arrivent un jour à dé-irradier partiellement les eaux de ruissellement, ce sera en récupérant dedans quelques particules solides radioactives et cette boue sera fortement radioactive. Il faudra donc la mettre « quelque part »)

    (Idem concernant tout filtre qui équipera la future enveloppe légère dont il est question)

    Ainsi, il ne suffirait pas de bloquer les produits radioactifs qui nous arrivent du Japon ou d’ailleurs, il faudrait les renvoyer, si l’on est non partageur des merdes de notre système.


    Sans aucun doute, les Tchernobyl nucléaires nous mettent face aux limites des menteries que sont nos beaux discours et lois.
    Par exemple : tous les pays dits civilisés ont des lois versant dans « Si cépabien, je confisque ».

    Bin voui, sauf que confisquer des produits radioactifs dont on ne peut rien faire... c’est pas malin.
    Et, comme dans Le Marchand de Venise, celui qui a chié la merde radio active peut exiger de ceux qui s’accrochent à leurs lois de les appliquer « Vous êtes tenus de confisquer mes merdes. Si vous ne me les confisquez pas en raison de ma magouille ou faute, vous irez en prison ah ah ah »

    Alors confisquer non, et renvoyer alors, c’est possible ? Bin non puisque c’est interdit de faire voyager des produits aussi dangereux sauf à les super emballer au prix d’une fortune.
    Piégés les Maîtres de la Sorbonne.



  • easy easy 20 juin 2011 16:48

    Rudyard Kipling est là pour nous montrer ce que l’Européen, le Blanc donc, pensait et pense de l’Inde.

    Et l’Inde, faisant partie des endroits du Monde où l’on a construit des Tour Eiffel, on était automatiquement raciste et en tous cas fier de ces constructions donc méprisant envers ceux qui n’en faisaient pas autant.

    Ce mépris des bâtisseurs pour les non-bâtisseurs tenant pour une part importante au fait que ces derniers n’allaient même pas à admirer ce bâti. Par exemple, les choses avaient mal tourné pour Darius III et ne serait-ce qu’en raison de la victoire des Macédoniens, il ne pouvait pas lui venir à l’esprit de mépriser ses vainqueurs, sinon sur quelques plans accessoires. Et ce Darius aurait entendu Alexandre s’émerveiller devant Babylone, il l’aurait évidemment trouvé civilisé. 

    Ainsi, bien que s’affrontant constamment entre elles, les civilisations (les bâtisseurs donc) se sont mutuellement admirées. C’est même, au-delà des aspects militaristes, essentiellement sur la question du bâti donc de l’architecture et de ses petits (La décoration, l’orfèvrerie, les arts, les sciences et les lettres...), que les peuples civilisés ont pu, en temps de paix, se recevoir mutuellement en grandes pompes. 

    C’est par les villes, les temples et les palais que les civilisés se sont jugés, inspirés, copiés, toisés et enviés. Hitler bavait de Paris, Louis XIV bavait de la Grande Porte, Léopold II bavait des boulevards de Haussmann, François 1er bavait de Florence...
    Entre civilisés, on se méprisait sur des détails et surtout après une victoire. Mais on ne se traitait pas de crétins. 

    Tous les civilisés, dont les Indiens faisaient partie, surtout avant d’avoir été colonisés par les Anglais ; dont les Chinois faisaient partie, surtout avant d’avoir été croqués par les Japonais et les Occidentaux ; dont les Japonais faisaient partie, surtout avant d’avoir été vaincus par les EU ; dont les Incas, les Egyptiens et les Aztèques avaient fait partie à leurs grandes heures, tous ceux là se sont certes bien foutus dessus et insultés mais jamais au point de se traiter de macaques.

    Et tous ont profondément méprisé, animalisé et exploité ceux qui ne bâtissaient que des paillottes ou des cases de terre.

    Les champions de l’arrogance et du mépris étant ceux qui construisent les immeubles les plus hauts. Il est très facile, de nos jours, de voir où ils se trouvent.

    Cela dit, les sens de raciste a évolué constamment et chacun de ces peuples bâtisseurs lui accorde un sens qui lui est propre.
    Le racisme d’un Chinois ou d’un Indien bâtisseur, n’est et ne sera jamais exactement celui d’un bâtisseur français qui différera également toujours de celui d’un bâtisseur anglais, italien ou allemand.

    En certains endroits, la performance s’exprime surtout en termes de hauteur, ailleurs en termes de matériaux, en d’autre en termes de fontaines, en d’autres en termes de cirques, en d’autres encore en termes de dorures, de harems, d’écuries, mais en gros, il s’agit bien d’architecture.


    Les premiers voyagistes du Monde ont été les orientalistes et il ne s’agissait pas d’aller visiter des montagnes ou des rivières mais bel et bien des constructions édifiantes.



    Tout étant fractal, ce principe du mépris du bâtisseur pour le non-bâtisseur, vaut même entre petits-bâtisseurs.

    Les Amérindiens du Nord qui construisaient de grandes cases (fixes donc) se considéraient supérieurs à ceux qui vivaient sous tipis. Idem en Afrique noire où le moindre édifice de terre battue qui dépassait 5 m de hauteur était considéré comme une merveille traduisant la supériorité de ses bâtisseurs.
     
    Plus que tout autre élément, le bâti survit longtemps à son bâtisseur et allonge ainsi artificiellement sa trop courte vie. Dans chaque civilisation, même modeste, tout prince se construit ou se fait construire une tour Eiffel avant toute chose. Rarissimes ont été les princes qui, comme Gandhi, Mandela ou Ho Chi Minh, ont renoncé à ce principe d’orgueil

    (En 1804, le Noir JJ Dessalines, dès qu’il eut viré les colonialistes bonapartistes, s’était fait proclamer empereur, carrément. empereur d’une fraction de petite île. Dans une bagarre contre un grand empereur, il est très difficile d’en rester à un verbe d’entre gueux, du coup, on perpétue le jeu de la prétention) 



    Ainsi, le racisme n’est pas du tout fondé sur une histoire de couleur de peau malgré la coïncidence très noir= case de terre, mais uniquement sur une histoire de civilisation architecturale.

    Et c’est pour cela qu’il existe une version intra raciale, par exemple franco française, du racisme qui est le mépris des châtelains ou grands bourgeois pour les ouvriers.
    Les Sans-abris étant tout en bas de toutes les échelles, partout où existe du bâti.

    (Pendant 60 ans après la Révolution, le droit de vote était censitaire, ce qui veut dire qu’il était réservé aux hommes propriétaires de bâti)
    (En Inde, un Intouchable ne pouvait pas être propriétaire)

    Un sauvage c’est un type infoutu de produire un titre de propriété sur un terrain, c’est un type qui n’a même pas conçu que ça puisse être possible.


    Le racisme n’est donc pas l’idée que tel mec avec tel os dans le nez est un crétin mais surtout qu’on est plus légitimé que lui pour s’approprier le terrain sur lequel il vit. C’est pour dissimuler notre convoitise que nous insistons sur la bêtise globale du sauvage et sur notre droit supérieur au sien pour le gérer, ce terrain. La racisme n’est qu’un prétexte à la colonisation (colonisation millénaire que tous les bâtisseurs, du plus petit au plus grand, ont perpétré)

    Les attentats du 11 septembre ont choqué bien plus les grands bâtisseurs que les Roms et il s’en est suivi une guerre des mots éminemment raciste entre eux qui habitaient des buildings et ceux qui se terraient dans des grottes.

    Dans ces guerres du bâti, si Troie, Carthage et Persépolis ont été rasées, s’il y a eu le pillage et l’incendie du palais d’Eté de Pékin par les Français et les Anglais en 1860, s’il y a eu l’incendie du palais des Tuileries en 1871, si Hitler vaincu avait voulu brûler Londres et Paris, s’il y a eu Hiroshima et Nagasaki, si les Talibans ont détruit les Bouddhas de Bâmiyân, il y a eu le cas du palais impérial du Japon que les Ricains ont délibérément épargné. Un véritable miracle, une exception qui confirme la bonne règle comme on dit.

    Dans tout ça, en dépit de son gaullisme (pourtant parfaitement raciste) et en dépit de l’odeur, Jacques Chirac présente un cas à part puiqu’il aura été le seul de nos princes à faire édifier un palais à la seule gloire des non-bâtisseurs et en ce que ces sauvages avaient fait de tout de même épatant.



  • easy easy 20 juin 2011 13:33

    Ouille !

    Cet article cherche à expliquer le racisme au travers de la seule couleur de peau.

    Gné ??

    Figurez-vous que si d’aventure les Nordméditerranéens avaient découvert, au très sud de cette mer, des populations plus avancées, ils n’auraient pas du tout conclu au même racisme.

    C’est la corrélation entre la morphologie des gens et leur niveau de civilisation qui a formé le racisme blanchiste.

    Comme on sait depuis toujours qu’en Inde y a des merveilles disons architecturales, on n’a pas du tout conclu au même racisme alors que les Indiens sont quasiment aussi noirs que des Africains.

    La difficulté des racistes de 1850 est dans le défaut de corrélation entre les noirceurs équivalentes des Congolais et des Indiens alors que leurs civilisations sont très différentes.

    Dans le racisme, l’Inde a donc été un trou noir et il en a été très peu question dans las traités racistes. S’il n’y avait pas l’Inde, le racisme serait parfait. Il fallait donc dénier l’Inde.

    Idéalement, dans l’apologétique raciste, il aurait même fallu faire de la Chine et du Japon un trou noir.

    Le second point, qui est entièrement contenu dans ce premier principe, c’est celui de la définition d’une civilisation. Le troisième point, encore contenu dans le premier principe, c’est la corrélation à établir entre défaut de civilisation (que le blanchiste a donc à définir) et le niveau d’intelligence (que le même blanchiste a à définir)

    Comme Shylok dans le Marchand de Venise, le raciste-moderniste se retrouve pris dans les filets de sa propre logique. Quand tout va bien, il définit l’intelligence en disant que c’est ce qui permet de fabriquer des Tour Eiffel, des vaccins et des chaises électriques pour les assassins. Mais se retrouve coincé quand on lui dit, « Euh, et pour Tchernobyl, la mise à sac du Congo, Bhopal, la crise des subprimes, Woerth, l’Amocco Cadiz, on électrocute qui ? Tous ceux qui ont joué ce jeu, tous ceux qui ont pris l’avion ou une mobylette ? »


    Le niveau de civilisation a souvent sinon toujours été, dans le secteur Chine-Europe-Egypte-Inde, apprécié selon des critères de puissance militaire organisée (Darius, Gengis Khan, Alexandre, Jules César...). Disons selon des critères impérialistes.

    La stricte considération militaire ne suffit cependant pas. On a également considéré le bâti, sa complexité ou difficulté de réalisation, ses performances technologiques (d’où l’inclinaison des plus racistes face aux pyramides par exemple).

    On a donc considéré les niveaux de calcul et, finalement, les niveaux d’écriture, les complexités et subtilités de la communication verbale. Dans cet examen, la complexité des métaphysiques ou la subtilité des communications par tam-tam ou par nuages de fumées a été éludée sinon péjorée en « superstitions »

    Au fond, à partir du moment ou des gens ne construisaient pas des tour Eiffel, on concluait que leur système de communication et de philosophie était archaïque, animal.



    Dans tout ce secteur Eurasien (et autrefois dans le secteur Sud Américain) on s’enorgueillissait de ses tours Eiffel. Dans tout ce secteur, il y avait du racisme. Et de tout ce secteur ; c’est l’Europe qui a été l’endroit le plus moderniste, donc le plus raciste (c’est automatiquement lié, quoi qu’on en dise). Et ce racisme visait donc les peuples les moins architectes, ceux chez qui l’architecture ne reflétait pas la puissance de l’organisation, l’industrialisation.

    L’industrialisation remonte à des 5000 ans comme un rien dans le secteur impérialiste et architectiste.

    L’industrialisation c’est déjà les mines de cuivre, d’étain des Etrusques, Carthaginois ou Japonais. C’est la fabrication en série des amphores et des navires. C’est la production de sel loin des mers que pratiquaient les ancêtres de nos ancêtres Gaulois. C’est, plus simplement mais tout de même, les assèchements de marais, les routes un tant soit peu pavées ou creusées ou sculptées. L’industrialisation c’est la tendance toujours à uniformiser les systèmes de mesure, donc les verbes, donc les écritures. C’est la frappe de monnaie. 

    L’industrialisation du XIXème siècle n’a été qu’une accélération violente de plus à un phénomène très ancien. 

    Et le modernisme-racisme induit automatiquement « Demain sera meilleur » 

    Aussi bien en Chine qu’en France, on ne pouvait nager dans la logique de l’industrialisation, de la standardisation et de la rationalisation, sans aller dans l’analyse
    L’analyse c’est la soupe dans laquelle nous sommes nés. Décortiquer, découper, scanner, rayonxisser, décomposer, fissionner, fusionner, recomposer, additionner, multiplier, ajouter, agrandir, voilà ce qu’on a ici appelé le prométhéisme. 
    On a donc tout disséqué.

    Or un non civilisé en ce sens, n’analyse pas. Il ne dissèque pas les corps qui en meurent . Il fait ce qu’ici on nommerait de la synthèse, rien que de la synthèse. Le sauvage est constamment dans une vision globale. Le poisson étant vivant avec sa queue, on ne conçoit pas de ne considérer que sa queue. Quand nous roulons vers la plage de nos vacances, nous pensons à la route, aux accidents, au réservoir d’essence, au péage. Le sauvage, quand il avance sur une piste, il n’est même pas exactement dans une pensée exprimable, il est dans une sensation d’ensemble plus que dans une décomposition. 
    Pour lui, il y a des liens de vie entre les choses et ne conçoit pas de les dénier.

    Bien des questions que le civilisé Romain ou Arabe pose au sauvage semblent impossibles à ce dernier mais en une seule génération passée chez le civilisé, il peut déjà penser comme lui. Si c’est en tant qu’esclave, ou éboueur, il ne poussera pas trop l’assimilation mais si c’est en tant qu’égal, il poussera à fond et deviendra l’équivalent ou le singe parfait.
    Né dans la marmite de la civilisation, le fils de sauvage deviendra civilisé-raciste-méprisant-exploiteur-performeur à l’identique de tout civilisé.

    Heureusement qu’il y a eu, dans la civilisation, des concepts de modération que sont par exemple l’humanisme ou la sagesse.



     
    Lorsque des Océaniens avaient vu des navires pour la première fois, ils ne parvenaient pas à inclure ces étranges objets dans l’ensemble du contexte qu’ils considéraient habituellement et ils rentraient au village sans parler de cette chose. Ce n’est que progressivement, chacun essayant de mettre des mots (qui décomposent forcément les choses) dessus, que l’ensemble du village est parvenu à parler vaguement de l’étrange apparition. Et encore, en faisant des analogies ou liens avec leur ordinaire.


    Mutatis mutandis, si l’un de nous voit aujourd’hui un truc étrange dans le ciel ou sur quelque loch, il va bredouiller ses pensées à ses copains, sur le Net. Puis il agglutinera des propositions de mots et de sens des uns et des autres (CIA, Ben Laden, monstre, OVNI, Cabanel etc..) pour parvenir à dire quelque chose de pas forcément juste ou vrai mais de communicatif, donc de rassurant (L’angoisse s’atténue dans la collectivisation si la collectivité reste sereine et confiante).

    Ensuite, toujours dans ce secteur des civilisés, il y avait à dire si bien ou si mal. Il a toujours été hors de question de dire que l’architecturisme ou que l’impérialisme était mal (il était donc difficile de critiquer cette tendance chez les concurrents puisqu’on la cultivait soi-même et on n’a jamais su critiquer le modernisme des Romains ou des Nazis)


    Ainsi, dans tout ce secteur, la civilisation était bien et bonne. Le sauvage étant donc mal et mauvais. Même pour Rousseau, qui n’a pas du tout envisagé le renoncement à la civilisation.

    Ce n’est que là, tout récemment, face à nos impasses écologiques, économiques et sociétales, face à nos meurtres, cruautés et catastrophes industrielles, que nous commençons à douter un peu de cet ordre Bien/Mal, Bon/Mauvais. Nous ne sommes plus aussi certains d’avoir eu raison d’aimer autant l’industrialisation et la standardisation de tout.


    Trop d’éléments d’ordre purement écologique nous culpabilisent et nous voilà déchirés, schizophrènes (au sens vulgaire) parce malgré nos feux en tous genres, nous restons très banalement mortels et même plus mortels que les lichens, virus, rats et autres cafards.


    Dans tout ça, avant même que surgissent nos murs et peaks écologiques, notre secteur civilisé a ressenti bien des crises. Il suffit à tout individu civilisé de se voir en train de mourir trop tôt pour ressentir quelque injustice, pour remette en cause le bien fondé du contexte dans lequel il baigne. C’est donc régulièrement et surtout depuis que nous nous sommes sentis penseurs de l’Humanité entière, que certains d’entre nous se posent des questions. Et que font-ils alors pour essayer de trouver et de montrer où se planque la vraie vérité ? Et bien ils foncent droit chez les sauvages, s’il en reste.

    Chaque fois que l’homme civilisé a paniqué devant l’insolubilité de certaines grandes questions il est allé fouiller dans les affaires des sauvages. Pour justifier l’inceste par exemple, nos penseurs sont allés fouiller chez les plus sauvages des Hommes et nous ont ramené toutes sortes de certificats prouvant que l’inceste est absolument universel et que basta, n’en discutons plus.

    Alors que pour le cannibalisme, c’est tout le contraire. On sait très bien que les sauvages font ça (on passera sur le fait qu’ici on l’a également pratiqué) mais là on en est certain, manger son prochain cépabien.

    Il n’est pas question d’imiter le sauvage en son cannibalisme mais il est tout à fait logique de l’imiter sur l’inceste, s’il le pratique.

    Un coup le sauvage est le repoussoir, un coup il est le modèle. Selon nos besoins.
    Et là, catastrophes écologiques récurrentes obligent, le sauvage va devenir plus que jamais le bon élève de l’Humanité. Il ne nous reste plus qu’à trouver la rhétorique permettant de le reconnaître sans ressortir pour autant avec le bonnet d’âne.
    L’idéal étant qu’il n’y ait plus un seul sauvage en vie avant de faire ce constat d’Erreur Fondamentale. Tous coupables, tous responsables c’est quand même mieux que Nous seuls coupables et responsables de la catastrophe. 

    A ce sujet, et là je déborde nettement, pardon, les catas qui nous font réagir, celles qui entrent dans nos comptabilités, sont celles qui nous touchent concrètement.

    6000 morts de misère néocolonialiste chaque jour, dans quelque région du monde sans plage à sable blanc, on s’en tape. Ca n’est pas près de nous arriver puisque nous sommes les auteurs de ces abus. Nous n’allons tout de même pas nous affamer nous-mêmes.
    6000 morts par tsunami aux antipodes, ça nous touche un peu car sait-on jamais, ça pourrait nous arriver et puis on aime bien lézarder sur ces plages de sable fin.
    Mais 10 morts dans une centrale nucléaire ou d’avoir bouffé des steaks congelés, ça nous fait fliper grave parce que ça pourrait fort bien nous arriver.

    Cela dit, la panique personnelle c’est une chose, la panique collective une autre. Et comme la collectivité est généralement plus immortelle que l’individu, elle reste généralement plus calme, ce qui rassure les individus qui la composent.



  • easy easy 18 juin 2011 12:40

    Avant 1970, il n’y avait pas Airbus et Air France n’avait pas d’autre choix que de s’équiper en Boeing pour les longs courriers (Sud Aviation ne proposant que des Caravelle ou des Concorde)
    Malgré cet équipement d’origine étrangère, cette compagnie s’accrochait mordicus à une image nationaliste (la Pan Am en faisant autant). En fait, dans le monde entier, les compagnies étaient nationalisées ou tout comme.

    Puis sont arrivées les compagnies charter et les clients du Club Med, puis tous les autres voyageurs se sont engouffrés dedans parce que...pas cher.

    Moins cher, moins cher, toujours moins cher exige le consommateur.

    Partant de là, Air France a dû se résoudre à abandonner progressivement son attachement nationaliste et désormais, même s’il existe un produit plus national, elle achètera moins cher ailleurs.

    Lui reprocher cette attitude relève du fauxcuisme courant.




Voir tous ses commentaires (20 par page)


Publicité


Publicité



Palmarès

Publicité


Agoravox.tv