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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • easy easy 27 juin 2011 12:26

    Bonjour Lucadeparis,

    Vous avez bien balayé le spectre des arguments possibles à cette mode du noir mat.

    Essayons de compléter l’examen de ce spectre.

    Je vois l’introduction du noir mat au moment où l’image disons photographique s’est imposée (cinéma inclus) 
    Dans le même temps que l’image photographique s’est imposée, on nous projetait des diapos dans les amphis, on faisait des expériences avec la lumière dans nos salles de TP de physique, et là, moments magiques, spéciaux, on tirait les rideaux noir mat.

    Alors que pendant longtemps (mais pas toujours) on avait entouré les tableaux des maîtres d’un cadre chargé souvent clinquant, on se mit à encadrer toute photo, tout film, de noir mat.

    Les cous en résine ou plâtre qui servaient à exposer les bijoux autour de la place Vendôme passèrent de la couleur chair ou blanche, au noir mat (flocage de fibres mates sur le mannequin) 
    Les écrins à stylos, qui étaient autrefois garnis de satin blanc, bleu marine, passèrent au rouge et au noir mat. 


    C’est que dans le même temps, les objets que produisaient les industries étaient beaucoup plus facilement brillants qu’autrefois. Le brillant et le brillant durable était partout, jusque sur les pare-chocs. Le mat ressortait donc comme l’alternative ou le contrastant du brillant de plus en plus courant. Pour finir, les états de surface, les niveaux de matité ou de brillant d’un objet manufacturé devinrent très considérés et arguments esthétiques au même titre que la couleur.

    Alors que le Cristal Palace, que Grand Palais formaient des écrins clinquants aux expositions, on se mit à contruire des magasins et des halls d’exposition dont les plafonds étaient noir mat.

    Puis, le fond noir mat d’un local devenant synonyme d’écrin culturel, il apparut de plus en plus suffisant de peindre un intérieur en noir mat pour suggérer l’idée qu’il abritait quelque intelligence.

    Est alors arrivée le moment techno-gothique qui a fait du noir mat et de l’anthracite mat son alfa et oméga. On semblait faire du deuil une raison de vivre.

    Plus récemment, les casques de moto sont passés au mat. Ensuite seulement, les motos elles-mêmes. Les motos étant fortement synonymes de furtivité. Au bilan, un motard sous combinaison noire, avec casque intégral noir, sur moto noire mate serait le symbole absolu de la furtivité en milieu urbain ordinaire. 

    Et puis il y a la nuit. L’espace nocturne étant artificiellement rendu vivable grâce à la fée électricité, nous nous sommes mis à vivre la nuit, dans le noir mat.

    Bitumisation, Chaussettes noires, T-shirt noir, lunettes noires, noir c’est noir, noir désir...

    Et si le soleil représente quelque père, le noir mat énonce son absence, son abandon ou son rejet.


    Enfin, il y a la longue procession que forme l’enterrement du blanchisme. Il y a la place que le monde doit accorder désormais à la peau noire et mate qui contient, pour les Blancs, quelque chose relevant du plus virginal, du plus sauvage et du plus innocent de l’industrialisation.


    Dans le domaine militaro-ninja, le noir mat serait plutôt synonyme de plus grande agressivité-furtivité et donc d’efficacité meurtrière. 

    Mais dans le domaine civil, il verserait nettement dans le victimisme en « Nous sommes tous les nègres de la civilisation »



    Autant signaler deux détails.
     
    L’industrie ne sait pas encore fabriquer des joints de bagnole autrement que noirs. On essaye bien de les peindre en couleurs mais on ne sait pas les colorer dans la masse tout en leur conservant leurs qualité physiques et mécaniques dans la durée (à cause des UV) 
    Pour fabriquer nos pneus noir mat, l’industrie doit incorporer dans ses sauces de vulcanisation, des pigments de couleur.

    Le bitume forcément noir, les pneus et joints forcément noirs, ça devait conduire à réaliser des voitures noires tout aussi mates.

    Autre détail amusant. Les tunistes avaient tenté de résoudre la problématique de l’ombre portée que forme la voiture sur la route en installant des lampes sous la caisse. Leurs voitures roulaient donc en produisant un étonnant négatif de la réalité naturelle. Et les autorités ont fini par interdire cette anomalie visuelle.

    Poursuivons avec « Plus vite que son ombre » 
    Comme « L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt », comme il s’agissait de sortir du lit avant que le soleil ne soit levé, nous nous sommes lancés à corps perdu de la recherche du temps perdu au dépassement d’autrui par la vitesse. A défaut de parvenir à l’immortalité, nous avons été névrosés de la vitesse. Et comme c’est sur la route noire et avec des pneus noirs que nous avons le plus couramment joué de vitesse, comme il fallait furtiver les radars, notre névrose plusrapidiste ne pouvait qu’être noire et furtive.

    La vitesse de la lumière nous étant inaccessible, elle attendra. 



  • easy easy 27 juin 2011 10:53

    Très clair.
    Merci Paul.

    Je vois, à la source de ces comportement que nous sommes très nombreux à avoir, un aveuglement né d’une névrose. 

    Cette névrose s’est installée en beacoup d’entre nous à partir de l’assertion que beaucoup de parents ont servi à leurs enfants « Le Monde appartient à celui qui se lève tôt »

    Cette assertion est servie aux enfants du Monde dit Occidental pour les culpabiliser de traîner au lit et son effet sera très puissant dans cette civilisation.

    Outre le fait que cette assertion affirme que le Monde est à s’approprier, outre le fait qu’elle impose le devoir de se l’approprier, elle pose le fait qu’il suffit de se lever plus tôt que les autres pour, sinon réussir à posséder le Monde, du moins avoir fait ce qu’on a à faire et apaiser ainsi sa conscience.

    Quoi qu’on fasse, quelle que soit la manière ou les moyens, du moment qu’on fait avant les autres, on serait dejà dans le Bien vis-à-vis de ses parents directeurs de conscience et aliénateurs.

    Alors qu’en y réfléchissant, n’importe quel diffuseur d’info comprendra qu’il se trouvera forcément quelqu’un quelque part qui reconnaîtra le faux témoin et que le trucage fera scandale avec discréditation à la clef, sa névrose du « avant les autres », du « plus vite chronologique » domine, écrase toute autre réflexion et le rend donc aveugle aux autres considérations. 

    L’urgentisme, très lié au productivisme, nous aveugle et nous fait faire plein de bêtises.



  • easy easy 27 juin 2011 10:10

    Plus exactement, c’était à ma mère Picarde que mon père expliquait la problématique de la conduite automobile. Il lui apprenait à conduire et assis derrière, j’assistais au drame de la communication entre personnes ayant des aptitudes cognitives différentes.

    Vivant ensuite avec ma seule mère, cette dernière étant si maladroite en conduite qu’elle a renoncé à conduire, je devenais le dépositaire des enseignements et avertissements de mon père.
     
    En tant qu’aîné de ma fratrie, père de substitution, je devais détecter, fouiller et surveiller les angles morts de la vie mieux que ma mère, à la place de ma mère.



  • easy easy 27 juin 2011 09:57



    Merci Calmos de m’avoir déjà tant corrigé.

    Si « fin de cours » signifie que tu ne veux plus m’enseigner, je cesserais de t’importuner.
    Si tu as dis ça seulement en manière de plaisanterie, je poursuivrais volontiers.


    J’ai bossé dans beaucoup de domaines et je ne ressens aucun angle mort, sauf sur le secteur du forage et celui du chargement-déchargement des combustibles nucléaires.

    Ca ne veut pas du tout dire que je sais bien les choses, ça veut seulement dire que je considère les savoir suffisamment pour que ça ne me gratte pas. Seuls les deux secteurs cités me font souci.


    Je vais te raconter la source de ma névrose.

    Je n’ai vécu avec mon père Viet que pendant 15 ans et nous vivions sur le tarmac de l’aéroport de Saigon. Tout ce que les US faisaient voler comme bombes et napalm me passait d’abord au-dessus.
    Mon père me parlait très peu. Un jour, il m’a dit comment on s’y prenait pour effectuer le geste de tourner le volant et il m’a parlé de l’angle mort. Il a donc attiré mon attention sur le fait qu’en raison de cet angle mort, on pouvait coincer un cycliste et le tuer, être donc responsable de la mort de quelqu’un.

    L’angle mort m’est donc devenu aposématique et en classe, je n’ai eu que des 20/20 en géométrie.

    Je dois avoir l’impression de tout voir (disons de tout savoir) afin d’être certain qu’un angle mort quelque part dans mes visions (internes et externes) ne provoquera pas un accident terrible.

    C’est de toutes manière une préoccupation que beaucoup d’entre nous ont du fait de nos enseignements similaires. Mais je pense être plus névrosé que la moyenne sur cette problématique de l’angle mort.

    (Le fait de fouiller névrotiquement tous les angles de toutes les choses, met la tête dans une foultitude de guidons et n’empêche nullement la survenue d’accidents)



  • easy easy 26 juin 2011 17:47

    Tu veux bien me corriger, STP.

    Selon le terrain qu’il affronte et que l’on vérifie au retour des boues, l’outil doit opérer sous telle vitesse et tel écrasement. Il faut donc parfois le charger en ajoutant de la masse et parfois le soulager (surtout quand c’est profond et que le train pèse donc très lourd)

    Il n’existe pas de capteurs transmetteurs d’efforts nous permettant de savoir exactement ce que subit le trépan. Nous devons nous contenter d’évaluer et de calculer ces efforts (abaques, logiciels) 

    Dès les premiers centimètres d’un forage, on injecte une boue primaire et on recueille une boue secondaire constituée de cette boue primaire + les copeaux que produit le trépan.

    L’injection d’eau claire à la place de boue primaire très technique, pourrait être catastrophique. L’eau claire, une fois chargée des copeaux, formerait certes une boue mais cette boue aurait des propriétés propres au terrain sur lesquelles on ne pourrait avoir aucune influence. Or les propriétés des boues, si elles sont favorables, peuvent aider grandement le forage. On a donc intérêt à participer à la constitution de la boue secondaire en maîtrisant déjà une boue primaire qu’on saura ajuster en fonction du terrain.


    Contrairement à une rivière d’eau qui a tendance à creuser son lit, un torrent de boue peut contribuer à la formation du lit. Une boue secondaire trop hydrique, trop liquide pourrait creuser les parois du puits, le déformer et aboutir à la formation d’un lac au lieu d’un puits. Au contraire, une boue bien élaborée peut mieux lubrifier l’usinage, mieux évacuer les calories, mieux transporter les copeaux, consolider les parois du puits et même les rendre étanches.


    On injecte une boue primaire en haut de la ligne. On ne dispose pas d’un dispositif inverse d’aspiration. De sorte qu’il est impossible de livrer à un client un puits de forage sec et vide avec parois régulières et cimentées. Chaque fois qu’on remonte une ligne et son trépan, on laisse le puits archi plein de boue secondaire (A moins qu’il soit jailissant de quelque fluide souterrain)

    Les boues étant recyclées, un forage ne nécessite pas de gros volumes d’eau.

    Comme un puits sans ligne ni jaillissement est archi rempli de boue secondaire dans laquelle se trouve le ciment qu’on avait mis dans la boue primaire, si on le quitte 48h, on le retrouvera plein d’un ciment durci. Un puits sans jaillissement, s’il est donc quitté à l’improviste, ne pourra jamais plus servir à rien (ou devra être intégralement recreusé)


    Si on veut interrompre un forage pour le reprendre dans 3 mois, on veillera, dans les dernières heures du premier forage, à n’injecter qu’une boue sans ciment. Dans trois mois, cette boue sera sèche et très légèrement dure mais il sera très facile de creuser dedans pour revenir à la profondeur où l’on s’était arrêté. 

    Chaque fois qu’un trépan démarre un forage, il n’y a aucun besoin de constituer un bouchon en bas de ligne.

    Chaque fois qu’on doit redescendre un trépan après l’avoir remonté, par exemple pour le remplacer, on doit constituer ce bouchon au bas de la ligne des tubes. Ce bouchon a pour vocation d’empêcher que de la boue secondaire s’introduise dans les tubes par sa gueule du trépan. C’est avec une boue primaire et par le haut, qu’on remplit la ligne au fur et à mesure qu’elle redescend.

    Si on ne remplissait pas la ligne de boue primaire, si on la laissait vide, elle ne pourrait pas s’enfoncer dans le puits de boue en raison de la poussée d’Archimède.

    Une fois le trépan revenu au fond du puits, on exerce une surpression très calculée sur la boue primaire afin que le bouchon casse, que le trépan le réduise en copeaux et que le circuit boue primaire-boue secondaire soit réouvert


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