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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 28 juin 2011 16:58

    @ LLS,

    En France, sur le sujet des pollutions atmosphériques non radioactives, il y a des endroits où l’air est propre et des endroits où il est, comparativement, très crade.
    Dans Paris, par exemple.

    Il existe des gens qui quittent Paris en raison de sa pollution (je parle toujours de celle qui n’est pas radioactive). Je ne sais pas combien ils sont à fuir la capitale mais vu le prix de l’immobilier de Paris, c’est encore la bousculade pour y vivre.

    Pourquoi les gens restent-ils à vivre dans un endroit pollué ?
    La réponse à cette question est forcément compliquée puisque que selon un principe d’hygiène d’abord, tous les parisiens auraient dû évacuer Paris depuis un siècle.

    Venise, c’est un cloaque au niveau des canaux et la ville est de plus en plus fortement inondée. Mais les Vénitiens y restent.

    A Naples, on est constamment racketté et volé par des voyous et mafieux. mais la ville est pleine à craquer

    Le Caire c’est, comme Athènes, très irrespirable, mais les gens s’y entassent. 

    San Francisco va forcément casser un jour ou l’autre mais les gens y accourent. 



    Citons tout de même deux villes quittées : Mogadiscio et Detroit

    Pourquoi ces deux villes ont-elles été quittées ? Parce qu’elles étaient devenues invivables sur le plan sociétal.



    Bien que votre article soit construit comme ceux de notre ami Cabanel, vous vous montrez plus directif, autoritaire et aposématique puisque vous titrez l’affirmation que « Tokyo doit être évacuée » 

    Il est un fait que si le gouvernement ordonnait l’évacuation de la ville, les Tokyoïtes en partiraient puisque la ville deviendrait impossible à vivre sur le plan sociétal (comme ça devint le cas à Tchernobyl ville, qui était à 3km de la centrale explosée). Mais tant que cet ordre n’est pas donné, quelle que soit la dose de pollution, les habitants y resteront.



    Tous les Tokyoïtes savent que leurs trottoirs et leur air est trop radioactif. Chacun d’eux pourrait partir. Mais chacun d’eux y reste. Et vos cris d’orfraie n’y changeront rien.

    Tous les Tokyoïtes savent qu’ils se bouffent trop de radiations. Aucun d’eux ne court demander au maire d’ordonner l’évacuation.



    Il est si difficile de partir quand on n’en a pas l’envie qu’on préfère rester, quitte à savoir qu’on risque fort de mourir plus jeune.


    Cabanel, vous et quelques autres, lancez des cris comme si la santé était la chose la plus importante de notre vie.
    En effet, dans toute discussion tranquille, chacun conviendra que la santé est ce qu’il y a de plus important.
    Mais cette primauté apparente à la santé est une commodité de langage qui permet de réclamer éventuellement plus de santé ou de protection pour sa santé.
    La réalité de la vie c’est que les gens placent la vie sociétale au-dessus de la vie biologique, paradoxalement.


    On dit que l’argent attire l’argent.
    Broutille.

    Le phénomène le plus important, mais que chacun semble dénier comme par honte ou pudeur, c’est que les gens attirent les gens.
    Et vous habiteriez à Tokyo, vous y auriez votre famille, vous feriez comme les copains et vous trouveriez les articles comme celui-ci complètement stupides.


    Reste alors le problème qui se pose aux chefs de la ville. C’est eux et eux seuls qui se retrouvent avec un énorme cas de conscience. Oui, en raison de cette pollution nucléaire, en raison des doses qui s’accumuleront sur des années et qui feront apparaître des tas de maladies dans quelques années, les chefs devraient forcer les gens à partir, donc à se séparer, donc à tuer un système sociétal.

    Que ferais-je à la place de ces chefs ?
    Je recueillerais les réflexions des gens. Réflexions qui verseront forcément dans le « Moi, je resterai quoi qu’il advienne ». Je les amènerais à dire tout haut ce qu’on ne dit généralement pas « M’en fous de crever, pourvu que ce soit au sein de ma société » 
    Et je vaquerais à mes occupations ordinaires sans lancer l’ordre d’évacuer la ville ni interdire à quiconque d’en partir.

    Une ville, ce n’est pas un paquebot où l’on ne passe que quelques jours. Une ville c’est l’endroit ultime et par excellence.



    Dans cette sorte de suicide collectif à retardement qu’acceptent les Tokyoïtes, se pose la question des enfants. Peut-on en tant qu’adulte, décider que les enfants devront également rester alors qu’ils souffrent plus que les adultes des effets des radiations ? 
    Cette question est difficile et elle tourmente probablement tous les parents de Tokyo et des environs de Fuku. 
    Mais apparemment, ils semblent avoir tous déjà répondu et de la même manière.




    Il m’arriverait cette situation sur Paris, avec des enfants, je choisirais de partir. Mais à peine mes gosses se mettraient-ils à chialer de ne pouvoir quitter leurs potes que je dirais« Bon, et bien restons et advienne que pourra »
     

    Dans le cas d’une pollution nucléaire, il se pourrait même que les citoyens remarquant leur attachement mutuel à leur société, ils en retirent une exaltation, une sublimation sociétaliste. (Ceux qui avaient choisi de ne pas quitter Londres bombardée par les Nazis, avaient ressenti des tas de sentiments grégaires plus sublimes que d’habitude et avaient eu des gestes extraordinaires)

    Une pollution nucléaire offre une possibilité de sublimation sociétaliste qu’une pollution de volcan vésuvien n’offre pas. Quand le Vésuve crache ses cendres, l’atmosphère est immédiatement irrespirable, on ne peut plus discuter avec qui que ce soit, la pollution isole les gens et défait immédiatement la société. Idem avec un tsunami.

    Différemment, une pollution nucléaire non extrême, permet eux gens de vivre comme si de rien n’était au présent et ne les oblige qu’au deuil de leur longévité. 

    Une courte vie dans la chaleur d’une société plus soudée que jamais, ça intéresse la plupart des gens. 




    Comment se fait-il alors que loin de Tokyo, des gens qui vivent probablement eux aussi en société urbaine et grouillante, en viennent à lancer l’ordre d’évacuation de la capitale japonaise ?
    Comment se fait-il qu’ils puissent lancer un tel ordre sans remarquer que si les tokyoïtes l’avaient voulu, ils auraient évacué depuis longtemps leur cité ?
    Comment peut-on lancer depuis Paris, l’ordre, la consigne, la recommandation ou la supplique d’évacuer Tokyo où l’on n’a jamais mis les pieds ?

    Ca ne peut s’expliquer que par l’arrogance, un manque de psychologie ou une prévalence accordée à la science (aux compteurs Geiger).

    Il est vrai que le compteur Geiger pourrait bien être, ici, l’instrument de mesure le plus aposématique, le plus effrayant de tous. Si ca se trouve, la transcendance terrifiante qui émane d’un compteur de radiation nous rend hystériques. (réalisons qu’un Papou, s’il voit un compteur crépiter et même si on lui explique notre panique, restera imperturbable et amusé) 

    Si ça se trouve, malgré ou à cause d’Hiroshima et Nagasaki, les Japonais n’hystérisent pas autant que nous devant un crépitement de compteur. Peut-être que ce qui fait le plus paniquer un Français c’est les araignées et un crépitement Geiger alors que ce qui fait le plus paniquer un Massaï, c’est la vue d’un manteau noir et le bruit d’une visseuse.

    Quoi qu’il en soit et nonobstant les éventuelles différences de cultures sur le sujet des radiations, je suis convaincu qu’à situation équivalente, les parisiens ne choisiraient pas non plus d’évacuer Paris. (Peut-être même lyncheraient-ils ceux qui en émettraient l’idée)


    Si la pollution de Tokyo perdure, il y aura de plus en plus de malades, la société sera de plus en plus paralysée et les départs deviendront de plus en plus nombreux. Lorsque le nombre de valides deviendra trop faible, les autorités lanceront l’ordre de quitter complètement la ville.



  • easy easy 27 juin 2011 21:53

    Si l’on tient au sens, il faut forcément socialiser, en positif ou en négatif
    Il ne peut pas exister de sens sans société. Avec elle ou contre elle, c’est cela qui produit du sens.

    Un homme né et vivant sur une île déserte n’aura aucune notion de sens. Ce qui, a priori, ne l’empêchera pas de survivre.

    Il faut être au strict minimum deux et se questionner mutuellement sur les profondeurs pour que commence à naître le sens du sens.



  • easy easy 27 juin 2011 20:14

    Le sens ?

    Attention Lion

    Le sens est un truc social, uniquement social.

    Par exemple Diogène de Sinope se moquait bien du sens.

    Le sens, c’est quelque chose qui se partage. Si t’es tout seul à éprouver un certain sens et que personne ne le comprendre, t’es considéré comme étant fou.

    Même si, après en avoir eu marre de notre société, tu vas vivre seul dans le désert, tu y trouveras un sens qui pourra être compris par d’autres si tu l’articules par rapport à la société (en négatif donc)

    Alexander Mac Candless s’était retrouvé en pleine nature et il ne parvenait pas (à ce qu’on en sait) à expliquer aux gens qu’il rencontrait, le sens de ce qu’il faisait ; Contrairement à bien d’autres marginaux, il était infoutu de formuler un sens ne serait-ce que critique vis-à-vis de sa société de dévolution (alors que ça aurait été possible et que bien d’autres ont réussi à le faire)

    Alors attention de ne pas se méprendre. C’est la société qui a inventé et a donné du sens sinon aux choses, en tous cas à nos actions, pensées ou visions les plus sociales.



  • easy easy 27 juin 2011 20:00

    Un individu qui se sent subir des contraintes parce qu’il a un pénis, devrait comprendre que ce même pénis l’affranchit d’autres contraintes.
    Il devrait comprendre que le productivisme serait très intéressé de ne pas avoir à s’embarrasser des différences de nature.
    Il devrait comprendre que le productivisme ne trouverait que des avantages à ce que chacun puisse en changer et qu’en un rien de temps, il en fera une obligation. 

    « Marcel, dès lundi prochain, vous prendrez un nouveau poste situé à Abidjan, vous vous y pointerez en blonde et on vous appelera Suzanne ».



  • easy easy 27 juin 2011 18:52

     Non Vivin, ça ne fait ni 190 ni 180 km/h, ça fait de l’ordre de 70 dans un mur très solide

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