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easy

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Eurasien
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  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 25 juin 2011 11:56

    Bravo madame !



  • easy easy 25 juin 2011 11:27

    Je ne vais verser que très petite pièce au débat.

    Très petite parce que ce sujet me déchire.

    J’ai passé une partie de ma vie à gagner de l’argent en équipant des centrales nucléaires en mobiliers de bureau, une autre partie en équipant labos et hôpitaux en mobiliers de laboratoire, paillasses, sorbonnes. Alors les déboires ou nuisances résultant de ces machins me déchirent.

    Mais en plus, l’hôpital Saint-Louis, son équipe conduite par l’admirable Eliane Gluckman, a très parfaitement sauvé mon fils d’une leucémie déclarée à ses 13 ans. (Echec d’une première chimio puis réussite d’une greffe de sang de cordon)

    Merci à vous, Madame, très, très chère dame, qui, quelque part, en Suisse semble-t-il, avez consenti à offrir ce qui restait de sang dans le placenta de votre bébé.

    La greffe de sang de cordon est probablement la seule qui ne nécessite pas que le patient prenne toute sa vie des médocs anti rejet. Mon fils ne prend donc plus aucun médoc et en sort comme un sou neuf.





    Qu’il y ait eu, dans cette usine à gaz, à de nombreux niveaux, et de la part de toutes les industries qui vivent de la santé ou du combat pour la santé ou du combat pour l’immortalité, des manoeuvres mercantiles, comment le nier ?

    Comment nier que toutes nos usines à gaz, même celles qui produisent de la mort, même celles qui sauvent des vies, même celles qui enterrent les morts, même celles qui nous livrent des fleurs, même celles qui nous livrent des enveloppes parfumées à la rose, sont à la recherche de profits, du plus de profits possibles ?

    Comment nier que dans toutes nos usines à gaz, tous les employés sont intéressés par leur salaire, donc par le maintien de leur activité donc, parfois, par le fait qu’il y ait des malades ?

    Comment nier que dans les couloirs de toutes nos usines à gaz, se croisent des gens qui, nonobstant leur salaire, se dévouent vraiment à quelque lutte humaniste et généreuse et d’autres gens à l’instant plus préoccupés de leur seule marge bénéficiaire ?

    Comment nier que le sauvetage de mon fils a coûté cher à notre société et que ça aurait pu être en pure perte ? Merci à tous.

    Comment nier que le coût de chaque sauvetage étant important, les médecins se font tirer les bretelles par les intendants et sont donc contraints à privilégier en secret tel enfant au bon profil médical et en abandonner tel autre au profil médical moins favorable ?

    Comment nier que les professeurs qui ont expérimenté sur mon fils (car dans ces bidouillages de pointe, on ne fait que des expériences au cas par cas) en sortent à la fois épuisés et glorifiés par la publication de leurs réussites ?

    Comment nier les innombrables déchirements que tous les acteurs de l’hôpital ressentent devant tous les drames sanitaires parce qu’il faut forcément faire des choix, même en secret ?


    Impossible à nier
    Impossible à mettre en équation
    Impossible de juger




    Ce n’est donc qu’au cas par cas, lorsqu’ici ou là émergent quelque trop gros abus, dysfonctionnement ou accident massif qu’on peut se déterminer, juger et éventuellement condamner.

    Mais juger globalement de l’hôpital, le critiquer quand il sauve clairement des centaines de vie par jour, me semble relever du rigorisme.




    Puisqu’on est sur le sujet de la santé, je décale un peu en évoquant quelque chose de spécial.

    Un accident de la route survient, le SAMU se précipite, récupère le blessé et fonce vers l’hôpital. Pendant le trajet, les deux ou trois soignants qui s’occupent du blessé sont généralement dans une première disposition d’esprit en « Il a l’air récupérable, battons-nous pour qu’il survive »
    Ils s’activent, transpirent, stressent et soudain, ça vire au rouge, ça leur semble vain. Et là, ils doivent inverser leur position. Et se dire que celui qu’ils s’efforçaient de sauver, pourrait inversement servir de donneur pour en sauver un autre quelque part. Ce qui n’empêchera pas de continuer de stresser, de faire au plus vite possible, de la manière la plus soignée possible mais avec un objectif contraire à l’objectif initial. 

    Il me semble que dans le monde entier, il n’y a que très peu de gens qui se retrouvent dans l’obligation de performer en démontrant leur capacité à inverser une position, à changer d’objectif sur une question aussi troublante que celle de la mort, aussi rapidement et avec, comment dire, le jugement le plus correct ou incontestable possible. 

    Voilà que dans un véhicule fonçant toutes sirènes hurlantes (et risquant à chaque instant un grave accident) deux ou trois soignants doivent prendre des décisions gravissimes de conséquences sur le sujet lourdinguissime de la mort. 
    Ils ont les yeux rivés sur le blessé, sur les ECG et EEG, soudain ils se regardent et sans un mot, ils se sont compris « On inverse notre position, il passe donneur »
    Le patient verrait ça, il serait effrayé. 

    ....
    Heureusement, les appareils, les robots, les logiciels livrent froidement leur diagnostic. Heureusement ils aident à la décision. Heureusement, l’ensemble de l’opération conserve une dimension de sauvetage, mais quelle charge tout de même.

    J’admire infiniment ces décisionnaires méconnus et anonymes de l’impossible choix.
    Impossible choix pour les proches de l’accidenté, mais choix rendu possible par l’anonymation et la distanciation affective des opérateurs.

    Une pensée alors pour tous ceux qui espèrent l’organe qui leur sauvera la vie, qui espèrent donc la mort cérébrale d’un donneur.




    Notre monde occidental est analyste, fouilliste. Mais en fouillant toujours plus profondément par rigorisme de la fouille, il découvre constamment que loin de trouver de belles équations, il se retrouve face à de très troublants paradoxes.

    La mort reste notre problème fondamental et ce problème ne peut pas être résolu de la même manière par les individus bourrés d’affects que par le corps social qui semble aussi avoir des affects, qui semble ressembler à l’individu mais qui, doté d’immortalité, sait très bien ne pas faire de sentiments envers un individu particulier.

    Par temps de guerre, comme par temps de paix.



  • easy easy 24 juin 2011 13:47

    L’allergie que nous ressentons plus ou moins, les uns les autres, ne tient pas aux personnes starisées ni à ce qu’elles pensent et disent, mais à la seule starisation.

    Et cette allergie est paradoxale. Une part de nous réclame des stars, une part s’en fatigue.


    Nous serions complètement allergiques aux stars, il n’y en aurait pas. Or elles existent. Donc, nous en voulons. Mais dans une certaine mesure, propre à chacun. Et chacun a les siennes, entretient et promeut les siennes.

    C’est complexe la starisation, c’est bourré de transferts, de procurations croisées, d’empathies sublimes, de marques identitaires. Quand on adore une star, on jouit de la voir jouir, on pleure de la voir pleurer et on est enceint quand elle est enceinte.


    Quelqu’un plaçant Mikael Jackson au sommet de sa pyramide intérieure ne se contentera pas de cet investissement intime. Il cherchera à vendre son choix aux autres, en hurlant le nom de son idole, en mettant sa sono à fond. Et cette même personne qui starise Mikael Jackson, Kant, Bourdieu ou Platini, sera furieuse de constater la starisation de Zemmour, BHL ou Sarko.

    Sur ce principe de base très ancien, vient se greffer la problématique du commerce tiré de ces starisations. De façon assez similaire à ce qui se passe au niveau des quidams, les entreprises qui vivent d’une starisation d’une cohorte de stars, n’apprécient évidemment pas la concurrence et encore moins les démolisseurs en règle de leurs poules aux oeufs d’or.

    Tout en tenant compte de nos besoins antédiluviens d’avoir des stars, je crois qu’il faudrait tout de même une plus grande rotation des grandes gueules.

    Peu importe ce qu’elles racontent ces grandes gueules, bien ou mal, intelligent ou médiocre, je m’en fous, je crois seulement qu’il faudrait que ça tourne un peu plus. 


    On s’était accommodé de rois mis en place à vie et au-delà si on considère qu’on a voulu que leurs enfants leur succédassent. 
    On est passé à des présidentielles de 7 ans,
    Puis de 5 ans.
    Je crois qu’il est temps de passer à 1 an, même si la personne au pouvoir était ma star, ma princesse.

    60 millions d’habitants, 200 grandes gueules, toujours les mêmes, sur les tribunes pendant 30 ans, c’est sclérosant et nous renvoit à l’absurde de notre sort. 

    La plus dynamisante des réformes que nous puissions faire c’est d’interdire le ventousage des tribunes, disons de limiter le temps de prise de parole publique.

    Foin de docteurs et de dictateurs, le plus fondamental des partages, c’est celui du temps de tribune.
    Luc Ferry ne devrait pas tribuner plus de temps que papy Mouzo.

    C’est du partage du temps de tribune que découle le partage de toutes les autres choses, bien plus matérielles.

    Là, cher Taulier, vous jouez ou argumentez ou vous plaignez de concurrence, loyale, déloyale, etc. Ca c’est classique.

    Moi je dis foin de concurrence et de compétition au meilleur dans le domaine des idées, foin de la suffisance qui résulte d’une starisation intellectuelle et place à la rotation systématique afin que chacun des 60 millions de Français soit tribun et entendu pendant sa part de temps

    Ce qui fait 2 secondes de prise de parole publique par an chacun. Ou deux minutes par vie. 

    Alors qu’actuellement, 200 d’entre nous, 200 stars confisquent le micro pendant 1000h par an. Ce n’est plus calculable le temps qu’un Mao, Castro ou Sarko aura passé au bilan de sa vie, à nous gaver de ses pensées.


    Alors moi, Pascal Boniface, qui se plaindrait d’être empêché de tribune par de plus grandes stars que lui, j’estime qu’il a égoïstement et comme Victor Hugo, comme Frédéric Chopin, comme Johnny Halliday, comme maître Collard, comme Louis XIV, comme Michel Drucker, comme Serge Gainsbourg, comme Bernardette Chirac, déjà largement dépassé les 2 secondes de starisation.



  • easy easy 22 juin 2011 16:16

    Passons sur toutes les formes de démocratie qui ont pu exister, qui en portaient le nom en tous les cas.
    Passons donc sur le fait que lorsqu’on se trouve dans une des formes politiques (toutes, y compris les non démocratiques) beaucoup ont l’impression d’être au sommet de ce qu’il est possible de faire et seuls quelques trublions et fâcheux disent qu’on n’y est pas voire pas du tout.

    Partons d’une feuille blanche et examinons quelle autre forme de démocratie serait plus... juste.


    A moins de trouver une astuce inédite pour contourner la loi du plus fort traduite en démocratie par la loi du plus grand nombre (ce qui revient quasiment au même) et étant entendu que ce nombre calculé (dans le calme, sans dégainer d’épées) est le nombre total d’habitants et non le nombre de chefs, une démocratie sur le nombre donc, pose d’emblée un problème puisqu’il suffit d’être 49% pour subir la loi des 51%.


    D’office et en regard d’une quête d’idéal ou de justice, le principe de la majorité dégagée par simple comptage pacifique établit un échec.

    Il faut donc avaler cette énorme couleuvre de la loi du plus grand nombre pour en venir à s’ennivrer d’une quelconque version de la démocratie par le comptage.

    Cette couleuvre, on peut tenter de l’avaler faute d’avoir trouvé solution plus géniale, mais elle forme un noeud gordien constant autour duquel mille et une contestations vont éclore. Dans la vie, c’est tout le temps que nous protestons de vive voix contre un détail et faute de ne savoir hurler contre cette couleuvre qui nous pèse bien plus sur l’estomac.

    Toute plainte doit être démagogique pour trouver du soutien et la démagogie, c’est un bidouillage de la vérité. Or comment dénoncer efficacement le principe de la loi du plus fort numérique alors même que pour avoir la moindre chance de passer, cette protestation doit être entendue par ... le plus grand nombre ?

    Que ce soit donc sous la forme d’une dictature, d’une monarchie, d’un fascisme, d’une oligarchie ou d’une démocratie, c’est forcément la loi du plus fort qui s’impose sans besoin de démonstration compliquée.



    La moins mauvaise des solutions dans ce principe de la loi au plus fort, consiste alors à donner à 100% des individus le moyen d’avoir le sentiment qu’ils sont du côté des 51%.

    Ca revient à faire de tous les perdants du Loto, des gens ayant le sentiment qu’ils sont tout de même des gagnants par le fait qu’ils ont eu leur chance de gagner. Il est effectivement très facile de rhétoriser en « Vous voyez que vous avez plus de chance que des éboueurs du Caire puisqu’eux n’ont même pas la possibilité de tenter leur chance ». Nous sommes tous si angoissés et frustrés que nous somlmes prêts à embrasser toute proposition de satisfaction qui ressortirait comme étant la moins médiocre.


    Que l’on fasse voter les enfants de 2 ans, les clandestins et les rats n’y changera rien, la couleuvre de la loi du plus fort numérique nous restera toujours en travers de la gorge et nous devrons toujours nous bercer de l’illusion que nous sommes du bon côté et que nous en profitons.


    La démocratie directe que propose l’auteur et dont j’ai également parlé en mon heure, ne résoudra évidemment pas cette couleuvre. Ca ne résoudra au mieux que la question de l’engraissement des représentants. Ce qui sera déjà une bonne chose.

    D’où vient que certains s’engraissent sur la masse ?
    Ca vient de la qualité qu’ont certains de convaincre les plus grand nombre, d’être plussés.
    Dès qu’un individu coagule à lui des esprits, il apparaît utile et on le cultive.

    En ce moment, pour ce qui est de discourir, nous sommes tous en situation plus favorable qu’autrefois. Je veux dire que nous pouvons tous nous faire entendre et coaguler à notre tour sur telle ou telle question. Malgré cela, force est de constater que la parole est accordée (sans aucun forçage) à dix ou cent rhéteurs, pas plus. Bill Clinton fait une conférence, il y dit quelques conneries amusantes et il encaisse 500 000 $.



    Pourrions-nous en venir à dire qu’il faut obligatoirement faire tourner la parole, ne jamais autoriser qui que ce soit, même le plus génial ou rigolo d’entre nous à tribuner plus de 10 h dans sa vie ?

    Peut-être. Mais pour l’instant, on ne va pas du tout dans cette direction et le seul moment où ce principe semble un peu valoir c’est lors des campagnes électorales où le temps de parole de chacun est comptabilisé ainsi que dans l’école où le professeur veille à faire tourner la prise de parole des élèves.

    .Hormis ces exceptions, chacun se sent des droits inaliénables, voire des devoirs d’aliéner les autres à ses discours et sans aucune limite.



    Le vote semble exprimer une pensée individuelle. Or il n’exprime pas du tout une pensée comme c’est par exemple le cas sur un forum. Il n’exprime la coagulation entière ou non à une pensée, à un discours qui est sorti de la bouche de quelques rhéteurs. 

    L’accaparement de la parole s’accompagne d’une séquestration des postes décisionnels par ces mêmes rhéteurs. On aurait pu imaginer qu’un ministre soit un bon gestionnaire de l’agriculture ou des finances. Que nenni, cela ne suffit plus. Il faut encore qu’il prenne la parole et la confisque.

    On se retrouve avec des gens qui détiennent à la fois le dire, le faire et le savoir.

    A Fukushima, le monde entier boit comme du petit lait les moindres paroles émises par quelques chefs et les subalternes sont explicitement interdits de parole.

    Idem dans les guerres où tous les subalternes sont tenus de se taire. On fusillera celui qui enfreindra ce principe et le soldat Manning l’apprend à ses dépens.

    Si nous ne nous dressons pas comme un seul homme contre la criminalisation par les chefs du geste de Manning, c’est que nous croyons dur comme fer à ce principe qui veut que seuls les chefs peuvent parler, décider et condamner. En notre nom éventuellement. 


    La guerre manichéise tout. Il faut forcément estimer que l’autre est un parfait salaud pour trouver logique de lui tirer dessus sans sommations et à grande distance. Puisque nous acceptons les guerres et des jugements aussi outranciers sur des gens qu’on n’a même pas rencontrés ni entendus, c’est que nous sommes encore parfaitement convaincus par le principe de la Parole au chef.

    Une bataille exige de la coordination de la part des belligérants. Dans ce combat manichéiste où il faut alors tuer pour ne pas être tué, chacun comprend très vite qu’il faut s’organiser sous la direction d’un seul décideur à qui on offre les clefs de tous les arsenaux et les commandes de toutes les troupes. 

    Nous pratiquons encore et toujours la guerre, alors la démocratie participative attendra.



    Une guerre démocratique serait une guerre où chacun serait entendu, ce qui aboutirait à une cacophonie et un allongement sans fin des hostilités. Les soldats de Verdun auraient pu s’exprimer et faire en conséquence, il y aurait eu 15 tirs de fusil et 2 morts par jour et ça aurait duré des décennies. Une tellle situation, si elle convient très bien à des tribus Amérindiennes ou à des Zoulous, ne convient pas du tout aux radicaux et manichéistes que nous sommes. Ici, il faut vaincre complètement en ayant tout détruit, ou être vaincu et éliminé en masse.
    Cette exigence industrielle ne laisse pas de place aux salamalecs. 


    La démocratie, c’est ce qui se passe dans une cour de récréation d’où il ne sort que du bruit. 
    L’industrialisation ne veut pas de ce bruit non productif. Elle exige le silence des travailleurs et seules les machines font du bruit utile. Tellement utile que nous en sommes venus à aimer les bruits industriels et pas que celui des Harley.

    5 personnes qui se retrouvent à papoter ensemble, dans un espace public, dans un couloir d’entreprise et c’est l’inquiétude du pouvoir (Jusqu’à la fin du XIXème, les femmes étaient interdites de réunion à plus de 5 dans les lieux publics).


    Tant qu’il y aura des gens pour faire « Chut, écoutons le chef, le roi, la star, parler » nous n’aurons pas l’esprit démocrate.




    Sur les forums, nous sommes relativement proche du bavardage. Mais en fait, il est silencieux, nous n’entendons que le bruit de notre propre clavier. Notre bouche reste fermée et seuls les chefs parlent vraiment. Et dans un super marché, il n’y a plus le bruit de récré qu’il y avait sur les marchés. Chacun ferme sa gueule sous le couvert d’une musique d’ascenseur parfaitement industrielle. 


    Il reste les plages. Mais stop Easy, lâche-nous la grappe, on est en vacances. On n’est pas là pour se prendre la tête. Capito ?

    Ouif, je comprends.



  • easy easy 22 juin 2011 09:41

    Je ne serais pas allé à la dire et je m’en étais abstenu mais je confirme cette catégorisation.

    Pourquoi je pense qu’il n’est pas bon de dire ce fait ?

    Parce que je préfère dire la problématique globale de l’Homme que de stigmatiser tel ou tel groupe.

    Je préfère dire que des Chinois vivant en France (Et là je globalise car il ne s’agit que d’une certaine sorte de Chinois) profitent de la quête désespérée de solution de vie de certains Chinois vivant en Chine, pour les exploiter ici dans la clandestinité (clandestinité qui aboutit à toutes sortes de dérives et qui finit par se retourner contre ces clandestinistes). Et j’ai précisé que cette clandestinité qu’ils font subir à des immigrés de Chine, ils l’ont parfois subie eux-mêmes et en sont devenus très durs « J’ai subi ça et je m’en suis sorti, vous ferez de même »

    Disant cela et bien que je cite les « Chinois » je pense évoquer plus une problématique universelle, un comportement universel (que bien des groupes humains ont vécu) qu’une spécificité qui serait liée disons à un génome. Je crois exprimer le fait que tout homme qui aurait l’opportunité de profiter de la misère de quelques membres de sa communauté parce qu’il est en configuration administrative et financière confortable, se voit tenté de le faire.

    Que certains résistent à cette tentation pendant que d’autres succombent, c’est encore un fait humain.
     
    Que certains n’y pensent même pas tant ils sont obnubilés par une autre problématique est aussi un fait humain.
    Par exemple : Bien que la Chine ait subi une certaine version du colonialisme à la fin du XIXème siècle, il était d’abord multi culturel puisqu’au moins 4 nations se sont mises à la grignoter, et ces multicolonisateurs n’ont visé qu’à abuser sur l’axe commercial, sur l’axe bancaire et sur l’axe de l’opium. Ils n’ont pas eu d’autres ambitions que ça.
    Alors qu’en Indochine, les Français y étaient le plus souvent seuls et avaient visé un abus sur tous les axes. Or, pour une grande part, les Indochinois avaient trouvé assez intéressant de sortir de la sinisitude pour entrer donc dans le franscisme. 
    Malgré le cadouille, la guillotine, les décapitations et Poulo Condor, bien des Viets ont adoré Victor Hugo. (Pendant qu’en Chine, on allait plutôt à adorer Norman Bethune parce qu’il s’était engagé dans le soin aux révolutionnaires)

    Faire de Victor Hugo un dieu alors qu’on subit le fouet des Français, implique une sublimation de la douleur physique, de la misère matérielle, au profit d’une idéalisation des possibilités que peut offrir l’esprit des Lumières.
    Nombreux étaient les Viets affamés par la colonisation mais apprenant par coeur Baudelaire, Rousseau, Montesquieu ou Hugo et ne jurant que par les productions de l’Institut Pasteur. Cet étrange paradoxe comprenait donc le fait que beaucoup de Viets adoraient l’intellectuel français (très peu présent physiquement sur place donc plus facile à idéaliser) et méprisaient les colons incultes. 
    Ces Viets là ont eu des enfants, des petits-enfants et ce petit monde, quand il a pu se retrouver en France, s’est regroupé autour du Panthéon et de la Sorbonne en produisant les résultats scolaires qu’on connaît. 

    Le Hugolisme des Viets s’est probablement étiolé au fil des générations et des changements de contexte. Les petits-enfants des premiers Viets adorateurs d’Hugo sont désormais à Lady Gaga comme tous les autres jeunes d’ici, mais ils portent encore des traces de ce culte et sont certainement plus républicains que les plus républicains des Bretons. 


    Ainsi, au travers de cet exemple pris sur un sous-groupe asiatique, j’espère avoir montré plus une mécanique humaine liée à des contextes, qu’une nature liée à quelque génome. 

    Considérons des principes, des mécaniques universelles et considérons que n’importe quel individu de n’importe quel phénotype, s’il est placé dans un certain contexte, réagira en fonction de ce contexte au point de développer, s’il se retrouve entouré d’autres personnes subissant le même contexte, une culture de groupe, une tendance culturelle marquée. 

     
    Ces mécaniques appliquées sur des contextes fort différents il y a un siècle, font qu’aujourd’hui, se retrouvent dans Paris, des sous-groupes dits Chinois, comprenant en réalité des gens venant aussi bien du nord de la Chine que du plus sud Cambodge en passant par l’incontournable Vietnam (du point de vue géographique, le seul passage plat Nord Sud passe par le Vietnam)

    Ceux qui ont manifesté sont probablement les plus jeunes et les plus républicains de ces « Chinois ». Ils ont très probablement des visions et préoccupations sociétales fort différentes de celles des autres sous-groupes.

    Mais autant il est intéressant de constater et comprendre les différences de cursus et de mentalités, autant il est nécessaire de les confondre en matière de traitement politique afin qu’ils s’influencent mutuellement et se nivellent autour d’un suffisant républicanisme. Je suis bien en train de dire que les plus républicains d’entre eux doivent se retrouver à devoir sermonner ceux d’entre eux qui le sont le moins.


    Toutes les communautés établies ont un sermon interne. Ce discours moraliste s’arrête très souvent aux limites de chaque sous-groupe.
    En l’occurrence, si dans chaque sous-groupe dit chinois, il existe un sermon, il ne franchit pas du tout les limites de ce sous-groupe. 
    Le fait que nos voyous attaquent les dits Chinois sans trop bien piger leurs différences de sous-groupe, oblige à ce que s’établisse, pour la première fois sans doute, un dialogue moraliste entre ces sous-groupes chinois. Mais autant dire tout de suite que ce dialogue sera très, très ténu et cassera à la moindre vexation.

    C’est donc à la République d’obliger ces sous-groupes à communiquer sur la morale et le républicanisme. Et elle peut les y forcer en les traitant sans faire de distinction entre eux.

    Ca peut sembler fort de café de faire ici comme le procès de gens qui sont victimes de rackets et qui s’en plaignent, mais l’occasion est trop belle pour ne pas la saisir, de parler des cloisonnements trop puissants entre ces sous-groupes ; cloisonnements si forts que si dans un groupe on fait blanc, dans l’autre on fait noir.

    Les manifs peuvent très bien traduire le fait que les plus jeunes de toutes ces sortes de Chinois, cherchent à briser ces cloisonnements internes pour aller vers plus de républicanisme en criant de manière si singulière « On veut plus de Police »

    On voudrait faire cesser le commerce crapuleux de son père ou de son oncle sans le lui dire en face, on ne s’y prendrait pas autrement qu’en manifestant pour plus de Police.

    Que beaucoup de Chinois de toutes sortes se soient fait agresser par nos voyous et qu’ils aient envie de plus de Police, oui. Mais pour en venir à réclamer officiellement plus de flicage et de manière plus éclatante que n’importe quel autre groupe national, il faut forcément qu’il y ait dans les arrière-pensées des manifestants d’autres vieilles et sourdes raisons de faire cet éclat. Et ces raisons profondes c’est que les plus républicains d’entre eux en ont marre d’entendre parler de clandestins planqués sous des paquets de nouilles chinoises.

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