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59 ans
Eurasien
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Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 28 novembre 2012 14:50

     «  »«  » Même si les fonds privés seraient une solution à plusieurs égards, qui investirait dans la recherche littéraire ? «  »«  »

    Vous êtes certaine d’avoir correctement conjugué ?


    Comme vous me semblez toute surprise de découvrir la réalité, je vous propose une manière de considérer les choses que vous n’avez probablement jamais lue nulle part.
    Cette manière n’est en aucun cas la manière. Mais comme c’est une manière inédite, qui sait, elle pourrait pour conduire à voir enfin ce qui se passe.

    Je propose de considérer que nous craignons la mort (quand je vois que les bébés n’en ont aucune peur, contrairement aux oursons blancs que j’ai vus dans Un jour sur Terre, je me dis que cette peur nous est inculquée).
    Et comme la personne qui nous a initié à cette peur (notre mère, globalement, je veux dire ses avatars compris) s’était interposée entre la mort et nous quand nous étions petits, comme elle s’était interposée entre la mort et nous en utilisant son corps, se seins, ses bras, sa voix, ses mots, comme elle y ajoutera aussi un landeau, une poussette, un siège auto, deux puéricultrices, trois assistantes maternelles, quatre pédiatres....comme elle interposera mille choses entre la mort et nous pour nous préserver, il se pourrait bien que nous passions ensuite notre vie à accumuler à notre tour des choses entre la mort et nous (et d’en fait autant au profit de nos enfants quand nous passons parents)

    Si au lieu de consommer, comme on dit, nous ne faisons qu’interposer (entre la mort et nous) alors, tout ce que fait un Parisien est interposition.

    En cas, quand vous roulez dans une voiture pour faire 100 bornes sous la pluie, bien qu’il y ait la mort en face de vous dans chaque virage, vous n’y pensez pas trop parce que vous considérer que la voiture et sa transcendance associée) vous isole de la mort (en grande partie parce que vous préféreriez pensez à autre chose).
    Soudain, la voiture tombe en panne et vous devez vous ranger sur le bas-côté. Là, vous sortez du rêve et vous voyez soudain la mort beaucoup plus proche. Objectivement, vous seriez plutôt en meilleure sécurité si vous vous éloignez bien du bord que quand vous rouliez mais comme la voiture passe défaillante, comme vous êtes seule, vous ressentez une immédiateté avec la mort (que vous appellerez différemment). Vous ressentez une peur que vous appelerez comme vous voudrez mais qui revient à la peur de la mort.
    Surgit un garagiste.
    Et bien qu’il répare ou pas, du moment que vous croyez en ses compétences pour rétablir la voiture, vous vous sentez déjà protégée, rassurée, calmée ; la mort s’éloigne.
    Vous aurez compris que l’appelle mort quelque chose de plus large que le strict décès. Ce que j’appelle mort c’est mille choses qui nous rapprochent d’elle plutôt qu’elles nous en éloignent. Le chômage, une chute dans l’escalier, un rhume, une fuite de robinet, la perte de nos clefs, une mauvaise note, une mauvaise critique, une insulte, une accusation, tout ça nous donne l’impression d’être plus près de la mort.

    Ce n’est pas la présence d’un spécialiste de Socrate, de Cioran ou Trakl qui pourrait vous isoler de la mort en ces circonstances de panne de voiture.


    Dans la vie de tous les jours, vous êtes entourée de gens qui interposent des gens et des choses entre eux et la mort.

    Si les gens sont très caparaçonnés par ailleurs, s’ils se sentent archi isolés de la mort, votre présence en tant que lettrée ne va pas les embêter, même si vous parlez des sceptiques. Ça pourrait même les distraire comme on se distrait à aller voir des films de guerre où l’on voit des gens face à la mort en toute immédiateté.

    Mais les chefs d’entreprise sont des gens qui cherchent à s’isoler de la mort en interposant un gros machin entre elle et eux. Etant entendu que l’argent semble un bon trompe-la-mort. Ils tiennent à embaucher des gens qui leur semblent les protéger idéalement. Soit de façon vraiment physique comme c’est le cas pour un capitaine de voilier qui veut un équipage directement trompe-la-mort dans les tempêtes ; soit de façon plus complexe et indirecte comme c’est le cas pour les financiers qui n’achètent des entreprises-usines en LBO que pour les revendre plus cher 4 ans plus tard, sans avoir jamais vu les employés qui seront évacués.

    Je vous suggère de faire quelques exercices relationnels où vous considérerez les choses par ce biais du principe d’interposition. Vous entreverrez probablement ce qu’il vous faut faire pour donner à votre employeur l’impression que vous pouvez lui servir de rempart contre la mort.

    (Etant à comprendre qu’il y a deux grandes manières de faire rempart contre la mort, soit en sorte d’archange victorieux, soit en sorte de bouc émissaire ou sacrificiel)



  • easy easy 22 novembre 2012 16:39

    Il est étrange le concept de paradis.
    Je me demande comment des gens en sont venus à concevoir un monde paradisiaque.

    Que chacun conçoive un espace réduit ou protégé dans lequel règne une ambiance paradisiaque, oui, ça me semble naturel. Mais l’intérêt d’un tel endroit ne vient que du contraste avec l’extérieur qui est couramment angoissant, menaçant, dur, agressif, stressant.

    Le paradis tel qu’imaginé par certains est un espace où tout est cooool. Pas de contraste. Alors le repos, la détente ne peut pas y avoir de sens. Le paradis, s’il existe vraiment, serait à crever d’ennui ou d’ataraxie. Pas de soif pas de faim, pas de désir, pas de soulagement, pas de joie...rien.



    Sur Terre, sur la vraie Terre, ce sont les séquences où l’on se retrouve agressé, lynché, qui nous font apprécier les espaces de repos où l’on peut faire la sieste sans se prendre un coup de couteau.

    On voit par exemple dans les films ou les romans, des fins après un déroulé tout en stress où survient enfin un printemps, une petite rivière tranquille et ils eurent beaucoup d’enfants. C’est donc bien qu’il nous faut l’horreur pour trouver ensuite du plaisir à la tranquillité. (mais c’est là un truc bien humain car les animaux ne semblent pas avoir besoin de ce contraste et ne semblent pas jouer à narguer la mort pour ensuite jouir de l’avoir déjouée)

    Que vaudrait une messe de Noël si en dehors de ce moment là nous étions tous à nous faire constamment des câlins ?

    Redoutons le dur, la violence. Fantasmons éventuellement qu’il n’y ait plus que douceur. Mais ne confondons pas la logique, la nécessité, la quête de ce fantasme avec une entreprise visant à le réaliser vraiment, pour de bon.

    Il nous faut vivre ce paradoxe de l’aspiration à la tranquillité face à la présence de la violence pour apprécier les fragiles repos glanés ici et là. Nous devons accepter le fait que marcher vers la réalisation du paradis est valide mais que le réaliser est invalide. 
    La démarche iréniste est valide, pas sa finalisation.



    Cela dit, je trouve qu’il y aurait une valeur inédite à promouvoir dans le monde.
    Elle tournerait autour du tabou de l’ameutement.
    Ce nouveau tabou irait à dire que le duel est valide mais pas la meute. Il énoncerait que si deux personnes se prennent de bec, il est absolument interdit à quiconque de s’ajouter à une des parties.

    On peut certes se faire trancher la gorge par une seule personne. M’enfin, il m’apparaît que les pires des méfaits humains se produisent au-delà du duel à un contre un.


    Ce qui s’est passé dans ce bus c’est d’une part le Nous-meute qu’ont formé les Françaises (ce n’était pas une fille seule qui chantait mais un groupuscule) et d’autre mart le Nous-meute qu’ont formé les autres passagers en réponse.
    Le tabou de l’ameutement serait installé dans nos têtes, personne n’entreprendrait jamais plus d’une seule personne à la fois (fin des messes, manifs, discours et meetings. Fin des guerres alors)

    La meute a certes sa source dans le fait qu’on réussit mieux une chasse en s’y mettant à plusieurs. Mais elle a aussi une autre source dans le fait que quand un tiers constate un duel entre un 120 kilos et un 50 kilos, il trouve ça inéquitable et cherche à compenser en s’impliquant. Mais il faudrait tout de même que nous discutions des conséquences désastreuses de cet archangisme.

    Je vois évidemment un dommage ou une injustice dans un duel David Vs Goliath mais je vois bien plus de dommages quand des tiers s’en mêlent.
    Il me semble étrange que personne, pas le moindre philosophe n’ait abordé cette problématique alors qu’elle est très conséquente et aboutit toujours à des affrontements massifs.


    Il me semble que dans le strict duel à un contre un, aucun des protagonistes n’envisage d’infini. Chacun sait les limites de ses forces et ne voit que des finitudes. 
    Alors que dès qu’arrive la coagulation de tiers, chacun envisage les infinis.
    Et la violence infinie (du genre de l’enfer prévu par les abrahamistes) c’est cela qui me semble le plus terrorisant.

    Je sais que l’installation en nous d’un tabou de l’ameutement ou du tiers conduirait à réexaminer aussi nos coagulations pour fabriquer tant des missiles que des ponts et des hôpitaux. Mais je trouve qu’on n’y perdrait pas tant que ça au regard du bénéfice qu’il y aurait à ne plus jamais redouter les meutes.

    Il me semble possible que les rois ou les Etats aient interdit les duels afin de se donner le droit de toujours intervenir en tiers privilégié dans toutes les relations. Et que le résultat n’est pas forcément heureux puisqu’il aboutit à des sanctions ou punitions infinies, infernales. Cf. Madoff 120 ans de prison.

    Je ne parviens pas à imaginer comment nous gérerions toutes les situations si nous renoncions à l’ameutement tant ça bousculerait nos codes et habitudes mais je trouve qu’il serait temps d’en discuter.
    Nous en sommes bien venus à discuter des inconvénients de nos productions d’enfants, sujet qui semblait pourtant indiscutable il y a deux siècles. Je ne vois pas pourquoi on ne commencerait pas à discuter du problème que posent les coagulations.



  • easy easy 22 novembre 2012 12:58

    La pudeur personnelle est la réponse (selon les moyens à notre portée) aux attaques ad hominem.


    Il existe des formes de pudeur chez beaucoup de bestioles.
    Toutes les pudeurs sont des manières de parer aux dangers mortels. 

    On n’est pas en position optimale de défense quand on copule (surtout que certains animaux ne peuvent pas séparer. Je signale que le chien est mécaniquement bloqué dans le vagin de la chienne). On ne l’est pas non plus quand on est enceint, quand on évacue, quand on mange, quand on hiberne, quand on mue, quand on chrysalide, quand on fait un discours, quand on est concentré sur une tâche ou mission, quand on est préoccupé...

    De toutes ces situations de haute vulnérabilité l’Homme doit déjà se garder.
    Mais chez lui, il y a le moralisme qui crée un danger spécilfique supplémentaire où chacun peut se retrouver stigmatisé rien que parce qu’il a regardé quelque chose et que ce regard ou cette parole avouerait un lien.

    Le lien nous lie et nous entrave en cas d’attaque.
    Que ce lien soit à notre nourriture, à notre eau, à notre air, à notre enfant, à notre partenaire, à nos noisettes, il nous rend indisponible à notre défense parfaite, il prouve notre faiblesse. 
    Innombrables sont les cas où un vilain dit à quelqu’un « Avoue qui est ton complice où je vais tuer celui à qui tu tiens »
    En effet, l’Homme est souvent plus lié à autre chose qu’à sa propre vie. Il est donc très vulnérable par ses liens. D’où la précipitation de ceux qui attaquent d’imposer leurs propres menottes.

    Des pudeurs, il y en a autant qu’il existe de choses auquelles nous sommes liés et qui font donc automatiquement sujet d’attaques. 
    Et nous n’osons afficher que ceux de nos liens qui sont unanimement défendus par la masse qui nous entoure. Ou si ce n’est toute la masse au moins un groupe voire un groupuscule.

    Exemples :
    On se trouve entre cocaïnomanes ; on avoue sans problème le même attachement. Mais on s’en cachera aux autres. 
    On se trouve entre gens d’une religion ; on avoue sa dépendance au dieu commun. Mais on hésite de s’afficher aussi lié quand on se retrouve seul à croire en ce dieu. 
    On se trouve entre milliardaires ; on est impudique de l’argent. Mais quand on se retrouve entouré de gueux, on serre les fesses. 
    On aime la poésie ; on la déclame devant un public venu pour en entendre. Mais on évite d’en parler devant des gens qui semblent disposés à la railler.
    On est schizophrène ; on parvient à l’avouer entre schizos. Mais on va le cacher aux autres.
    On est homo ; on va le démontrer dans les bar du Marais. Mais on va s’en cacher quand on se sentira seul dans ce cas parmi d’autres d’allure homophobe.
    On est naturiste ; on l’affiche carrément dans les camps consacrés. Mais on va éviter de se foutre en slip place de la Concorde.
    On adore les maths ; on va l’avouer à son prof. Mais on va s’en cacher de ses camarades parce qu’ils nous traitent de fayot (du reste bien des élèves régressent volontairement pour cette raison que l’amour pour les maths est trop rare)
    On adore le foie gras ; on va inviter des gens qui aiment ça. Mais on va se garder d’en faire étalage devant ceux qui défendent la cause animale.

    Il résulte des mille pudeurs possibles que dans une société donnée, par exemple parisienne, chacun se cale sur l’esprit de la rue (qui évolue, surtout à Paris). Et c’est l’esprit de la rue (le dénominateur commun qui détermine ce qu’elle convient de défendre, de ne pas attaquer ou d’attaquer) qui forme le bâti de nos pudeurs mais, en creux, cet esprit de la Rue forme aussi nos impudeurs (Entre Parisiens, jusqu’en 1850, il n’y avait aucune impudeur à avouer aimer assister à une torture en place publique. Jusqu’en 1950, il n’y avait aucune impudeur à avouer qu’on aimait les fourrures, les grosses cylindrées et le foie gras...)


    Chacun de nous a toutefois de la rue une notion particulière.
    Ceux qui doivent vraiment faire avec la rue, tel les hommes politiques et les boulangers, se calent vraiment sur elle et lui sont très conforme d’apparence.
    Mais la plupart d’entre nous qui n’avons pas exactement affaire avec la rue, avons d’elle une idée un peu différente.

    Ceux d’entre nous qui passent leur temps dans un atelier de haute couture en viennent à considérer que la rue pense à peu près comme leur Maison de haute couture (Ce qui fait que YSL et Bergé n’ont pas trop hésité à se déclarer gay). De même pour ceux qui bossent dans l’armement. 

    Ceux qui sont 12h par jour dans un labo bourré de scientifiques vont considérer que l’esprit de la rue est celui qui règne dans leur labo.
    Ça fait que nos axes et constitutifs de pudeur, s’ils sont tous globalement calés sur la rue, ont tout de même des variations. 

    Bien qu’il y ait donc probablement mille esprits de ruelles à Paris, au moment où chacun s’exprime vraiment dans la Rue, tel AVox, il se recale sur ce qu’il sait de la pudeur la plus Urbaine, la plus convenue, possible.





    Concernant l’évolution actuelle, concernant donc les jeunes, ils semblent, aux yeux des anciens, très impudiques.
    Ils n’auraient donc pas de liens ?
    Si bien sûr qu’ils en ont.
    Mais dans leur milieu, la chose essentielle à laquelle ils doivent se montrer attachés c’est Internet, le réseau, la Toile.

    C’est sur cet axe qu’ils se sentent la possibilité d’avouer leurs liens. Or c’est un axe indiscutablement gagnant en terme d’expansion. Même le Papou y succombera, le croit-on sans peine.

    Sur cet axe, les jeunes se lâchent.


    Le hic c’est que cet axe a une mémoire ferme, ineffaçable.

    Alors que chacun pouvait, par pulsion, céder à la provocation et repousser les contraintes en osant avouer quelque impudeur ici et là, le fait de l’avoir fait par écrit, à partir du XIXème siècle ou plus largement depuis Gutenberg, a conduit des tas d’audacieux à devoir assumer ce qu’ils avaient osé écrire des mois, des années plus tôt. 
    L’écrit avait donc déjà posé le problème de la mémoire, de la preuve formelle.

    Et maintenant, arrive la preuve audio et vidéo en plus de la preuve écrite.

    Mais cette contrainte d’ineffaçabilité est surpassée.

    Se lâcher en écriture+audio+vidéo est bourré de conséquences à très long termes. C’est dangereux mais il y a une compensation à ce haut danger c’est que beaucoup de gens osent. On peut certes se retrouver attaqué mais c’est devenu ordinaire de l’être et on peut aussi se trouver des alliés. Chacun devient vraiment homo politicus.
    Une fille montre ses gougouttessur la Toile ; un vilain cherche à l’attaquer ; elle en souffre ; il se fait attaquer par des hackers justiciers. 



    Il reste que chaque impudique doit se confronter à la Justice (qui a toujours un train de retard sur la Rue et qui en freine l’évolution), tel Assange ou Manning et ce n’est pas rien.
    Mais face à la Rue devenue hyper diversifiée, chacun trouvera toujours des soutiens moraux.

    On peut physiquement en baver d’avoir osé transgresser mais moralement on n’est plus jamais seul. Une femme impudique dans un pays intégriste sera attaquée par ceux et celles de son pays mais soutenue à l’étranger. Kerviel subit le fouet de la Justice mais des gens ont dit leur solidarité avec lui.

    Le décrochage entre l’isolement physique (incarcération, lapidation...) qu’on subit encore et le non isolement moral qui s’offre désormais à chacun quoi qu’il ait fait, crée une situation inédite dans l’Histoire.

    On peut être physiquement broyé mais pas ses choix, pas ses goûts, pas son esprit. Son âme, quelle qu’elle soit, n’est plus jamais rejetée par tous et ce tous n’existe plus.
    Il subsiste un enfer corporel, très immanent et terrestre, mais il n’y a plus d’enfer psychologique. 
    Seul notre corps encourt des risques. Ce n’est pas rien, ça fout la trouille mais c’est gérable ; il suffit de ne pas craindre la mort physique.

    Le fait que cet axe hyper médiatique soit grandissant et hégémonique ajouté au fait que chacun peut s’y lâcher de tout, y compris de se montrer en train de pisser sur un crucifix, un barbu ou un cadavre, ne peut que progressivement renverser la problématique du risque moraliste mais aussi physique qu’encourt chacun (tout compte fait, bien des impudiques ou insolents sont restés en vie).

    Chacun étant de plus en plus tenté d’accomplir sa performance (qui est toujours une sorte d’audace impudique) les anciennes pudeurs vont toutes être renversées pendant que l’esprit de la Rue deviendra protéiforme et insaisissable.


    Le tatouage qui avait été longtemps considéré comme aliénant car ineffaçable, devient courant. 

    Orwel avait prédit des « Tous pareils »
    Je prédis des « Tous différents »
    Puis « Tous différents² donc caméléons » car nous allons nous détacher de notre lien avec notre corps trop figé, trop contraignant. Nous allons devenir de plus en plus désincarnés, virtuels. Nous allons devenir élément de la Toile et nous ne risquerons plus ni fouet ni couteau.


    Le « Sois toi-même » était une provocation des révolutionnaires français au mêmisme abrahamiste mais va devenir une réalité au fur et à mesure que nous nous glisserons dans la Toile par le biais de quelque nanotechnologie.
     



  • easy easy 20 novembre 2012 18:07

    Je ne l’ai jamais rencontré et moi-même j’étais globalement bien plus vache qu’hirondelle. Mais j’ai fréquenté une grande partie de ces garçons et filles qui dansaient avec la mort pour mieux ressentir la vie pourrait-on dire.

    Pourquoi ?
    Je ne sais pas.
    Je ne sais pas pourquoi j’aimais me faire peur en sautant dans le vide avec un vague delta sur le dos.


    Mais ce je peux quand même dire ce qui se passe :
    On se retrouve en relation direct avec une chose qui fout les boules, qui file des sensations.



    La relation directe, immédiate que nous éprouvons à l’âge de deux semaines contre notre mère, elle est certainement agréable sans être jouissive car non pensée.

    Il me semble que par la suite, nous ne faisons qu’essayer de revivre des contacts directs mais pensés. Et comme ils sont pensés, comme ça forme des tas de mots dans notre tête, mots qui sont des médias, nous nous retrouvons en situation paradoxale où les mots, l’élément médiatique qui forme notre pensée, étant devenus le passage obligé pour penser « Ah que je suis bien » le médiatique finit par occuper toute la place. (Téléphone, Internet, bavardage)

    Quand on est star sur scène et que le public applaudit à tout rompre, nous ressentons une vive émotion grâce au contact direct avec la masse. Mais tant la scène que le micro que l’ampli que la masse, ainsi que tous les mots qu’on met dessus sont des media. Etre acclamé c’ets ressentir une immédiateté par la voie médiatique, surtout si c’est suite à un discours.

    Il y a un autre moyen de revivre des émotions immédiates, vraiment sans mots, par exemple en faisant l’amour (et encore, il faut que chacun le fasse sans la moindre pensée ou arrière pensée) et plus intensément encore en faisant l’amour avec la mort-vie, en jouant les acrobates ou pourfendeurs de dragons.

    Il peut tout de même y avoir parfois quelque médiateté quand on desdend en ski un couloir « Ah quand les copains verront ma trace ! » 
    Mais sur l’instant même de l’exploit, il n’y a plus aucun mot, aucun média dans notre tête, on est en pleine affaire avec la Chose qu’on a choisie de baiser. 
    Par extension, nous avons inventé mille Choses avec lesquelles ressentir un relation directe exclusive. Ce besoin d’exclusivité fait que chacun développe sa Chose spéciale, son Guiness, d’où l’extraordinaire développenent des activités dangereuses.

    Ainsi, un Kerviel, face à sa Chose, qu’il a créé sur mesures et qui lui est énorme, est en relation Toi-Moi en dépit de la montagne d’outils d’allure médiatique dont il a besoin. Quand il est face à sa Chose, il oublie tout le reste.

    Il y a aussi le cas du bourreau face à sa victime, du sniper, du bombardier, du chasseur, là encore c’est une relation directe, exclusive et sans mots.

    Toi-Moi, rien que Toi-Moi, sans le moindre mot, sans qu’on puisse en dire quoi que ce soit. C’est cela la relation la plus immédiate ou directe. 


    Il nous arrive quelques fois de vivre des immédiatetés non préparées.
    Par exemple quand notre pied est en relation directe avec un caillou « Ouille ! ». L’émotion est intense, il n’y a quasiment pas de mots, c’est intéressant m’enfin un peu piteux.
    Ou bien quand nous voyons soudain un OVNI, une oeuvre d’art, un requin, un cambrioleur, là en face de nous. Relation en Toi-Moi pure, sans mots, dont l’issue peut être plus gratifiante.

    De ces différentes choses avec lesquelles nous pouvons vivre une grande émotion à digestion gratifiante, ce sont bien les jeux à risques qui offrent le plus grand pied.
    Du coup, la relation bavarde avec les gens ressort creuse. Ceux qui pratiquent beaucoup les sports à risque sont taiseux. Nicolas Hulot fait partie des exceptions tant il est bavard ; mais je pense qu’il a fini par trouver que la relation silencieuse avec la Chose était bien son véritable objectif.

    Il me semble que notre relation avec la cigarette ou la cocaïne peut être considérée comme une de ces relations très privatives et muette avec une chose en relation avec la mort-vie. Stupéfiante est la variété des stupéfiants : chacun invente là encore sa Chose ou son cocktail avec lequel danser.


    Cette relation directe avec la mort-vie a donc parfois des allures très criminelles et parfois des allures que nous considérons moins criminelles, telle celle qu’entretenait Edlinger avec la falaise.
    M’enfin, il nous suffit d’interposer entre le cas bourreau+victime et le cas Edlinger+ falaise, le cas de deux gladiateurs face à face pour voir que tout ça relève d’une sorte de criminalité d’un point de vue philosophique.

    Ce n’est pas parce que l’aviateur ou le funambule s’écrase seul au sol devant mille spectateurs et qu’il n’a donc mis que sa seule vie en danger que ce n’est absolument pas criminel.
    D’un point de vue judiciaire il n’y a certes pas crime, de même que quand un soldat tue, m’enfin dans le principe même de ce jeu, il est tout de même bien question d’interpeller la vie-mort.

    Nous tous qui pratiquons volontairement quelque sorte de danse avec la vie-mort, nous sommes d’un point de vue philosophique des criminels.
    (Et ça contrarie nos mères qui ne trouvent pas ça logique)



  • easy easy 18 novembre 2012 21:40

    Lumineux !

    Merci Abou

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