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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 7 décembre 2012 09:52

    Les dames feraient plus souvent ce genre de déclamation publique, l’ordre des choses en serait changé. 



  • easy easy 6 décembre 2012 21:40

    Et vous tirez ce savoir de quelle expérience ?



  • easy easy 6 décembre 2012 21:34



    Belle occasion pour moi d’en dire deux mots.

    Déjà, ce que Mauriac a écrit à 13 ans (Va-t’en) me laisse sur le cul quand je vois que j’en étais encore à lire Les malheurs de Sophie
     
    Son écriture me semble sans effet de style. Du coup, ses propositions de regard me respectent, je ne me sens pas violé et je le suis en toute liberté de conscience avec mon regard branché sur technique-psycho. Quand il dit comment il voit le visage d’un aficionados se transformer, j’apprends aussi à détecter les rictus.


    A côté de ça, les auteurs comme Hugo Zola, qui m’avaient autrefois serré le coeur, me semblent aujourd’hui manipulateurs, irrespectueux du lecteur et inconséquents.
    .
    Voici le début de Germinal 

    **** Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d’une obscurité et d’une épaisseur d’encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves. Devant lui, il ne voyait même pas le sol noir, et il n’avait la sensation de l’immense horizon plat que par les souffles du vent de mars, des rafales larges comme sur une mer, glacées d’avoir balayé des lieues de marais et de terres nues. Aucune ombre d’arbre ne tachait le ciel, le pavé se déroulait avec la rectitude d’une jetée, au milieu de l’embrun aveuglant des ténèbres. ****
     
    Zola ne s’y place pas, il n’est pas dans la scène. On pourrait donc prétendre qu’il n’est pas envahissant, pas narcissique et qu’il permet au lecteur d’apprécier la chose seul, de manière immédiate.

    Mais en réalité, il ne place le lecteur ni à côté de lui ni seul devant lui, il le place dans lui. Ce qu’il nous montre est déjà tout barbouillé de son regard. On ne peut plus voir qu’à travers son installation artistique, on est piégé.
    Essayez de vous représenter ce paysage rincé de son regard, vous n’y parviendrez pas.


    Inversement, Mauriac raconte ici une scène où il est présent. Il peut alors sembler encombrant. Mais ce qu’il décrit est en réalité neutre, vierge de son barbouillage, en tous cas neutralisable de son regard.
    Il nous dit carrément : voilà, je suis là, je regarde ça et je pense que...On n’est pas trompé et on peut donc soustraire son regard puisqu’il est explicité et recouvrer la chose en l’état, neutre, vierge, vraiment sans lui.

    Dans les artifices des romantiques, il y a une montagne de modalisateurs, qualificatifs, adverbes, expressions et comparaisons qui font tout le pathos de leur installation
    « Nuit d’épaisseur d’encre »
    « Rafales larges comme sur une mer, glacées d’avoir balayé des lieues de marais »
    « Embrun aveuglant des ténèbres »
    Oh que ça me file la nausée !


    (D’autant le froid vient du vent, non des marais et qu’il n’est pas interdit que le ciel des corons soit plus étoilé qu’à Paris)

    Hugo et Zola savaient donc d’avance exactement comment leur lecteur allait voir.
     
    Et comme ce genre d’expression poétique, anti scientifique, archi subjective, a charmé, il y a plein de gens qui les resservent pour un oui ou pour un non.

    Nous nous retrouvons très souvent à discuter de choses du genre économique ou mariage homo et les commentaires arrivent truffés d’expressions poétiques récupérées devenues, par l’habitude, des lieux communs servant de bouche trou. On croit lire une réflexion adaptée, on ne lit en fait qu’un bidonnage, qu’une farce. 

    Quand un poète invente une expression ou comparaison poétique, on prend ça dans la figure mais on sait que c’est de la poésie. Bravo l’artiste, tu m’as bien eu !

    Alors que quand l’expression est resservie en expression toute faite, même par un footballeur (avec quelques fautes, contresens ou confusions du genre il ne faut pas vendre la charrue avant les boeufs) tous les jours pendant un siècle et à tout propos, ce n’est plus de la poésie, c’est du surimi.


    Je préfère donc Mauriac parce qu’il ne sait pas à l’avance comment son lecteur va voir et parce qu’il ne livre que de la considération pas des gadgets d’écrivain susceptibles d’être recyclés pour devenir des patterns à faire du papier peint en style de.



  • easy easy 6 décembre 2012 14:02

    Il y a en effet bien des regards d’usage, religieux compris, qui se retrouvent cul par dessus tête lorsque les contextes changent.

    Vous avez zappé un point de cette histoire : Le prince a combattu avant de parvenir à la belle.

    Là où d’autres chevaliers ont succombé, il a survécu.

    Autrement dit ce conte illustrait un contexte de guerre. Or nous en sommes à la troisième génération de gens qui n’ont pas connu directement la guerre et qui raisonnent donc autrement (en considérant énormément leur nombril).

    Un autre point de cette histoire c’est que rois et princesses ont un rôle d’activation sociale (comme dans une ruche ou une termitière). Une princesse pourrait donc (comme cela s’est vraiment produit, même en France) convenir de laisser son égocentrisme au vestiaire et accepter d’être violée au bénéfice de son peuple.

    C’est le pays entier qui était envahi de ronces et terrorisé par le dragon.
    Si la princesse la joue « Connard ! Je retourne me coucher » c’est le peuple qui va la passer par la fenêtre ou la donner à bouffer au dragon selon l’inspiration.


    C’est toujours la masse qui fait la loi ou la manière dont il faut considérer les choses.
    Un roi peut bien entendu lancer sa propre vision et il arrive souvent que ça marche mais c’est in fine, même passivement, que le peuple valide ou non le regard sur une chose. Si le peuple n’accepte pas le regard du roi, il se révolte et ça finit dans le sang.


    Si le peuple passe hygiéniste, ergonomiste, s’il découvre la mer alors qu’il ne sait pas nager, il convient tout de suite du bouche-à-bouche. Sinon il ne l’accepte pas.
    Plus les gens savent nager, moins il y a de feu dans les maisons, moins on voit d’intérêt au BàB et on peut en venir à le refuser à nouveau.


    Sur le point du viol :
    Pour l’instant, il n’est venu à l’idée de personne de considérer que quand on se prend une lame ou une balle dans le ventre, on est violé. Mais peut-être qu’on en viendra à levoir ainsi. Auquel cas les millions d’hommes perforés contre leur gré par quelque ferraille seront considérés violés.

    En fait, pendant Da Vinci, il était assez clairement considéré qu’ouvrir le ventre d’un cadavre c’était commettre quelque chose de l’ordre du viol. Ce n’était p’tet pas cette personne morte qu’on violait mais un principe ou un tabou.
    On était en tous cas assez près de considérer qu’ouvrir un ventre (et déterrer un cadavre) était un viol mais on en écartait l’idée quand il s’agissait d’aller faire la guerre et d’exposer ses propres soldats à se faire pénétrer de lames en tous genres.

    Et puis il y eu également le très gros problème du viol des consciences que les abrahamistes ont dû éluder alors qu’ils ouvraient le ventre de ceux qui refusaient de se convertir. 
    Ça fait que l’un dans l’autre, les Paul réprimant fortement le sexage puisqu’ils n’en ont aucunement besoin pour convertir un peuple, ils n’ont soutenu que le concept de viol sexuel et le mot viol est devenu synonyme de viol sexuel.


    Mais tout bouge constamment.

    Après avoir convenu que la pendaison publique était moche, que la guillotine était moche, on en est venu à considérer que l’électrocution était bien. Puis que c’était moche. On s’est mis à considérer que l’injection de poison était bien. Mais on se retrouve maintenant avec des gens qui demandent à être euthanasiés. On leur propose alors une injection de morphine.

    Dans un cas l’injection d’appelle létale et dans l’autre elle s’appelle euthanasie.
    Mais il s’agit toujours de seringue et de liquide.
    Reste alors à se demander pourquoi dans un cas c’est un poison qui fait souffrir et dans l’autre une morphine qui fait planer. Ensuite on se demandera pourquoi dans un cas la famille peut accompagner l’euthanasié mais pas dans l’autre. (Je signale sur ce point qu’en Chine, il n’est pas rare que les exécutés, même par balle, aient droit à toutes les visites et festivités)

    Tout bouge et n’a pas fini de bouger.

    Merci à vous de contribuer aux changements de regards donc aux mouvements.



  • easy easy 5 décembre 2012 20:31

    «  »«  »«  » « vivant donc en bande filles & garçons mais un seul garçon ayant le droit de niquer le harem. »

    si c’etait le cas, il y aurait eut degenerescence «  »«  »«  »


    Pourquoi ?
     

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