• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

easy

easy

59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
Rédaction Depuis Articles publiés Commentaires postés Commentaires reçus
L'inscription 21 3431 838
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0
Modération Depuis Articles modérés Positivement Négativement
L'inscription 230 126 104
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0

Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • easy easy 13 décembre 2012 11:36

    Autrefois, certains entreprenaient tôt de construire leur mausolée.
    Ils étaient puissants, disposaient de serfs et leur édifice était alors en quelque pierre.

    Depuis 1789 que l’égalitarisme a mis dans l’idée de tout un chacun qu’il avait le droit à un traitement de prince et le devoir d’épater en prince, chacun veut son mausolée.
    Bien des épiciers et fabriquants de lampes ont réussi à s’en bâtir d’assez important dans les cimetières du XIXème siècle. Mais ces mausolées ont viré de plus en plus au cénotaphe depuis que le Taj Mahal est connu et depuis les monuments aux morts sans squelette.
    Ont surgi des cénotaphes en forme de collections de tableaux, de sculptures, de Palais Idéal, de Sagrada Familia, d’autobiographies et autres tours d’acier. La musique distribuée sous forme de duplicat s’est ajoutée à ces possibilités.




    Depuis Internet, les gens ont la possibilité de se construire un cénotaphe immatériel. Ce sont les fauchés qui foncent sur cette opportunité car les millionnaires s’en tapent complètement et continuent de marquer le monde de tas de ferrailles.



    Je pense que dans le Père-Lachaise virtuel en construction, celui de Dugué sera remarqué au moins pour avoir été un des premiers du genre.

    Ceux qui plus tard le fouilleront ne seront certainement pas foudroyés par quelque mort subite car les mausolées virtuels sont carrément conçus pour être constamment visités. Je pense qu’ils trouveront ça aussi sympathique que généreux qu’intéressant.



    Cette forme hyper cénotaphique où seule compte la pensée du défunt telle qu’elle était de son vivant (avec ses périodes, ses humeurs, ses dimensions aussi bien bestiales que divines) cette forme virtuelle infalsifiable est, il me semble, la meilleure.
    Je pense que Newton aurait largement préféré cette forme à celle d’un énorme bazar de pierre où sa pensée aurait été finalement tronquée, utilisée, récupérée, transformée, déformée et surtout exclusivement divinisée.





    Il y a 20 ans, avait existé dans l’idée-en-l’air, un concept selon lequel les cimetières seraient constitués de tombes d’allure classiques mais avec un bouton. En appuyant sur ce bouton le visiteur aurait fait surgir une image holographique du défunt et aurait pu papoter avec lui ou au moins l’entendre parler en son époque.
    Or, le mausolée que se prépare notre ami Dugué se passe du moindre funéraire physique afin que n’importe qui dans le monde, depuis ses pénates, puisse le visiter à n’importe quel moment de sa convenance.




    Face au champ infini de ces mausolées virtuels qui sont en train d’être édifiés, les visiteurs du futur auront deux entrées possibles :
    Soit il y entreront par « Au fait, j’ai entendu parler de Dugué, je vais visiter sa pensée sur tous sujets ».
    Soit ils y entreront par « Ah, Me voici devant un haricot, voyons ce que des anciens en pensaient » et de ne découvrir alors Dugué que par hasard et en ce qu’il pensait de la plante.

    Peut-être y aura-t-il une autre heuristique conduisant à son mausolée mais pour l’instant je ne vois que ces deux là, celles du Google actuel.




    Arrive le point de l’interactivité entre le visiteur et le défunt qui n’est pas facile à résoudre. Comment être immortel au moins en tant que penseur ?
    Pour l’instant, la seule réponse possible qu’exploite très bien Dugué, consiste bêtement à s’exprimer sur tout, à répondre par avance à toutes les sortes de questions possibles que lui poserait le visiteur du futur.
    Le visiteur d’aujourd’hui n’ayant évidemment aucune importance dans ce projet.



    Enfin, dernier point à régler par celui qui se meurt pour que son entreprise ait du sens, il doit au moins escompter qu’il reste des Hommes sur Terre, sinon des Hommes au moins quelque entité capable d’apprécier ces visites hyper cénotaphiques et il doit espérer que ses survivants soient curieux.
    Son discours prophétique doit traiter l’eschatologie mais il ne doit pas y croire.



  • easy easy 12 décembre 2012 17:53


    Bonjour Abou

    Merci pour votre pertinente illustration ( dito dans les conseils municipaux...)
     



  • easy easy 12 décembre 2012 11:20

    Ce qui semble, c’est que les forums virtuels permettent l’élargissement du mainstream. On se dit que nul n’y risquant vraiment une lapidation, chacun ose déclamer ses ethos-pathos spéciaux.

    Mais si cet élargissement était réel, le mainstream serait déjà beaucoup plus large et une personne déclamant son amour pour les chevaux ou les rats ne serait pas stigmatisée.
    En réalité, le mainstream (Du Net et de la rue) restent étroit (tout en changeant au fil des générations)


    Pour l’instant les forums virtuels proposent des formules où les internautes peuvent tous jouer le rôle de flic-juge-archange en considérant la foule et en mesurant son impact sur elle. Dans ces conditions tout à fait similaires à celles d’un véritable forum en viande, le mainstream ne peut pas s’élargir de beaucoup.

    Pour qu’un mainstream s’élargisse, il faudrait que chacun puisse exposer son papier (automatiquement publié) et qu’il n’y ait aucune possibilité pour quiconque d’en mesurer l’impact sur les autres, sur les masses (Aucune intervention, aucun commentaire, aucune notation).
    Il faudrait que chacun découvre des papiers en tous genres sans qu’il ait la moindre indication sur qui les lit, combien les lisent, ni ce que les lecteurs en pensent.


    Mais, si on proposait ce genre de mur d’opinions sans aucune sorte de commentaire ou de bruissement de foule, chaque lecteur se demandera comment les autres apprécient tel ou tel papier.
    Chacun aura des audaces logos ethos et pathos plus larges mais dès que ces hyper larges exprimeront leur vision face à des gens en viande et en groupe, ils découvriront le feu des pierres que leur lanceront ceux de ce groupe qui pratiquent surtout le papotage de vrai bistro.

    Si pendant 2 ans, nous interdisions à tous les Français de pratiquer le papotage en viande et qu’ils ne puissent s’exprimer que sur mur dazibao virtuel (sans la moindre indication sur la foule qui les lit) et qu’ensuite on les autorise à papoter en groupes réels, ils constateront un immense éventail d’idées mais sans avoir de repère mainstream. Ils seraient comme devant un océan d’idées mais ne verraient aucune direction particulière. Ils se demanderont vers où aller.

    Se mettant à s’exprimer en viande, ils constateront alors que les prémices des premiers courants iront à « Nous devons tous manger et pisser » Ah ! les voilà déjà avec l’impression de former une communauté. Et, s’ils continuent de se parler vraiment en groupes, ils verront que c’est en partant de ces obligations premières bouffe-cul que s’organisent les courants d’opinion, les uns disant que l’oeuf se mange mieux par le petit bout, les autres disant l’inverse.


    Il ne faut pas croire qu’on peut se passer du mainstream ou qu’on puisse beaucoup l’élargir. Il nous aliène, nous lynche, nous motive et nous structure à la fois.


    Pour le dire autrement, le plaisir que tire Alinéa (Ou Bartabas, ou Piaf, ou Dion ou Hugo lors d’Hernani) à exposer à la foule ses ethos-pathos provient du déplaisir qu’elle pourrait ressentir à se faire lyncher. Sa motivation à publier son ethos-pathos provient d’un désir de jouer le risque entre acclamations et lapidations. Il ne peut pas y avoir d’acclamation sans lapidation.
    Applaudir ici c’est lyncher ailleurs. Bien noter un élève c’est mal noter un autre. Féliciter quelqu’un c’est blâmer un autre.



  • easy easy 11 décembre 2012 22:44

    Dans le raisonnement, il a toujours été possible d’aller très loin au-delà des horizons fréquentés sans se faire écharper et on y évoque l’honnêteté

    L’intellectuel est un libre penseur admis.
    (Mais son comportement ethos-pathos, doit rester conforme. De même il ne doit pas parler de dieu en le secouant puisque dieu ne représente qu’une pure relation et que toute relation est jalouse donc rend jaloux).
    L’intellectuel pur ne doit pas parler de relations et idéalement ne doit parler que de l’homme générique. Il ne devrait nommer personne.
    L’intellectuel pur ne devrait parler que de la mécanique de la pensée, que de mathématiques.



    Dans l’ethos-pathos, il est incongru d’exiger de l’honnêteté intellectuelle et ce qu’on déclare aimer & être ne doit pas s’écarter du mainstream sous peine de lapidation.



  • easy easy 11 décembre 2012 21:10

     @ Alinéa

    Vous avez écrit :
    ***** Je ne suis pas encore tout à fait habituée au fait que ceux qui aiment les chevaux et les bêtes, ce ne sont plus ceux qui les éduquent, les soignent et... leur montent sur le dos, mais les autres qui trouvent que ceux-là sont des tortionnaires !
    Je n’ai plus d’arguments...
    *****


    Alors va pour une petite grille qui pourrait vous aider à comprendre où vous vous trouvez :

    Chacun s’inspire du mainstream pour se caler dessus et injecte aussi ses propres spécialités dans cette pensée collective. Ce qu’on recueille du réseau collectif et ce qu’on y injecte ne peuvent avoir que deux formes :

    Celle du logos. Il n’y a pas d’ambiance. Le ton est Reuters ou scientifique. L’intellectuel prévaut sur l’affect. Il n’est question que de raisonnement, pas de sentiments (On dira que Jean est marié à Hélène, on ne dira pas qu’il aime Hélène). On peut se disputer très passionnément mais sur les raisonnements pas sur les affects.
    Exemple : les philosophes qui publient ou commentent une théorie. 

    Celle de l’ethos-pathos où l’affect prévaut sur l’intellectuel et qu’on pourrait subdiviser en deux mais je n’en vois pas la nécessité ici. Là il n’est plus question que de positionnement éthique en Je suis bon / Je suis mauvais et de positionnement affectif en Je l’aime / Je le hais.

    Et dans cette forme sentimentalo-morale, l’auteur expose à travers le prisme de son ethos-pathos :

    Soit comment il juge la relation entre lui et quelqu’un en se prenant alors pour un être humain.
    Exemple : Kérouac nous expose en tout ethos-pathos la relation entre des gens et lui. Il est responsable de ce qui se passe puisqu’il y participe. Il est engagé sur le plan pénal et civil. 

    Soit comment il juge la relation entre deux autres personnes en se prenant alors pour Dieu assis au sommet d’un triangle de Karpman avec en bas un bourreau et une victime.
    Exemple : Hugo et Zola exposent en tout ethos-pathos la relation entre des gens. Ils ne participent pas à ce qui se passe ; ils ne font qu’en juger en toute subjectivité bien comprise. On les considère engagés mais ils ne le sont que par leur prise de position sur des faits auxquels ils n’ont pas participé. Ils n’ont à répondre de rien au pénal-civil.


    Votre cas ici (ou celui de Bartabas lors de la conférence) c’est celui d’une personne qui raconte sa relation ethos-pathos à une autre personne (le cheval) 
    Si cette relation est considérée comme normale (comme elle l’était jusqu’en 1960) vous ne risquez pas de subir des critiques de neo Hugo-Zola. Mais vous en subirez si cette relation est considérée comme anormale. (car devenue marginale, dépassée...)

    Il ne peut pas exister d’argument intellectuel ou de raison dans les jugements sur les relations. Il ne peut exister que des arguments ethos-pathos.

    Parce que monter un cheval est devenu rarissime et même inimaginable pour 95% des gens, vous vous retrouvez dans la même position que si vous racontiez être amoureuse de votre frère, de votre fils ou de votre père.


    Il n’y a pas d’arguments à l’amour. Si l’on aime quelque chose que le mainstream n’aime pas, on est sans argument. 

     

Voir tous ses commentaires (20 par page)


Publicité


Publicité



Palmarès

Publicité


Agoravox.tv