Il ne faut pas confondre l’Etat régulateur et le nationalisme.
Le nationalisme est un sentiment qui peut se décliner de manière très diverses et se situer sur une échelle très large qui va de l’attachement à des valeurs universelles dont notre pays est le porteur (déclaration des Droits de l’Homme) à l’exclusion de ce qui n’est pas français, en passant par divers sentiments (patriotisme, fierté nationale à plus ou moins bon escient, chauvinisme etc.).
L’Etat régulateur appelé par ses adversaires Etat providence est une conquête de civilisation : assurer par un impôt équitable l’existence de services publics et une solidarité à l’égard des plus démunis, garantir des biens communs en dehors des aléas du marché et permettre à chacun d’ avoir accès à une existence digne d’un être humain, telle est la mission légitime d’un Etat.
Or rien n’est plus proche du l’idéologie UMPFN que ces « tea-party » états-uniens qui se disent tous plus américains que les américains mais qui se refusent à toute solidarité au nom de leurs droits fondamentaux
Contrairement à ces nationalistes d’exclusion, les partisans de l’Etat régulateur sont persuadés que l’intérêt collectif est toujours supérieur aux groupes de pression particuliers.
Ce n’est pas le nationalisme qui est l’avenir des peuples, ce sont des Etats dont les constitutions assurent l’intérêt général et la dignité de chacun et ceci dans le respect mutuel des Etats entre eux.
Vous n’oubliez qu’une chose ce que l’on appelle l’UMPS , c’est la connivence des libéraux entre eux et non pas une connivence droite gauche. La social-démocratie européenne en se ralliant au modèle libéral s’est faite la complice des puissances financières et de l’ordre mondial néo conservateur.
Mais la gauche continue à exister : ce n’est plus un parti mais un mouvement social à l’oeuvre aujourd’hui en Grèce , au Portugal, en Grande-Bretagne et dans beaucoup d’autres pays pour affronter les diktats de la finance internationale. Jamais les inégalités n’ont été aussi grandes en Europe et dans le monde.
Le FN n’a rien à voir avec ces mouvements sociaux même si la fille Le Pen tente de badigeonner à gauche un programme qui a pour pilier le malthusianisme identitaire.
« les
libéraux mondialistes face aux patriotes souverainistes. »
Non
cette « fracture » est un piège mortel.
Pourquoi
croyez-vous que l’UMP enfourche le cheval de bataille de la
laïcidentité nationale assortie d’une allégeance totale aux
injonctions de Washington et d’Israël sur le plan politique,
diplomatique et militaire ?
Parce
que quoiqu’on puisse croire, il n’y a pas d’opposition réelle entre
le libéralisme économique et le souverainisme patriotique. Il
s’agit plutôt d’une division du travail.
Le
libéralisme économique c’est la désignation politiquement correcte
à l’usage des « élites » du laisser-faire de la
spéculation financière qu’il faut à tout prix sauvegarder, et
surtout par tous les moyens même militaires.
Le
patriotisme souverainiste c’est l’exaltation et le détournement de
la fierté nationale vers des ennemis de « race », de
culture et/ou de religion. Ce détournement est pain-bénit pour
anesthésier une partie du peuple auquel les UMPFN font croire que l’ennemi
principal c’est l’étranger, en particulier arabo musulman, prenant prétexte d’arguments parfois justes (délocalisations, pressions sur les salaires) mais totalement pervertis par le daignostic qu’ils en font .
Le
débat aujourd’hui sur la laïcidentité nationale ne fait que
relayer la campagne de Mme Le Pen et autres zélateurs de Riposte
Laïque.
Il
est d’ailleurs tristement remarquable d’observer que l’absence de
luttes sociales au niveau national coïncide assez précisément avec
le calendrier identitaire du gouvernement et de ses alliés
d’extrême-droite.
Mais
que fait la gauche pour affronter cette coalition délétère ?