Comment peut-on opposer à Ségolène Royal les "vieux militants " manipulateurs comme si Madame Royal tombait de la dernière pluie ! Ne fait-elle pas partie depuis plusieurs dizaines d’années de ces "nourris de pouvoir" qui, de Mitterrand à Hollande ont contribué à ancrer le PS dans une logique libérale réitérée dans la dernière affirmation de principe de leur Parti.
Ce n’est pas la querelle des anciens et des modernes mais une lutte à couteaux tirés pour la prise de pouvoir en vue de l’investiture présidentielle. Tous d’accord sur le fond, de DSK à Ségolène, pour accompagner une économie de marché dont on perçoit aujourd’hui les effets dévastateurs, ils ne se séparent que sur la nature de la machine à con quérir le pouvoir.
Faut-il comme propose Ségolène un parti attrappe tout qui, en personnalisant au maximum la direction permette d’acquérir la touche de modernité le rendant fréquentable par le modem ? Ou faut-il préserver le cartel de dirigeants susceptible de gagner les alliances les plus disparates ( du PCF aux Radicaux de Gauche voire plus à droite) ?
Ce n’est certainement pas dans le cadre de ce combat de (petits) chefs que l’on pourra affronter la politique de Sarkozy et offrir une alternative au système actuel.
Les 3 raisons invoquées pour justifier la candidature Peillon sont bien peu convainquantes
1-Un bon orateur ne suffira pas à pour affronter véritablement la politique sarkozienne et chercher à con vaincre un arc qui va du centre droit au PC ne remplacera pas un programme véritablement alternatif à gauche.
2-.Sarko a montré une grande capacité à con voquer les valeurs de gauche pour masquer sa marche forcée vers un libéralisme de plus en plus inexorable. Pour le contrer il ne suffit pas de pointer ses incohérences et son impuissance à résoudre la crise, il faut mobiliser le peuple , se battre pour empêcher les "réformes" qui saccagent la solidarité et accroissent la pauvreté.
3- Enfin comment faire confiance en quelqu’un qui est passé du non au référendum au soutien d’une candidate partisan du oui et surtout qui n’a rien fait pour imposer sa promesse de campagne de ratifier le traité de Lisbonne par référendum.
Peillon serait peut-être un bon compromis à l’image du Pa rti Socialiste actuel. En aucun cas il ne constitue un espoir pour faire de ce Parti une opposition de gauche crédible et porteuse d’espoir.
Il est parfaitement légitime de s’indigner contre l’agression d’une personne et la violence exercée sur qui que ce soit doit être condamnée.
Mais pourquoi y aurait-il des communautés de personnes plus atteintes que d’autres par cette violence ?
Autant on peut considérer plus grave l’atteinte à des individus plus vulnérables de part leur âge, leur handicap, leur fonction, etc... autant il est illégitime d’établir une hiérarchie morale voire juridique entre des groupes quels que soient leurs histoires respectives.
La violence exercée sur un noir, un arabe ou sur un vietnamien justifierait tout autant une aggravation de peine si on se référe aux méfaits de l’esclavage, aux "ratonnades" ou aux massacres des deux guerres du Vietnam. Sans parler de toutes les autres victimes des guerres et des oppressions !
Pourquoi un seul peuple aurait-il l’absolution ou la compassion à priori même si son douloureux passé mérite de demeurer dans la mémoire collective afin qu’aucun peuple n’ait à subir le même traitement ?
Toutefois le réponse de Sarkozy à la grève des enseignants me paraît très inquiétante d’un autre point de vue. Le service minimum de garde des élèves est une réponse consumériste et démagogique. L’école n’est pas une garderie et ce n’est pas parcequ’on assure un service minimum qu’on se dédouane de l’exigence éducative. Dans la logique de notre président peu importe que les profs soient désormais en grève puisque les enfants sont accueillis. Mais là où il commet une grave erreur c’est que la continuité du service public d’éducation n’est en aucun cas assuré par l’accueil des élèves, il est assuré par les enseignements que tout élève et toute famille sont en droit d’exiger de l’école. Se battre pour que les élèves aient suffisamment d’enseignants, refuser un "SMIC(ulturel)" c’est bel et bien assurer véritablement la continuité du service public d’éducation.