De poncifs vulgaires en affirmations démagogiques, on renforce l’hydre du racisme qui a toujours présidé aux justifications des situations coloniales : regardez ces populations qui ne veulent pas travailler, qui associent délibérémént plaisir sexuel et manne financière sans oublier leur propension chronique au détournement de l’argent public !
On disait autrefois les peuples colonisés sont de grands enfants qui ne pourraient se débrouiller seul sans la férule éclairée des civilisateurs.
Hélas voilà un point de vue qui est toujours prêt à resurgir et contre lequel il faut toujours se battre.
Le propos de Lévi Strauss dans "Race et Histoire" est plus que jamais d’actualité : le barbare est celui qui croit en la barbarie.
Voilà comment sous couvert de rupture avec l’étatisme on aboutit à la loi du plus fort bien "aidée" par les fonctions régaliennes d’un état auquel est dévolu le tout sécuritaire !
Que les dirigeants socialistes préconisent le libre marché, ce n’est un scoop pour personne. Il suffit d’observer les diverses personnalités du PS : il ya ceux qui président aux destinées mondiales du capitalisme et du libre échange (Lamy, DSK, ATTALI, etc..., ) ceux qui n’ont pas eu à faire un grand pas pour rejoindre la majorité sarkozienne (Besson, Jouyet entre autres,) enfin ceux qui restés au PS ont rédigé une charte dont les principes ne sont rien moins que libéraux, Hollande est évidemment de ceux-là.
Mais le discours anti protectionniste récent de l’ex responsable du PS relève d’une stratégie particulière : depuis l’élection de Sarkozy et faute d’avoir un projet alternatif , Ho llande prend systématiquement et anecdotiquement le contre-pied des décisions présidentielles et gouvernementales. Soit le projet n’est pas sérieux, soit il nest pas respectueux des procédures parlementaires, tout est bon pour s’opposer à condition de ne pas vraiment affronter. L’épisode du congrès réuni pour ratifier la modification constitutionnelle pour le traité de Lisbonne est révélateur : le PS a bloqué sciemment le recours au référendum alors qu’il pouvait l’imposer.
Hollande ne surprend pas vraiment en accusant Sarkozy de protectionnisme, il continue d’être dans son rôle d’opposant platonique. Aujourd’hui il est en fait, dans son désaccord affiché contre Sarkozy, complètement d’accord avec lui-même.
Il ne faut pas confondre l’écume et la substance : le mouvement perpétuel c’est l’écume qui permet de dire que tous ceux qui s’opposent sont des ringards et qu’on a élu Sarkozy pour faire "bouger" la France !
La substance c’est la volonté de mettre la France au pas du libéralisme (de moins en mois triomphant).
Toutes les réformes substantielles (défiscalisation, réduction des charges sociales, privatisations des services publics, saupoudrage d’aides temporaires pour les pauvres et cadeaux somptueux pour les riches sont inexorablement appliquées.
Le peuple français l’a compris par le désaveu grandissant à l’égard du chef de l’Etat et surtout de sa politique. Mais quel relais véritable de la part du Politique ?
Ce n’est pas mouvement contre mouvement qu’on peut déplorer mais la complicité objective d’une opposition parlementaire incapable d’affronter la "substance sarkozienne" de démantèlement des solidarités au nom de " l’efficacité et de la modernité".
Ce n’est pas l’hystérie qui nous guette mais la complaisance et la passivité.