Malgré une introduction alléchante, l’auteur révèle la nature fondamentale de son propos : camoufler sous l’étiquette d’« anti-système » son idéologie raciste et sa peur des étrangers. Il est d’ailleurs significatif que sa seule problématique politique concerne l’immigration considérée comme le risque majeur pour la France.
Nous sommes ici en plein « choc de civilisation » pour faire oublier la réalité du système dominant : un casino planétaire qui permet de s’enrichir sans aucun état d’âme.
Les « constituants »ont loin d’avoir tort. Mais il sont victimes d’une illusion fondamentale : croire qu’une instance juridique peut instituer un pouvoir politique.
Une constitution est l’expression juridique d’un rapport de force, elle ne peut en être l’élément moteur.
Pour qu’une constitution vraiment démocratique permette au peuple d’avoir le pouvoir, il faut des circonstances historiques qui en provoquent la mise en oeuvre.
Par quel « miracle » le tirage au sort pourrait-il être décidé sans un mouvement populaire qui en prenne l’initiative ?
On ne se battra jamais pour le tirage au sort. Un peuple se bat pour une vie meilleure et c’est dans la dynamique de ce combat que surgissent des initiatives organisatrices, voire constituantes.
Croire que l’on pourra déclencher un processus révolutionnaire par le seul biais d’un chantier constitutionnel est illusoire : la constitution n’est pas le départ mais l’aboutissement du combat pour que le peuple s’approprie le pouvoir.
Enfin un commentaire sérieux sur un sujet qui a permis de faire la une des média à propos d’un ouvrage paru en 2011 dans le désintérê le plus total tant la charge de son auteure y est naïvement outrancière !
A priori cela ne peut concerner qu’une personne ou une institution qui a oeuvré pour la paix dans le monde en prévenant des conflits ou en participant à une campagne qui conduit à la paix.
L’argument que l’UE n’a pas connu de guerre depuis sa fondation est aussi dérisoire qu’affirmer que les US méritent le prix Nobel sous prétexte que les Etats de l’Union ne se sont pas tapés dessus depuis la fin de la guerre de sécession.
Si on observe au contraire la politique communautaire européenne, on s’aperçoit qu’elle n’a jamais contribué à empêcher les conflits qui n’ont cessé de se succéder depuis la fin des années quarante. Ainsi, elle est directement responsable de la guerre dans l’ex Yougoslavie. Par son adhésion non critique à l’OTAN, elle a été directement impliquée dans les guerres au Moyen-Orient et plus près de nous encore dans l’envoi de forces armées en Libye et dans le soutien des fauteurs de trouble en Syrie.
On a donné malencontreusement ce Nobel de la Paix à Obama avant qu’il ne commettent ses actes de guerre et de terreur. Au moins avait-on à l’époque le bénéfice du doute. Il n’en est évidemment pas de même pour ce prix Nobel 2012 attribué en toute connaissance de cause à l’UE.