De toutes façons, la raison d’être de Madame Fourest et de ses semblables est essentiellement de vendre de la fausse monnaie : nous imposer par une sorte de terrorisme intellectuel que tout ce qui va à l’encontre de la politique dominante de l’Empire (libéralisme économique, choc de civilisations et sionisme) est une atteinte criminelle aux droits de l’homme et à la démocratie. Etant entendu qu’elle appelle démocratie une sorte de chimère politique qui associe le culte de l’argent à celui de la terreur guerrière.
Si tout le monde est impérialiste personne ne
l’est !
Examinez les aventures militaires des dernières
décennies et vous constaterez qu’il y a un impérialisme qui
« écrase » tous les autres (au sens propre et au figuré).
Et c’est lequel d’après vous ? Vous constatez aussi que la
plupart de ces interventions avaient des fins « humanitaires » !
. 1945
et 1946 : envoi
de troupes en Chine
pour désarmer les forces de l’armée
impériale japonaise et rapatrier les ressortissants japonais
après la capitulation de ce pays6.
1946 :
Philippines
soutien au gouvernement face à une insurrection.
1986,
14 avril :
opération
El Dorado Canyon, bombardement de plusieurs centres politiques
et bases militaires en Libye,
45 morts libyens, deux pilotes américains tués suite à des
attentats anti-US en Europe.
2004 :
Haïti les
États-Unis, dans une intervention militaire et avec l’aide de la
France, chassent
le président haïtien Jean-Bertrand
Aristide du pouvoir.
Nous ne parlons pas de la même chose : je ne confonds pas les écoles artistiques avec le marché de l’art. Ce que l’on peut négocier à la FIAC n’a rien à voir avec l’ouverture dont vous parlez. Il s’agit avant tout de marqueurs sociaux dont la possession prouve l’appartenance à une élite provinciale qui englobe Qatar, New-York, Shangaï et quelques quartiers parisiens ou berlinois pour ne citer que quelques zones représentatives de ce microcosme.
Nous sommes hélas trop réduits à deux types de relation à l’art contemporain : -subir des oeuvres bidons, laides et monumentales achetées par des régions, Etats ou municipalités sans aucun avis des populations concernées. -intérioriser la culpabilité de ne pas « goûter » des objets ou des productions décrétées artistiques à proportion de leurs caractères abscons.
Relisez
un vieil ouvrage de Pierre Bourdieu, la
Distinction,
et vous aurez une clef fabuleuse pour décoder l’art conceptuel
contemporain.
Il s’agit en fait de produire le maximum
de distance par rapport au sens commun afin qu’un entre-soi qui
réunit une élite culturelle et financière auto- proclamée puisse
se constituer en arbitre exclusif de l’art et de la culture.
Plus
une « oeuvre » est opaque, décalée, disons le, laide, plus
elle sera emblématique d’un « goût » esthétique qui ne se
forge que par la séparation d’un public qui sera sommé de le
reconnaître parce que justement, il doit s’en sentir exclu. Comme si
l’art n’existait qu’en créant le rejet afin de mieux souder une
élite qui a pour seul mérite de spéculer et de s’enrichir de ce
vide et de cette insignifiance.