Mais enfin, quel délit, quel crime avait commis cette personne ? A qui faisait-elle du tort dans l’exercice de son métier ? Que deviendra notre société si on peut faire l’objet de sanction pour un délit qui n’existe pas ? Si on a la curieuse idée de légiférer sur une pièce de vêtement qui n’empêche pas l’identification, la communication et le contact direct, où s’arrêtera la lubie de certains parlementaires ? Pourquoi ne pas légiférer sur les couvre-chefs autorisés ou pas ? Pourquoi ne pas légiférer sur les habitudes alimentaires dans les cantines ? Pourquoi ne pas légiférer la pratique ou non de jeunes rituels ?
Bref, quand va-t-on délibérément basculer dans un état où le droit des gens sera remplacé par la dictature d’une façon de penser ou de croire ?
Voilà un appel qui dénote maturité et détermination. Cette lettre est certainement bien plus percutante que les discours idéologiques formatés de tous bords.
J’ai simplement envie d’ajouter un autre argument : ce qui confère de la dignité à un chef d’Etat, surtout d’une puissance comme la France, membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, c’est sa capacité à proposer des solutions diplomatiques aux questions de guerre et de paix et non sa précipitation à se lancer dans toutes les aventures guerrières souvent téléguidées.
Depuis le début de son mandat, F. Hollande est devenu sur le plan international le chef belliqueux d’une faction au lieu d’accomplir une mission d’homme d’Etat.
Souhaitons que votre lettre lui donne au moins à réfléchir.
La principale plaie de notre démocratie, ce n’est ni le mille-feuilles administratif, ni le coût des élus. C’est le statut et la fonction des élus.
On nous serine depuis une décennie que l’exercice des mandats constituent une profession et qu’il faut donc « professionnaliser » le travail des élus. Le recours à ce néologisme anglo-saxon n’est pas neutre. Si les élus sont des « professionnels », pourquoi ne voudraient-ils pas de très hauts salaires et un plan de carrière qui exclut le non-cumul des mandats. Sauf que un élu n’est pas élu pour ses diplômes ou ses compétences techniques, il est en principe élu pour exercer un mandat confié par le peuple et c’est la seule source de sa légitimité.
Arguer de la pluralité des mandats pour asseoir ses compétences n’a aucun fondement juridique ou institutionnel, il n’a même pas de fondement politique ou moral.
Le rôle d’un parlementaire est de faire les lois, non de représenter ses électeurs. Ce n’est pas pour mieux légiférer que nos députés se précipitent dès le jeudi soir dans leur circonscription mais pour être réélu.
Tant que l’exercice des mandats sera objet de convoitise et non de difficile obligation, la démocratie sera pervertie.
Même si le débat sur le tirage au sort est passionnant, il importe prioritairement de limiter à un mandat non renouvelable le parlement et les pouvoirs territoriaux.
Le concept d« ’impérialisme mahométan » est aujourd’hui tout aussi absurde que celui d’impérialisme chrétien. Le premier pays musulman de la planète, c’est l’Indonésie. Peut-on mettre aussi sur le même plan politique l’Arabie Saoudite, l’Egypte et l’Iran entre autres ?
Pour qu’il y ait impérialisme, il faut une volonté délibérée de dominer politiquement, culturellement, économiquement et militairement d’autres Etats.
Or, il existe aujourd’hui un Etat, son principal allié (Israël) et son alliance militaire (l’Otan) qui remplissent tous ces critères et qui exercent sur le monde entier menaces, sanctions économiques, extorsions de terres et guerres souvent « préventives ».
Parler donc d’impérialisme mahométan est se faire le complice idéologique de ceux qui imposent la loi du plus fort alors qu’ils se servent d’Al Quaida comme de mercenaires d’abord en Libye et aujourd’hui en Syrie.