L’intoxication médiatique à laquelle nous sommes confrontés quotidiennement n’a qu’un but, faire « avaler » un nouvel Irak, une nouvelle Libye et préfigure l’agression contre l’Iran.
Mais le pire est la réponse de Hollande à la situation actuelle. Avec ce nouveau Président la France est toujours « embedded », le peuple français est devenu l’otage de la politique de Washington. La France est prête à une nouvelle aventure militaire contre un pays qui ne la menace pas. Nous sommes embarqués dans un processus qui risque fort de provoquer infiniment plus de pertes humaines que celles que nous prétendons empêcher. Hollande vient de perdre toute chance de peser sur les enjeux internationaux, compromettant gravement le rôle international de la France . Avec lui, la France risque fort d’être réduite à la vassalité et à l’impuissance dans le jeu international.
On oublie toujours que la pire insécurité, c’est l’absence de lien social. C’est bien pour cela que ceux qui veulent développer ce sentiment comptent énormément sur la télé. Flanquer la trouille au JT est d’autant plus facile que le téléspectateur est seul, isolé ou vulnérable (âge, chômage, situation de famille, maladie...).
A l’inverse, on ne peut avoir peur des gens à qui on parle et le meilleur antidote du sentiment d’insécurité est le dialogue.
Si on faisait une enquête sur les « morts de peur », on observerait que ce sont souvent des gens qui n’ont jamais adressé la parole, ni simplement rencontré les objets de leur crainte. Ils ne les connaissent qu’à travers le prisme intentionnellement déformant de média ou de démagogues qui ont intérêt à développer un sentiment qui favorise toutes les manipulations.
Peut-on
encore à cette heure exhorter notre nouveau Président à abandonner
la figure « tutélaire » de Jules Ferry lors de son
intronisation ?
De deux choses l’une
Soit F. Hollande,
peu au fait de la biographie politique de Jules Ferry, a pensé bien
faire en se référant au symbole spinalien du fondateur de l’Ecole
Laïque. La présence de Jules Ferry dans le panthéon imaginaire de
la France républicaine et laïque est alors pour lui le meilleur
gage pour entamer son mandat dans une sorte de consensus historique
et populaire.
Soit, ce que l’on peut supposer d’un homme
raisonnablement cultivé, il connaît le parcours de cet homme et
sait pertinemment qu’il a été le champion du colonialisme fondé
sur la supériorité de la race blanche. On ne peut même pas objecter en
disant que son point de vue était en son temps totalement
consensuel.
On
peut rappeler la réponse virulente et humaniste de Clémenceau le 30
juillet 1885 à l’Assemblée
Extrait :
« [...]Je
ne comprends pas que nous n’ayons pas été unanimes ici à nous
lever d’un seul bond pour protester violemment contre vos paroles.
Non, il n’y a pas de droit des nations dites supérieures contre les
nations inférieures. Il y a la lutte pour la vie qui est une
nécessité fatale, qu’à mesure que nous nous élevons dans la
civilisation nous devons contenir dans les limites de la justice et
du droit. Mais n’essayons pas de revêtir la violence du nom
hypocrite de civilisation. Ne parlons pas de droit, de devoir. La
conquête que vous préconisez, c’est l’abus pur et simple de la
force que donne la civilisation scientifique sur les civilisations
rudimentaires pour s’approprier l’homme, le torturer, en extraire
toute la force qui est en lui au profit du prétendu civilisateur. Ce
n’est pas le droit, c’en est la négation. Parler à ce propos de
civilisation, c’est joindre à la violence l’hypocrisie. »
Bref,
que F. Hollande soit ignorant ou informé ne change rien à son
erreur : pourquoi diable a-t-il cherché comme modèle un
personnage qui ne peut que ternir symboliquement sa victoire ?