A la première : outre la compassion à l’égard des victimes, rappeler que nous sommes dans un état de droit et que la surenchère qui confine à du lynchage ne peut avoir sa place. La police doit faire son travail mais c’est à la justice de déterminer les responsabilités et non aux média ni aux politiques. Une campagne électorale n’est pas un carnaval (bien que...) et les candidats doivent avoir la décence de rappeler aux rôles de chacun.
A la deuxième : l’instrumentalisation faite, en particulier par les deux principaux candidats, est particulièrement détestable. Avoir le culot de dire qu’il faut suspendre la campagne en occupant de façon quasi permanente les media est d’autant plus déplacé que cela peut laisser la place aux pires insinuations.
C’est bien dans des circonstances semblables que l’on pourrait reconnaître un homme d’Etat d’un vulgaire politicien : jusqu’à présent les principaux impétrants ont montré leur nature ! Ils ont trouvé le tremplin pour dynamiser leur campagne.
On attend encore le versant « extérieur » de la campagne présidentielle.
Alors que la politique étrangère est dans la Constitution un domaine réservé du Chef de l’Etat, qu’en est-il de la position de Mélenchon à propos du Moyen-Orient et plus précisément de la situation en Syrie ? que préconise-t-il via-à-vis de la politique expansionniste de L’Etat israélien ? Comment se situe-t-il par rapport à la menace états-unienne contre l’Iran ?
Bref, la France demeurera-t-elle aux ordre d’un empire qui veut imposer par la force sa main-mise sur la planète ?
Quand aura-t-on une déclaration claire, quelle que soit la prise de position, sur tous ces sujets ?
Mais quoi de plus naturel que Patrick Buisson soit le spin doctor du candidat président ?
Tout le quinquennat de Sarko a été jalonné d’exhortations racistes et fascistes. Sa stratégie de clivage était le moyen d’obliger les média et l’opinion de se positionner sur des thématiques d’extrême-droite.
Il y a d’ailleurs plutôt réussi puisque tous les partis de la gauche à la droite se sont précipités, tels des chiens de Pavlov, sur ces os à ronger, exprimant par la véhémence de leurs réactions pour ou contre l’importance de ces thèmes instillés dans l’opinion pour détourner le peuple des questions importantes.
Dans les principaux média, il n’y a aucune campagne électorale sur les enjeux essentiels, la crise économique, la place et le rôle de la France dans l’Europe et dans le monde, sa participation aux « aventures » diplomatiques et militaires au Moyen-Orient.
Que disent en particulier Sarkozy, Hollande ou Mélenchon sur ce qu’est devenue la Libye et sur ce qui se joue en Syrie ?
Que disent-ils de l’avenir de l’Europe et de L’euro ?
Quant au FN, tout ce qu’il dit à propos de ces sujets est surtout cosmétique : il lui faut surtout vendre dans un emballage « révolutionnaire » ce que Buisson (ex FN) souffle à Sarko.
Je vous remercie pour cet excellent article qui a le mérite de nous délivrer par des arguments précis de deux pièges mortels (surtout pour les populations concernées).
Le premier piège est voyant mais omniprésent : c’est la version imposée dans tous les grands medias comme seule « vérité », éliminant tout débat lorsqu’on aborde la situation actuelle en Syrie, comme avait été considérée comme « délirante » la moindre esquisse de contestation des événements libyens.
Le deuxième piège, beaucoup plus sournois, consiste à isoler la « parole hérétique » dans le ghetto de complotistes d’extrême-droite. Comme si ,pour demeurer « purement » à gauche, il fallait tout d’un coup partager la thèse des agresseurs.
Cela me fait penser à la guerre du Viet-Nam : si elle avait lieu aujourd’hui, la seule volonté de manifester contre les agresseurs états-uniens serait découragée au nom de la liberté et de la démocratie.
« Un nationalisme cocardier conjugué à des revendications sociales radicales. Autrement dit, le fascisme. »
Non le fascisme ce n’est pas cela, c’est l’association structurelle entre le capital et le travail à l’aide d’un corporatisme qui permet de se prémunir de la lutte de classe.
Le fascisme a été instauré historiquement pour empêcher que des mouvements révolutionnaires communistes ne puissent renverser l’ordre social et économique.
D’ailleurs on peut observer que la famille Le Pen n’a jamais proposé de combats populaires ou de luttes sociales. Le FN est une machine démagogique qui n’attend qu’une chose, des électeurs pour prendre le pouvoir.
Le FN est un appareil destiné à capter un courant populaire protestataire pour l’enrôler dans un combat qui concerne prioritairement une base électorale traditionnellement sécuritaire, xénophobe (surtout contre les Arabes) et fortement opposée au gaspillage qu’occasionnent la fonction publique et les services associés.