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Elisa

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Tableau de bord

  • Premier article le 29/07/2010
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Derniers commentaires



  • Elisa 29 avril 2012 12:44

    Je ne raffole pas des « copiés-collés » mais je ne peux manquer celui-là pour démontrer ce qu’est la conviction de gauche par un discours qui dit l’essentiel sur ce sujet.

    Je  ne suis pas, Messieurs, de ceux qui croient qu’on peut supprimer la souffrance en ce monde, la souffrance est une loi divine, mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère. Remarquez-le bien, Messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. La misère est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain ; la misère peut disparaître comme la lèpre a disparu. Détruire la misère ! Oui, cela est possible ! Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n’est pas le fait, le devoir n’est pas rempli.

    La misère, Messieurs, j’aborde ici le vif de la question,  voulez-vous savoir où elle en est, la misère ? Voulez-vous savoir jusqu’où elle peut aller, jusqu’où elle va, je ne dis pas en Irlande, je ne dis pas au moyen-âge, je dis en France, je dis à Paris, et au temps où nous vivons ? Voulez-vous des faits ?

    Mon Dieu, je n’hésite pas à les citer, ces faits. Ils sont tristes, mais nécessaires à révéler ; et tenez, s’il faut  dire toute ma pensée, je voudrais qu’il sortît de cette assemblée, et au besoin j’en ferai la proposition formelle, une grande et solennelle enquête sur la situation vraie des classes laborieuses et souffrantes en France. Je voudrais que tous les faits éclatassent au grand jour. Comment veut-on guérir le mal si l’on ne sonde pas les plaies ?

    Voici donc ces faits :

    Il y a dans Paris, dans ces faubourgs de Paris que le vent de l’émeute soulevait naguère si aisément, il y a des rues, des maisons, des cloaques, où des familles, des familles entières, vivent pêle-mêle, hommes, femmes, jeunes filles, enfants, n’ayant pour lits, n’ayant pour couvertures, j’ai presque dit pour vêtements, que des monceaux infects de chiffons en fermentation, ramassés dans la fange du coin des bornes, espèce de fumier des villes, où des créatures humaines s’enfouissent toutes vivantes pour échapper au froid de l’hiver. Voilà un fait. En voici d’autres : Ces jours derniers, un homme, mon Dieu, un malheureux homme de lettres, car la misère n’épargne pas plus les professions libérales que les professions manuelles, un malheureux homme est mort de faim, mort de faim à  la lettre, et l’on a constaté après sa mort qu’il n’avait pas mangé depuis six jours. Voulez-vous quelque chose de plus douloureux encore ? Le mois passé, pendant la recrudescence du choléra, on a trouvé une mère et ses quatre enfants qui cherchaient leur nourriture dans les débris immondes et pestilentiels des charniers de Montfaucon !

    Eh bien, messieurs, je dis que ce sont là des choses qui ne doivent pas être ; je dis que la société doit dépenser toute sa  force, toute sa sollicitude, toute son intelligence, toute sa volonté, pour que de telles choses ne soient pas ! Je dis que de tels faits, dans un pays civilisé, engagent la conscience de la société toute entière ; que je m’en sens, moi qui parle, complice et solidaire, et que de tels faits ne sont pas seulement des torts envers l’homme, que ce sont des crimes envers Dieu !

    Voilà pourquoi je suis pénétré, voilà pourquoi je voudrais pénétrer tous ceux qui m’écoutent de la haute importance de la proposition qui vous est soumise. Ce n’est qu’un premier pas, mais il est décisif. Je voudrais que cette assemblée, majorité et minorité, n’importe, je ne connais pas, moi de majorité et de minorité en de telles questions ; je voudrais que cette assemblée n’eût qu’une seule âme pour marcher à ce grand but, à ce but magnifique, à ce but sublime, l’abolition de la misère !

    Et, messieurs, je ne m’adresse pas seulement à votre générosité, je m’adresse à ce qu’il y a de plus sérieux dans le sentiment politique d’une assemblée de législateurs ! Et à ce sujet, un dernier mot : je terminerai là.

    Messieurs, comme je vous le disais tout à l’heure, vous venez avec le concours de la garde nationale, de l’armée et de toutes les forces vives du pays, vous venez de raffermir l’Etat ébranlé encore une fois. Vous n’avez reculé devant aucun péril, vous n’avez hésité devant aucun devoir. Vous avez  sauvé la société régulière, le gouvernement légal, les institutions, la paix publique, la civilisation même. Vous avez fait une chose considérable... Eh bien ! Vous n’avez rien fait !

    Vous n’avez rien fait, j’insiste sur ce point, tant que l’ordre matériel raffermi n’a point pour base l’ordre moral consolidé ! Vous n’avez rien fait tant que le peuple souffre ! Vous n’avez rien fait tant qu’il y a au-dessous de vous une partie du peuple qui désespère ! Vous n’avez rien fait, tant que ceux qui sont dans la force de l’âge et qui travaillent peuvent être sans pain ! tant que ceux qui sont vieux et ont travaillé peuvent être sans asile ! tant que l’usure dévore nos campagnes, tant qu’on meurt de faim dans nos villes tant qu’il n’y a pas des lois fraternelles, des lois évangéliques qui viennent de toutes parts en aide aux pauvres familles honnêtes, aux bons paysans, aux bons ouvriers, aux gens de cœur ! Vous n’avez rien fait, tant que l’esprit de révolution a pour auxiliaire la souffrance publique  ! Vous n’avez rien fait, rien fait, tant que dans cette œuvre de destruction et de ténèbres, qui se continue souterrainement, l’homme méchant a pour collaborateur fatal l’homme malheureux ! »

    Victor Hugo « discours sur la misère » à l’Assemblée Nationale le 9 juillet 1849

    *



  • Elisa 24 avril 2012 21:23

    Cet appel a une manifestation pour le vrai travail a une connotation historique tout-à-fait fâcheuse : notre inculte (ex) Président, sûrement inspiré par Gaino, veut-il marcher dans les traces du corporatisme fasciste ?

    Il est tellement obsédé par la captation des voix de Madame Le Pen qu’il est prêt à endosser les habits de Pétain pour contrer la tradition ouvrière et syndicaliste.

    Nous vivons aujourd’hui un véritable naufrage idéologique. Mais Sarkozy n’a pas lui l’excuse de l’âge !



  • Elisa 22 avril 2012 14:29

    D’autant plus d’accord avec ce commentaire que chaque fois on nous fait le même scénario : au deuxième tour Mélenchon va demander de voter pour Hollande et convaincre des mérites du « pacte républicain ».

    Et si la fille Le Pen affrontait Sarkozy au second tour, il faudrait voter Sarkozy !

    Cette logique électoraliste continue à évacuer le nécessaire affrontement au capitalisme, lui substituant une compromission perpétuelle avec lui . Et plus encore, cette pratique du « moins pire » aboutit inexorablement à la décrédibilisation d’une alternative à gauche.



  • Elisa 21 avril 2012 16:16

    PS
    Pour compléter l’article et ce commentaire, on peut visionner ce film sur le site de Pierre Carles.
    La partie qui débute à partir de 50’ environ en est une magistrale illustration.
    http://www.pierrecarles.org/



  • Elisa 20 avril 2012 17:49

    Excellent article qui résume bien le degré de connivence atteint par les « mainstream ».

    L’égalité du temps de parole des candidats, c’est du cerveau disponible amputé . Autant dire c’est un hold-up de l’attention des citoyens, un dévoiement du public, un manque à gagner scandaleux dans le commerce de la pensée dominante et un déficit pour leur entreprise à décerveler.

    Ces prétendus journalistes ont même la naïveté de le dire explicitement. Dans les grands média audiovisuels, les journalistes et invités complaisants ont gémi sur l’impossibilité de débattre face à une règle aussi scandaleuse. Oubliant que durant les mois qui ont précédé l’égalité, les « débats » organisés sur les plateaux mettaient rarement en présence des points de vue différents.

    Si vous avez eu la malencontreuse idée de regarder (jusqu’au bout) des épisodes de « C dans l’air », vous avez pu observer que les interminables échanges sur le plateau ressemblaient plus à des ronds de jambe qu’à des polémiques affutées.

    D’ailleurs dès qu’on évoque un sujet critique, la crise de l’euro, la situation au Moyen-Orient, etc..., on convoque des experts qui curieusement abondent tous dans le même sens, puis on s’aperçoit que ces dits-experts émargent dans les grands groupes financiers ou dans des officines diplomatiques proches de l’OTAN.

    Les « mainstreams » qui nous font à longueur d’éditos l’éloge de la démocratie sont en fait des machines à évacuer la contradiction . Ce que d’aucuns appellent la « démocratie apaisée » est l’aboutissement rêvé d’un processus de suppression de véritable débat : elle sera atteinte lorsque tous les citoyens se rendront à l’évidence des experts et n’auront à choisir qu’entre des alternatives dérisoires.

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