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Éric Guéguen

Éric Guéguen

Le monde actuel en 20 penseurs :
 
Platon - Aristote - Lucrèce - Farabi - La Boétie - Montaigne - Spinoza - Rousseau - Hegel - Tocqueville - Nietzsche - Ortega y Gasset - Polanyi - Strauss - Arendt - Vœgelin - Villey - Dumont - MacIntyre - Lasch
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« Le citoyen typique, dès qu’il se mêle de politique, régresse à un niveau inférieur de rendement mental. Il discute et analyse les faits avec une naïveté qu’il qualifierait sans hésiter de puérile si une dialectique analogue lui était opposée dans la sphère de ses intérêts réels. Il redevient un primitif. Sa pensée devient associative et affective. »
 
(Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, Quatrième partie, XXI, 3 (p.346)).
 
Contact : [email protected]
Le Miroir des Peuples, éditions Perspectives Libres, 2015

Tableau de bord

  • Premier article le 14/08/2012
  • Modérateur depuis le 01/12/2012
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Derniers commentaires



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 18 septembre 2012 23:08

    Encore une fois ce que vous dites est très intéressant.
    Je suis en train d’écrire un livre et figurez-vous que je comptais intituler l’un de mes chapitres Eros, Agape et Philia. Soit trois rapports différents à l’amour. Et ma préférence va à la philia qui s’accorde peut-être mieux à l’ensemble des hommes, s’intercalant entre le premier, charnel, bestial, et le deuxième, mystique et divin. Mais sûrement n’êtes-vous pas tout à fait d’accord sur ce point.

    Tout ceci est amusant car on me reproche souvent un certain « pessimisme ». Bref, pour finir, j’aimerais juste revenir sur votre remarque au sujet de notre maître-mot, la « liberté ».
    Je me contenterai simplement de dire ce qu’est, à mes yeux, un esprit libre (ce que je m’efforce d’être avant tout). Un esprit libre est :

    - Humble : tel Socrate, il sait pertinemment que ce qu’il sait n’est rien au regard de ce qu’il est possible de savoir ;

    - Courageux : car il n’hésite pas à aller parfois au rebours de la pensée commune, ce qui est bien difficile à notre époque, mais non en tant que posture, simplement en en faisant abstraction ;

    - Patient : il est des jours où l’on a l’impression de se perdre dans un savoir artificiel... ;

    - Curieux : en effet, sans curiosité - le meilleur des défauts - comment apprendre de tout ce qui nous entoure ? ;

    - Probe : car la corruption annule ipso facto les quatre qualités susmentionnées.

    Au-delà de ça, la liberté reste contingente, puisqu’il nous faut répondre à certaines nécessités, en tête desquelles celle de se sustenter chaque jour que Dieu fait.

    À vous lire...
    EG

    PS : Comment vous faire parvenir ma prose ? Peut-être celle-ci vous intéressera-t-elle !



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 18 septembre 2012 15:32

    Oui, j’ai une vision un peu différente des choses, peut-être parce que je m’appuie moins que vous sur la religion pour penser les choses, peut-être aussi parce que je suis de culture catholique. Quoi qu’il en soit, vous avez raison de dire qu’il faut pousser les gens pour obtenir le meilleur d’eux-mêmes ; leur pente est toujours celle du moindre effort. Le bémol que j’ajoute est simplement que certains, eux, n’ont besoin de rien pour prendre conscience de la nécessité des liens sociaux. Ainsi, malgré sa capacité à s’autogouverner, cette minorité se voit assujettie aux lois qui gouvernent le grand nombre. D’où l’équation : plus d’égalité (ou de conformisme) = moins de libertés.

    Je suis croyant également, et malgré tout, comme vous le voyez, je ne crois pas à l’égalité des êtres, j’entends la même capacité à s’adapter, à apprendre, à se comporter, etc. Je ne me range absolument pas dans la catégorie des « autogouvernés », mais je m’emploie chaque jour à faire tout pour y parvenir, de sorte que l’image que je me fais du « citoyen-modèle » soit pour moi comme une asymptote, c’est-à-dire un élément de transcendance. Mais à chacun d’user des métaphores dont il a besoin, l’essentiel étant qu’il existe – j’en suis convaincu – des choses qui se rangent sous la catégorie des absolus (même au plan moral), que ces « absolus » incommodent l’époque moderne comme autant de résurgences d’un passé honni, et qu’il me paraît manifeste et puéril que si notre époque fuit ces absolus, et toute transcendance en générale, c’est parce qu’elle a trop pris l’habitude de s’en remettre au relatif, au subjectif, à ce qui a mille et un sens, c’est-à-dire aucun en définitive.



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 17 septembre 2012 23:58

    ... et j’ajouterais pour finir que si nous sommes tenus de tant légiférer, c’est parce que nous avons renoncé à distinguer les bergers du troupeau dans un souci égalitariste. Nous voilà donc condamnés aux lois et à la morale au rebours d’une éthique de la responsabilité devenue inaccessible au grand nombre.
    Mais il est tard et je crains de n’être plus très clair dans mes propos... smiley



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 17 septembre 2012 23:24

    Je prends bonne note de votre remarque. C’est en effet un point sur lequel nous sommes en léger désaccord.
    Pour ma part, je serais moins « pessimiste » que vous semblez l’être, si je puis dire. Je pense que la nature humaine nous offre la variété, qu’elle n’est en soi ni bonne ni mauvaise et que la plupart des êtres sont sourds aux besoins du prochain tant qu’on ne les pousse pas un peu. Aux extrêmes, cette nature humaine nous gratifie également, il me semble, d’êtres pervers et vils (minoritaires) ainsi que d’êtres, au contraire, profondément bons et enclins « naturellement » à venir en aide à autrui avant que de penser à soi (mais minoritaires également).

    Je fais, en somme, le « pari » de la diversité qui s’assume et prend acte de la générosité ayant du mal à se faire entendre dans une gangue d’égoïsme et de lâcheté, pour reprendre vos propres termes. Et même si, parfois, il doit recourir à certains artifices comme la religion pour pallier le fait qu’il soit devenu Homo Œconomicus (ce qu’un Jean Robin à beaucoup de mal à comprendre, par exemple...) et susciter en lui-même de l’intérêt pour son prochain, je crois, il est vrai, en la force d’âme de l’être humain, voire en des êtres... allez, entre nous lâchons le mot... « supérieurs », j’entends par là d’individus plus « humains » que la moyenne, races, sexes, âges et religions confondus.

    Mon dernier article est paru ce matin. Bonne nuit !



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 17 septembre 2012 11:13

    Moi aussi...

    Merci à vous.

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