Certes, beaucoup de politiciens quel que soit leur bord, ont des relations avec des gens dans les affaires etc et c’est même indispensable pour moi.
La question est de savoir à quelles fins, personnelles ou pour le bien du pays ? J’ai cité La Boétie, va-t-on encore lire « mais Machin fait de même ou a fait de même ? ». Discours stérile permettant de se dédouaner et on peut remonter ainsi bien avant La Boétie. C’est maintenant que cela doit commencer à changer, à chacun d’être vigilant parce que quand notre élu nous trompe pour son compte, avec notre assentiment, cela s’appelle complicité, du moins moralement. L’âme humaine est ainsi faite qu’on ne lit La Boétie, comme bien d’autres auteurs, que comme si ça ne visait que les « autres ». Je le constate sur la plupart des sites, dans la plupart des medias. Cette mascarade ne s’arrêtera que lorsque chaque citoyen prendra ses responsabilités. Ce qui va être encore long, très très long pour la simple raison qu’il est plus facile de dire : « puisque les autres le font pourquoi pas moi ? ». Ego echo...
"(...) Ce ne sont pas les armes qui défendent un tyran, mais toujours (on aura peine à le croire d’abord, quoique ce soit l’exacte vérité) quatre ou cinq hommes qui le soutiennent et qui lui soumettent tout le pays. Il en a toujours été ainsi : cinq ou six ont eu l’oreille du tyran et s’en sont approchés d’eux-mêmes, ou bien ils ont été appelés par lui pour être les complices de ses cruautés, les compagnons de ses plaisirs (...)
Ces six en ont sous eux six cents, qu’ils corrompent autant qu’ils ont corrompu le tyran. Ces six cents en tiennent sous leur dépendance six mille, qu’ils élèvent en dignité. Ils leur font donner le gouvernement des provinces ou le maniement des deniers afin de les tenir par leur avidité ou par leur cruauté, afin qu’ils les exercent à point nommé et fassent d’ailleurs tant de mal qu’ils ne puissent se maintenir que sous leur ombre, qu’ils ne puissent s’exempter des lois et des peines que grâce à leur protection. Grande est la série de ceux qui les suivent. Et qui voudra en dévider le fil verra que, non pas six mille, mais cent mille et des millions tiennent au tyran par cette chaîne ininterrompue qui les soude et les attache à lui (...) Au dire des médecins, bien que rien ne paraisse changé dans notre corps, dès que quelque tumeur se manifeste en un seul endroit, toutes les humeurs se portent vers cette partie véreuse. De même, dès qu’un roi s’est déclaré tyran, tout le mauvais, toute la lie du royaume, je ne dis pas un tas de petits friponneaux et de faquins qui ne peuvent faire ni mal ni bien dans un pays, mais ceux qui sont possédés d’une ambition ardente et d’une avidité notable se groupent autour de lui et le soutiennent pour avoir part au butin et pour être, sous le grand tyran, autant de petits tyranneaux (...) Le laboureur et l’artisan, pour asservis qu’ils soient, en sont quittes en obéissant ; mais le tyran voit ceux qui l’entourent coquinant et mendiant sa faveur. Il ne faut pas seulement qu’ils fassent ce qu’il ordonne, mais aussi qu’ils pensent ce qu’il veut et souvent même, pour le satisfaire, qu’ils préviennent ses propres désirs. Ce n’est pas le tout de lui obéir, il faut encore lui complaire ; il faut qu’ils se rompent, se tourmentent, se tuent à traiter ses affaires, et puisqu’ils ne se plaisent qu’à son plaisir, qu’ils sacrifient leur goût au sien, qu’ils forcent leur tempérament et dépouillent leur naturel. Il faut qu’ils soient attentifs à ses paroles, à sa voix, à ses regards, à ses gestes : que leurs yeux, leurs pieds, leurs mains soient continuellement occupés à épier ses volontés et à deviner ses pensées. Est-ce là vivre heureux ? Est-ce même vivre ? Est-il rien au monde de plus insupportable que cet état, je ne dis pas pour tout homme de coeur, mais encore pour celui qui n’a que le simple bon sens, ou même figure d’homme ? (...)"
LA BOETIE (1530-1563)
CONTR’UN ou LE DISCOURS SUR LA SERVITUDE VOLONTAIRE
A noter que je n’ai pas parlé de royauté mais informez-vous car vous retardez d’au moins deux siècles.
Signé : une Belge du Royaume de Belgique, une monarchie... consitutionnelle.
Je reviens à l’article :
« Le grand secret de venir à bout de tout consiste dans l’art de savoir mettre la division à propos » : Stratégie de campagne que Sarkozy a appliquée... au peuple qui n’a rien venu venir excepté quelques personnes (on les trouvera aisément en recherchant leurs écrits datés sur l’un ou l’autre site).
Le PS s’en remettra. Je souhaite la même chose à la France et ses citoyens.