Il faut en effet rajouter l’absolue nécessité de la réinstauration du Glass-Steagall rooseveltien à l’échelle globale, dans le cadre d’un nouveau Bretton Woods (parités fixes). Sans quoi l’émission de crédit productif public (loi de 73) ne servirait pas à grand chose.
Après le samedi 22 janvier, beaucoup de choses risquent, espérons-le, de basculer enfin.
Vous dites : « mais dénoncer est d’abord nécessaire. sinon, on fait quoi ? on s’assoit et on rumine en silence ? »
Vous dites : "Est-ce parce que les choses sont su et reconnu qu’il faut ne plus les évoquer ?
Certes, si vous jugez que dénoncer ne suffit pas, alors je vous
dirais que critiquer ce que les autres tentent de dire et/ou de rappeler
ne suffit pas non plus !
Proposez vous même !«
Tout d’abord, pour éviter tout malentendu dans le dialogue, soyez sûr que ma critique de »dénoncer ne suffit pas« n’étais pas dirigée contre l’article en question ni contre l’auteur, mais était une critique d’ordre général.
Ensuite, pour répondre au »proposez vous-même !« , c’est exactement ce que j’ai fait dans ma dernière réponse, en évoquant le Glass-Steagall. Je m’explique.
Le Glass-Steagall Act est la loi qu’instaura Roosevelt en 1933 et la France en 1945 sur la proposition du Conseil National de la Résistance. Cette loi rend nulle et non avenue toute dette fictive adossée sur des produits spéculatifs. En d’autres termes, lorsque le Glass-Steagall fut adopté aux USA lors de la Grande Dépression, puis en France à la Libération, toute notion de »dette« adossé à toute activité spéculative, que nos pays étaient sensés devoir aux intérêts privés qui avaient organisé l’austérité, puis la guerre, fut annulée d’un seul coup. Pour découvrir le contexte politique dans lequel cela se fit, je vous recommande »The Hellhound of Wall Street« par M. Perino. Hélas uniquement en anglais pour l’instant.
Le Glass-Steagall, que ce soit aux Etats-Unis ou en France, permit de purger entièrement le terrain économique pour instaurer le principe de l’émission de crédit productif. Ce principe fut instauré pour la première fois au monde par Alexander Hamilton lors de la guerre d’indépendance envers ce qui s’appelait à l’époque l’empire britannique et qui s’appelle aujourd’hui Wall Street, dont la maison-mère est (toujours) à Londres.
Et pour finir de mettre cet empire britannique à genoux, fut organisée par Franklin Roosevelt la conférence de Bretton Woods, dont le but était de tuer dans l’oeuf l’idée même que la spéculation puisse influer d’une quelconque manière sur la vie économique d’une quelconque nation, chose que seule permet l’instauration de parités fixes entre monnaies : à condition d’en défendre le principe, il devient ainsi impossible de gagner des jetons de casino en spéculant sur des monnaies dans le cas où les taux seraient flottants. Ce dernier processus n’a comme unique objectif, on commence à s’en rendre compte aujourd’hui, que d’empêcher tout développement où que ce soit. Il s’agit d’un fatalisme qui conduit, in fine, à penser la rengaine que »certaines vie
humaines ne valent la peine d’être vécues et que de toute façon on n’a
ni les moyens, ni les ressources pour que chaque personne puisse vivre
dignement". Il s’agit de l’idéologie libérale-malthusienne
imposée par les idéologues de l’Empire britannique –
les Malthus, Darwin, Bertrand Russell, Julian Huxley, H.G. Wells, Adam
Smith, Jeremy Bentham.
Ce que j’ai proposé dans mon dernier message : Glass-Steagall + Crédit productif public + nouveau Bretton Woods est su, connu et reconnu en France depuis 1995 comme étant l’inéluctable solution à mettre en place au niveau international pour en finir avec la domination d’intérêts privés sur l’économie mondiale, sans quoi ce sera l’enfer sur Terre pendant les deux à trois générations à venir.
Je dis 1995, car c’est lors des élections présidentielles de cette année-là que le candidat Jacques Cheminade a dit tout cela sur les plateau télévisés. Dire la vérité lui a coûté cher, puisque Roland Dumas, validant les comptes de Balladur et Chirac qui avaient explosé les plafonds de financement de campagne, a invalidé ceux de M. Cheminade - à tort, sinon je ne l’évoquerais même pas - le ruinant civilement. Mais il en aurait fallut plus pour détruire un courant d’idée, dont l’existence remonte à 2.500 ans. D’ailleurs, lorsque la crise fut officiellement là, à l’automne 2008, c’est Jacques Cheminade que la diplomatie française fit intervenir sur la chaine diplomatique française, France24, pour parler... de la mise en place d’un nouveau Bretton Woods.
Vous dites : "Je voulais dire éclairant dans le sens d’une mise à jour des pratiques
toujours plus révoltantes de nos « élites » et de notre gouvernement, de
leur facilité à brader notre patrimoine, à ne servir que leurs intérêts
et ceux de leurs amis....«
De 1945 à 1971, grâce à la fois au Glass-Steagall français, à l’émission de crédit productif public et à des taux de change fixes entre pays, la France (et les parties prenantes à Bretton Woods) a pu améliorer les conditions de vie de la population. La question d’une dette envers des intérêts privés ne se posait pas. Ca, c’est su, connu et reconnu.
Aujourd’hui, »mettre à jour des pratiques révoltantes de notre gouvernement, brader notre patrimoine et servir« les intérêts financiers, sans mettre l’accent sur ce qui permettrait de mettre ces traîtres à genoux - alors que notre propre histoire récente nous donne l’exemple - je trouve effectivement cela »obscurcissant", au sens d’un obscurantisme par omission, qui empêche - par ce qu’on ne l’évoque pas - de mettre en oeuvre ce qui peut sauver.
Quand on sait que tout le monde connaît la solution pour effacer d’un trait toutes les dettes de jeu du système bancaire, un tel article n’apporte rien, à part d’alimenter la colère du peuple... ce qui fait « leur » jeu.