@Jean-Pierre Castel : Autre argument, la musique classique. N’est-ce pas la seule musique qui s’écarte de la ritournelle qui tourne en boucle ? Par exemple : prenez la Messe en Si mineur de Bach.
Que la monarchie ait cherché à faire refluer la féodalité, c’est une évidence. C’est d’ailleurs à cela que l’on doit la création de l’état, et aussi la création d’une nouvelle noblesse (la noblesse de robe). Cela permettait d’harmoniser les lois.
Cependant, mettre la destitution du Roi sur le compte de la bourgeoisie industrielle me semble faux. Prenez « Étienne Marcel », le prévôt des marchands de Paris. Il n’est pas un industriel, mais il est un commerçant qui importe des draps de Flandres et du Braban. C’est toujours le même principe : Jouer sur le différentiel des prix entre deux zones économiques. C’est de la spéculation. Étienne Marcel se mariera à la fille du Banquier Pierre des Essarts.
Les grandes fortunes ne sont font pas par l’industrie, mais par la spéculation et le commerce...
@Jean-Pierre Castel Quand on regarde la théorie des causes d’Aristote, la cause n’est pas conçue du point de vue physique, c’est-à-dire dans le temps, mais du point de vue logique (« lien logique nécessaire qui rattache, ou devrait rattacher la conclusion aux prémisses d’un syllogisme »).
Un rapide coup d’oeil à l’étymologie de conséquence, montre que dès 1253, le substantif conséquence est connu pour avoir été utilisé dans le sens moderne [« suite qui entraîne un fait, une action » (P. de Fontaines, Conseil ds Gdf. Compl.) ;] ; cependant que ce sens coexiste avec le sens logique [1269-78 « lien logique nécessaire qui rattache, ou devrait rattacher la conclusion aux prémisses d’un syllogisme » (J. de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 12110)]
Voyez comme le péché est la cause et comme la punition divine est la conséquence en christianisme. Voyez comme le monde a un début et une fin. La fin, chez Aristote, n’est-il pas la raison d’être plutôt qu’un aboutissement ? Voyez comme les évangiles suivent une progression linéaire et sont chacun ordonnés de la naissance du christ à sa mort en croix. Comparez avec le Coran qui est ordonné de la plus longue strophe à la plus courte...
Enfin, disons que pour l’absence de compréhension de la succession temporelle en Grèce, je me base sur l’affirmation faite ici, dans ce lien que je vous avez déjà posté. Je vous cite l’extrait page 259 :
« Rappelons que, dans la pensée grecque, la cause finale précède seulement logiquement (et non temporellement) sa conséquence, c’est à dire sa propre réalisation (entéléchie). La base de la dynamique Grecque est l’apparition et la disparition. Les choses sont apparues et peuvent durer, mais elles ne peuvent pas se changer. On ne peut pas séparer temporellement la « cause finale » de l’ « objet ». Chez Fermat, la séparation de la cause et de la conséquence dans le domaine temporel représente donc une rupture totale et définitive avec la causalité grecque. »
Ceci indique bien qu’il y a eu une innovation majeure en occident par rapport à l’antiquité grecque ; que celle-ci est de modéliser le monde physique dans l’ordre de la succession temporelle. Or, cette conception linéaire du temps est précisément le propre du christianisme...
@Gollum : je suis un enfant et ça ne gêne pas du tout de le rester éternellement. Je ne veux pas être adulte. Si je le paraît parfois, ce n’est qu’apparence. Dans ma tête, je reste d’abord un enfant.
Moi j’ai été élevé dans un contexte résolument athée. Mais cela ne m’a pas épargné les complexes. C’est dû à l’éducation et à la position de soumission durant l’enfance, qui exerce une certaine violence morale : fait ceci, fait pas cela, soit comme-ci, soit pas comme-ça... Donc, à mon avis, il n’y a pas moyen d’éviter ceci au sortir de l’enfance.
Après l’enfance, l’on maintient le même fonctionnement. Soit on l’intègre en soi, et c’est l’ésotérisme. Il maintient cet asservissement en soi mais par soi-même : une partie en soi dit à l’autre partie en soi : fait ceci, fait pas cela, soit comme-ci, soit pas comme-ça. L’exotérisme, au contraire dit voilà les règles, en te les mettant sous le nez, suit-les et tu seras toi.
Sexualité :
Le christianisme n’est pas contre la sexualité, ce n’est pas le stoïcisme. Le christianisme indique que pour accéder à la sexualité, il faut le faire dans les règles, qui sont l’engament d’une union préalable (mariage). Cela se justifie, car il ne faudrait pas que des hommes fassent des enfants à des femmes et se taillent en courant. Donc la sexualité n’est pas un péché en soi, elle doit se faire en bon ordre, car elle produit la vie.
Aucun parent, chrétien ou non, ne souhaiterait que son fils aille baisouiller à gauche à droite, vu les conséquences potentielles. Ce n’est pas un acte anodin.
Pour la réalité paradoxale : Cette ambivalence correspond en effet bien à la mentalité produite par l’ésotérisme, la scission de l’esprit que cela engendre, a déjà préparé l’esprit au maintien des paradoxes en l’état
Il est normal que cette façon de voir les sciences émergeât à une époque ou l’ésotérisme était en plein développement, avec le reflux du christianisme.
Il est donc normal que vous, amateur d’ésotérisme, ayez une affection particulière pour la quantique.
Toute religion prétend apporter une vérité, ce n’est pas propre au monothéisme...
Mais l’idée de création divine n’est pas gênante pour la science. En effet, nous ne sommes pas vraiment en mesure de prouver le passé, car il est révolu (à moins de considérer que le temps soit cyclique). Or, la science ne peut que s’appuyer sur des expérimentations reproductibles. Donc, les spéculations sur un passé révolu ne sont pas scientifiques. Et donc l’idée de création divine ne gène en rien la vraie science, celle basée sur les expérimentations reproductibles.
C’est aussi que le christianisme sait distinguer le monde surnaturel (le ciel), où il n’y a ni l’espace ni le temps d’ici-bas et qui concerne notre esprit (notre esprit étant potentiellement immortel, le temps n’a pas de prise sur lui), d’avec le monde naturel (ici-bas), où il y a l’espace et le temps.
Le christianisme a d’abord un effet sur notre esprit, il est d’abord surnaturel. Si l’on veut juger l’effet du christianisme sur la science, il faut d’abord juger son effet sur l’esprit.
Oui, le temps linéaire est bien ce qui caractérise la révolution scientifique classique, où la logique du monde s’inscrit rigoureusement dans le temps, la cause toujours placée à priori de la conséquence du point de vue temporel, et la conséquence toujours placée à postériori de la cause du point de vue temporel.
Cela, ce n’est pas les grecs qui l’ont pensé, mais cela est venu naturellement par le christianisme. En fait, la notion de cause a totalement changée entre-temps.
Maintenant, si tu considères que l’idée que la cause précède temporellement la conséquence ne fût pas favorable à la science en général, sache que cela n’est pas mon avis, car je trouve que cela permet de penser les phénomènes en bon ordre.
A priori, je ne vois pas de raison de dire qu’il y a équivalence entre le 0 et l’infini, ce n’est pas logique pour moi (mais faites moi une expérience factuelle pour me prouver le contraire). Je ne vois pas non plus le lien entre une échelle arithmétique et une échelle logarithmique : plus correct serait de dire qu’une suite de multiplications (progression géométrique) peut être transformée en une suite d’addition (progression arithmétique) par le truchement de la fonction logarithme. Mais multiplier est différent d’additionner.
Oui, le christianisme est le fruit de la rencontre répétée entre les hébreux et les grecs. Il a recueilli en son sein le meilleur des civilisations antiques du pourtour méditerranéen. Il contient en lui-même 3500 ans de philosophies, empruntées à toutes les nations. Toute personne un peu curieuse devrait s’y pencher sérieusement et aller au-delà des stéréotypes qui sont colportés à son sujet. Notre langue elle-même en est directement issue.