De la haine, c’est beaucoup dire, de l’indifférence, c’est certain.
Je trouve en effet que la production littéraire des philosophes des lumières a plus à voir avec le néant qu’autre chose.
Qui les lit encore ? Sont-ils mêmes encore édités ? Les D’Holbach, de La Mettrie, Hélvétius, Fontanelle, Condillac, Condorcet, Diderot, Bayle, quelle place ont-ils dans l’histoire de la philosophie et des sciences ? Aucune...
Il n’y a guère que D’Alembert qui laisse quelque chose dans l’histoire des mathématiques et de la physique. C’est manifestement une génération ratée. Des beaux-parleurs, certes, mais particulièrement creux.
Dès qu’il faut se pencher sur l’histoire des concepts, on se réfère soit à l’antiquité, soit aux penseurs du XVIIème. Voltaire ne fait rien d’autre que détruire, ce qui aboutit par prolongement au nihilisme de Nietzsche.
Voltaire est un déconceptualisteur. Faire un ouvrage, une oeuvre, cela consiste d’abord à construire. Voltaire détruit beaucoup, mais ne construit rien.
Lire les pérégrinations de Socrate est immédiatement compréhensible par tous (même s’il faut réfléchir). Les ouvrages de Platon sont intemporels, c’est une véritable oeuvre.
Mais pour lire le Candide de Voltaire et comprendre son sens, il faut se référer à de multiples évènements du contexte de l’époque, ce qui exige une multitudes de notes de bas de page. Sans celles-ci, on y comprendrait rien.
C’est un ouvrage qui a du sens dans le contexte de l’époque, par rapport aux idées de l’époque.
Par conséquent, le Candide de Voltaire n’est pas intemporel, mais contextuel. Il n’est donc pas une oeuvre.
Enfin bon, quand on fait mention de la noossphère, c’est que l’on fait référence au démiurge du Timée de Platon (le noos qui organise le chaos originel). C’est ce que l’on appelle de la Gnose.
Or il n’y a pas, en christianisme, ce dualisme gnostique, Dieu crée tout l’existant par sa parole (pas de chaos originel, tout est créé ex-nihilo).
Donc, il n’y a rien d’étonnant à ce que Teillard de Chardin fut considéré comme hérétique au Vatican...
De mon point de vue, la pensée grecque a de gros défauts, en particulier cette fâcheuse tendance à élaborer de grands systèmes idéologiques. La pensée Grecque est sensible à l’essence des choses et recherche d’abord à déterminer l’essence universelle par l’abstraction.
La pensée Juive, au contraire, est sensible à l’existence, celle du Dieu créateur, et c’est bien l’existence concrète qui y mène la danse.
Le christianisme est la synthèse de ces deux pensées. L’existence Divine (le Père) crée de sa volonté propre par son intelligence (le Fils) ce qui spécifie l’essence des choses. Saint Thomas d’Aquin fait cette synthèse : « En Dieu, l’essence et l’existence sont réunies ». Cela dit, il faut toujours mettre l’existence avant l’essence, le concret avant l’abstrait, le bon sens avant les grands principes.
En christianisme, la vie intérieure est tournée vers Dieu, c’est-à-dire vers l’extérieur de soi. On met en Dieu ses interrogations, puis l’on reçoit sa Grâce. Donc la vie intérieure ne se résume pas à l’ésotérisme.
Faire appel à un Soufi montre le coté « occultiste » de cette époque (mesmérisme, illuminisme, le bonnet phrygien du culte de Mithra...etc)
J’ai lu Candide de Voltaire. Ce n’est clairement pas une oeuvre, car cet écrit n’a rien d’intemporel. Il nécessite en effet une foule de note de bas de page pour comprendre ce qui est évoqué. Une véritable oeuvre est toujours intemporelle. N’importe qui, à n’importe quelle époque, la comprend. Ce n’est pas la cas du Candide. Il n’est donc pas moderne, mais désuet.