En 1950, il y avait 4 actifs pour financer la rente d’un retraité. En 2030, il y aura un actif pour financer un retraité, c’est à dire que chaque actif devra verser la moitié de son salaire à un gérontocrate.
Je ne connais aucun actif prêt à un tel sacrifice. Vous en connaissez vous ?
Le jour où vous pourrez m’expliquer pourquoi un Français a besoin de deux fois plus de service public qu’un Allemand, pays à forte préoccupation sociale (démocratie chrétienne), ou qu’un Suisse, vous aurez su me convaincre que notre exception est un exemple pour les autres pays.
En attendant, un jeune Allemand a souvent un niveau culturel supérieur à un Français, maîtrise les langues étrangère de façon indéniablement plus naturelle, et ce avec beaucoup moins de présence scolaire qu’en France (les après midi y sont généralement libres). Leur formation y est beaucoup plus orientée sur l’entreprise, avec une formation en alternance très développée. La différence est surtout culturelle, le travail y tient une place centrale.
Dans tous les pays européens, les fonctionnaires sont passés en majorité sous contrat, et non sous statut, tout simplement parce qu’un emploi à vie ne se justifie pas au rythme des évolutions des métiers aujourd’hui. Seul la France continue à employer 80% de sa fonction publique à vie, et à la rétribuer à l’ancienneté plutôt qu’au mérite. Une rigidité à la source de cette inefficience publique si coûteuse en prélèvements obligatoires.
La loi de la Jungle, Mycroft, s’impose lorsque l’Etat, en faillite, n’a plus les moyens de financer ses services. Et c’est parce que je ne souhaite pas à mon pays un destin similaire à la Russie ou à l’Argentine qu’il me semble impératif d’équilibrer nos comptes sociaux en modernisant et rationalisant notre fonction publique.
Camarade Sisyphe, la dictature du prolétariat, avec l’élimination systématique de toute pensée dissonante, on a déjà connu en Europe.
Je ne hais pas mon pays au point de lui vouloir un destin similaire au bloc soviétique. Allez donc interroger nos cousins slaves sur les bienfaits du tout Etat. Ce n’est pas un hasard si les gouvernement les plus résolument libéraux en Europe se trouvent dans ces pays qui ont eux déjà payé le prix des idéologies communautaires « qui ne voulaient que leur bien ».
Nous avons le triste record mondial du nombre de fonctionnaires par habitant, et tous ne travaillent pas dans la santé, ce totem porté par les fétichistes de la dépense publique pour se donner bonne conscience. Les excès sont désormais à trouver dans l’administration territoriale, de la région à la mairie, avec les conséquences que l’on sait sur l’explosion des taxes locales. Combien de postes redondants entre région, département, cantons, communauté de communes, communes. C’est 3.5 millions d’Euros sur 50 ans que chaque recrutement à vie coûte à la collectivité, 4 fois le seuil de l’ISF !
Ce ne serait pas un problème si les effectifs s’ajustaient aux besoins, mais l’élasticité est très peu réactive à la baisse, comme le montre les effectifs de l’éducation nationale (emplois à vie oblige) et par contre extrêmement sensible à toute hausse conjoncturelle.
Les pays du Nord de l’Europe, bien que démocraties sociales, ont montré leur capacité à adapter la charge salariale de l’Etat à la conjoncture, nous en sommes totalement incapables par manque de pragmatisme et de courage politique. Nous avons par exemple un taux de fonctionnarisation deux fois plus élevé qu’en Allemagne, qui, elle a constitutionnellement banni la spirale de la course à la dépense publique.
Il n’y a rien de dogmatique a vouloir pérenniser nos systèmes sociaux. La seule façon de le faire, c’est d’adapter nos dépenses à nos recettes, et donc de remettre en question privilèges et statut pérenne d’un emploi public. Ce modèle était adapté aux 30 glorieuses, il y a près d’un demi siècle, il n’est plus financièrement soutenable aujourd’hui.
Votre exemple de Thomson est symptomatique. Voila une entreprise sur un marché international concurrentiel qui a été maintenue en activité par l’Etat à coups de subventions. Le résultat, une faillite spectaculaire. L’entreprise s’appelle aujourd’hui Technicolor. Etait ce bien la fonction de l’Etat de subventionner des emplois privés dans un secteur où nous n’avions aucun avantage comparatif sur les producteurs asiatiques ? Quel gaspillage d’impôt qui aurait pu servir à investir sur l’avenir...