La culture allemande est une culture ancrée dans le travail, l’utilité sociale. La bulle immobilières des pays méditerranéens qui a alimenté artificiellement leur croissance n’est pas passée par l’Allemagne.
La solution passera aussi par le pragmatisme allemand. La France s’est trop habituée aux fables de la croissance perpétuelle pour pouvoir encaisser le choc des blocs continentaux. Ils sont le pot de fer, nous sommes et historiquement avons toujours été le pot de terre. Enfermés dans notre bocal hexagonal, nous avons cru à la ligne Maginot, au productivisme salvateur de l’humanité, à notre exemplaire différence. Nous avons cru que nos faiblesses étaient des forces et nous essayons encore d’y croire.
Le réveil est et va être aussi rude que pour les autres pays du Club Mediterranée.
Le problème c’est qu’au lieu de se concentrer sur son tableau de bord, il est sans cesse en train de demander aux passagers ce qu’il doit faire. C’est ainsi que se pilotent les démocraties représentatives. Et on ne peut piloter ou naviguer sans vérifier ses indicateurs ou on part en vrille.
Les taux d’intérêts réels négatifs, ce sont des choix de gouvernement, pas ceux des banques. Les bulles d’actifs, là aussi, des choix de société visant à encourager la consommation par l’effet de richesse. Il faut donner au peuple du pain et des jeux, faire croire béatement au miracle de la multiplication des pains. Sauf que dans le monde réel, il faut de la farine, du levain ET du travail, pour le produire, ce pain.
Le problème c est avant tout la virtualité de notre environnement qui fait croire aux miracles.
Paul prend sa besace et va voir comment font ceux qui vivent en travaillant avec 2 euros par jour alors que lui reçoit dix fois plus de personnes qu’il ne connait pas. Il n’a pas pour cela besoin de prendre l’avion, il suffit d’aller voir les Roumains, là, de l’autre côté de l’autoroute.
Paul a un cerveau que l’assistance publique a transformé en yahourt. Il a été domestiqué par l’Etat providence et est devenu dépendant son maître. Paul doit réapprendre à se nourrir tout seul.
Et non, vous vous trompez, ce qui caractérise la France comparativement au reste du monde, c’est sa grande classe moyenne sur représentée, avec un capital par ménage des plus élevés au monde. Les romans de Zola datent d’il y a de la révolution industrielle. Nous sommes dans une société de services.
Et sur le suicide, là encore, erreur. C’est le désoeuvrement qui donne le vertige, pas la pauvreté. Le pauvre, le vrai, est trop absorbé par sa survie pour avoir le temps de penser à sa mort.
Sortez du registre des sanglots longs, de la victimisation, du « que font les autres pour moi » et vous verrez que la vie retrouvera un sens !
Ouioui Benet, lorsque vous aurez compris qu’en France, il n’y a ni droite, ni gauche, vous aurez fait un grand pas hors de l’enfance. Il y a un large consensus sur la préservation du captital, ce qu’on appelle le consensus républicain. Le ménage moyen de la classe moyenne est attaché à ses 165,000 Euros de capitalisation. Et c’est lui qui fait et défait des majorités, les classes ouvrières étant devenues une espèce en voie de disparition avec la desindustriablisation et les purs rentiers trop peu nombreux pour peser dans la balance.
Si le discours social donne bonne allure en public, en ligne directe avec la charité chrétienne qui a structuré notre pays, la réalité est toute différente. Le capital moyen d’un Français est de 20% supérieur à celui d’un abominable capitaliste américain participant à l’exploitation des peuples à travers les fonds de pension. Il suffit d’aller vérifier le capital de nos marionnettes nationales aux réthoriques sociales pour être frappé par l’incohérence des discours et des actes. Même les plus rouges des rouges ont un trésor de guerre bien protégé qu’ils ne quitteraient pour aucune barricade.
Et malheur au gouvernement qui laisserait se déprécier ce capital. On voit bien comment chaque chute des bourses mobilise les initiatives politiques, comment chaque début de déflation immobilière provoque là aussi de nouveaux plans de défiscalisation et d’aides au secteur.
Ouvrez les yeux, les politiques nationaux sont à l’image de la masse qui les élisent. Les élites artistiques et médiatiques aussi. Le discours généreux et le coffre fort garni. Nous sommes un pays riche et conservateur, à l’épargne triste et non assumée.
Attendons nous a de nouvelles vagues d’exode du capital après ces menaces confiscatoires. La semaine dernière déjà, il a été remarqué d’importants transferts vers des zones transfrontalières (de l’Allemagne vers la Suisse). Il restera toujours l’immobilier à taxer, celui la ne peut se délocaliser.