Des chiffres qui donnent le vertige...Pourriez vous nous rappeler comment sont financées les retraites de cette fourmillère en perpétuelle croissance ?
Oooo vieillesse ennemie, que voila un auto portrait flatteur d’une génération qui aura transformé en poussière l’héritage de valeurs millénaires au profit, en effet, de la jouissance immédiate.
Non contente d’avoir dilapidé le capital de la génération précédente, elle aura hypothéqué celle de ses enfants et petit enfants, entièrement centrée sur son addiction jubilatoire.
Parce que les problème de 2010 ne sont pas différents de ceux de 1990, et qu’a fait la génération à la barbe fleurie au pouvoir pendant 20 ans ? Paralysée par sa nostalgie du paradis perdu, absolument rien. Elle n’aura jamais assumé sa responsabilité d’adulte, celle de transmettre aux générations futures les moyens de son indépendance. Droguée au consumérisme qu’elle critiquait à coups de slogans durant sa crise d’adolescence, elle aura continué à hypothéquer les revenus futurs par des dépenses de confort immédiates.
Et encore aujourd’hui, elle refuse toute responsabilité dans les crises profondes que nous traversons. Pas de « spleen » existentiel pour le nuage de cigales.
C’est pas compliqué, il suffit de regarder ce qui se fait au Portugal, en Grèce et en Espagne. Nous faisons partie du même club de l’Euroméditerranée après tout.
Ou en est on de l’Union pour la Méditerranée au fait ? Cette structure pourrait permettre d’accueillir une monnaie commune des pays à culture étatiste avec des dévaluations compétitives régulières, comme l’ont toujours fait les pays méditerranéens pour contrer leur inflation.
L’endettement des Etat occidentaux ne date pas de 2009, mais de la première crise pétrolière en 1973. Les pays anglo saxons, au début des années 80, ont fait les efforts budgétaires pour contrôler leurs dépenses et y sont arrivés au prix de crises sociales dures et d’une régression de leur pouvoir d’achat. La France quant à elle, plus frileuse, a acheté une paix sociale à crédit. Même durant les cycles de croissance, elle n’a jamais été capable de produire un budget excédentaire permettant de rembourser la dette.
Les efforts des pays du Nord ont payé, leur chômage a diminué fortement et leur croissance a redémarré. Nos choix dans les années 80 ont été opposés. Nous avons développé les emplois aidés, la fonction publique, poussé aux études longues et malgré tout conservé un taux de chômage supérieur à nos voisins du Nord et de l’Est de l’Europe.
Est venu s’ajouter à la charge de la dette publique une politique keynesienne de relance par taux faibles et défiscalisations qui a propulsé les prix de l’immobilier de 180% en 10 ans. La charge des primo accédants pour acquérir un logement est devenue irrationnelle. Les emprunts de plus de 20 ans pour des logements sous dimensionnés sont devenus une norme.
Ces deux phénomènes combinés conduisent à l’insolvabilité des ménages et de l’Etat. La cession d’actifs nécessaire pour rembourser les dettes va entraîner une réaction en chaîne due aux besoins de liquidité. L’ Etat, obligé d’augmenter la ponction à des niveaux encore inconnus (56% aujourd’hui, probablement les deux tiers des revenus dans 10 ans), va déprimer la consommation et l’épargne. Les retraites des fonctionnaires babyboomers arrivant en masse en fin d’activité bien évidemment ne seront pas financées, puisqu’elles n’ont pas été provisionnées. Les banques, engagées dans toutes l’Europe sur des actifs toxiques, ne pourront récupérer leurs avoirs et l’Etat ne pourra les renflouer à nouveau. L’épargne, qui aurait dû venir au secours des systèmes de retraite par répartition défaillants, sera grévée des nouveaux impôts, défaillances des banques et déflation de l’immobilier et des bourses.
Trichet n’exagère pas lorsqu’il affirmait hier qu’il s’agissait de la crise la plus grave depuis la seconde guerre mondiale.