Ceux qui ont reconstruit la France, avec des valeurs séculaires d’abnégation, de volonté et de courage, ce sont les parents des Papy boomers. Ceux que les papy boomers appelaient les « vieux cons » durant leur crise d’adolescence 68arde.
Cette volonté de division entre les générations, la génération hédoniste la porte toujours, cette fois contre les « jeunes cons » qui osent poser la question du financement de ces privilèges que s’est auto concédée une génération qui n’a jamais connu la guerre, la faim et les épidémies.
Là où vous avez raison, c’est dans votre description de l’incapacité de cette génération privilégiée à enseigner la contrainte aux générations futures. On ne peut enseigner ce que l’on a pas connu. Malheureusement, la réalité se charge aujourd’hui d’éduquer ceux à qui il était « interdit d’interdire ».
Il n’est aujourd’hui plus possible de s’acheter une bonne conscience à crédit.
L’împôt du clergé existe toujours chez nos voisins directs. En Espagne, Belgique, en Allemagne ou en Italie, le contribuable a l’obligation de contribuer aux fonctions traditionnelles de la religion d’Etat.
Notre religion, comme vous le décrivez si bien, c’est le bon sentiment. Les privilèges sont irrévocables, les abus pardonnables, les gaspillages bénins, tant qu’ils sont fait au nom de l’Etat. La ’grande muette’ a gardé en son sein des criminels récidivistes au nom de la fraternité de corps.
Je ne résiste pas à la tentation d’illustrer votre propos la vision parodique de nos amis chinois sur la fonction publique française, c’est très divertissant ;o)
L’espagne est dans la situation des Etats Unis il y a deux ans. Les prix de l’immobilier ne sont en aucune mesure en rapport avec les revenus et les surstocks sont astronomiques.
Malgré tout l’Espagne a une chance qui lui a permis d’alimenter sa bulle : 83% des ménages sont propriétaires. Les prix se déterminent donc sur des volumes très restreints, les primo accédants étant d’autant plus rares que le taux de natalité y est un des plus bas d’Europe. Cette particularité permet de contrôler la déflation, d’autant que les prix ne sont pas standardisés comme en France, la proximité culturelle a une grande influence sur le prix de vente et la visibilité fiscale des sommes payées.
Cette particularité culturelle rend les banques finalement peu exposées au risque immobilier. Par contre, c’est bien des entreprises, en l’absence de consommation domestique, que le risque peut venir.
L’Espagne ne va pas bien, c’est un fait. Mais contrairement à la France, les médias tiennent un discours réaliste à la population. Ils sont mêmes capables d’un certain humour sur leur situation.
Il explique comment le système électoral démocratique implique une inflation de subsides à la fonction territoriale qui exerce un chantage au vote pour obtenir toujours plus de subsides. Une situation finalement pas si éloignée de la nôtre. La différence, c’est que ce pays a été capable, lui, de générer des excédents budgétaires,d où son niveau d’endettement inférieur à la France. Et comme en France, la solution passera par une remise à plat des privilèges de la fonction publique et une purge de la bulle immobilière.
L’Euro nous a permis d’emprunter à des taux bien plus bas que notre déficit budgétaire récurrent ne nous l’aurait permis, encourageant spéculation immobilière et dépense publique.
L’Europe va désormais, par l’intégration européenne, nous obiger à faire les efforts que nous avons toujours retardé jusqu’ici. Déjà, les taux entre la France et l’Allemagne se sont désolidarisés (prime de risque de 10% supplémentaire à la France), la dégradation prochaine de la note de la France, suite à la timidité à réformer les régimes spécieux, donnera une bonne excuse pour refondre tout ce « machin » de privilèges acquis injustifiables.
Et encore une fois, ce sera la faute de l’Europe. C’est une spécificité bien française de ne pas savoir faire battre sa coulpe, de sortir le parapluie administratif dès qu’il faut assumer les conséquences de ses vices.