Je rentre dans votre tiroir « libéral » dans la mesure où l’histoire a montré que nombre des interventions des Etats démocratiques sont motivées par des objectifs de court terme (élections) dont les conséquences de long terme sont peu maîtrisées.
On comprend bien l’objectif de ces sucreries fiscales. L’immobilier est un actif peu liquide et d’utilité primaire. Il fige donc le capital sur le territoire et constitue une rente relativement sûre pour l’Etat et les Régions, pouvant augmenter au fur et à mesure des besoins la charge sur ce capital captif.
Cependant, on comprend mal le timing de cet encouragement à l’investissement locatif alors que les prix de l’immobilier ont presque été multipliés par 3 en 12 ans. Dans un contexte où les salaires sont comprimés durablement par une concurrence mondiale exacerbée, avec une flexibilisation aussi bien du travail que des ménages, les capacités d’endetement à ces prix sont déjà proches de la rupture et ce coup de manche à contre temps entraînera inévitablement des crises financières systémiques.
Là encore, l’urgence d’appliquer des rustines à un système usé nous mène droit à la sortie de route. Ayons le courage de laisser les actifs retourner à leur valeur d’équilbre en arrêtant de s’épuiser à gonfler un matelas troué, cela ne peut nous mener qu’à l’ épuisement de nos ressources.
Si les aides à l’immobilier pouvaient être justifiées en 98 face à un marché immobilier en bas de phase baissière après 8 ans de dépression pesant sur l’économie, elles sont aujourd’hui contre productives, car ce dont a besoin le marché, c est de revenir à des prix accessibles aux primo accédants.
Patdu, il me semble que l’ensemble des maux que vous décrivez ont une origine commune : la bulle immobilière. Le budget logement est devenu insupportable pour le revenu moyen d’une personne seule. Or, l’évolution de nos société ne tend pas vers des couples stables et durables. Le moindre « accident » de parcours, qu’il soit personnel ou professionnel, met une pression destructrice sur les aspirants à la propriété ayant contracté des prêts à l’échelle d’une génération.
Malheureusement, la spirale de l’endettement public n’autorise pas la dépréciation des actifs sis sur le territoire national, les conséquences en terme de recettes publiques, de pouvoir d’achat et donc de croissance sont considérées comme insurmontables.
De l’autre côté de l’Atlantique, les conditions sont redevenues plus saines, bien que certaines bulles persistent...les familles américaines peuvent à nouveau espérer aquérir un logement dans des conditions financières supportables, il y a certainement plus de raisons de se montrer optimiste là bas...
Autant les articles plagiaires de « l’argent dette » me semblent d’une totale mauvaise foi, cherchant a déresponsabiliser les corporatismes vivant de l’Etat providence, autant montrer de l’empathie envers les victimes de rentes de situation me semble inévitable et la véritable escroquerie des banques est à chercher à ce niveau.
En 2005, 80% des bénéfices des banques venaient des frais sur comptes clientèle, la fameuse diversification à la Française qui aurait sauvé notre système bancaire de la faillite. La concurrence sur les taux d’intérêts extrêmement bas imposés par les choix monétaires expansionistes des Etats n’est pas une activité lucrative, tout au plus un acte marketing de fidélisation de clientèle. Par contre, il y a bien entente y oligopole sur les frais bancaires en France, avec l’aval de l’Etat. Ces ententes datent de la nationalisation des banques à l’ère Mittérand 1 et les liens ne se sont jamais réellement dissous depuis.