Lexington, pourriez vous nous expliquer pourquoi, malgré une croissance forte, la Pologne enregistre t elle un déficit budgétaire équivalent à la France en récession ? oO
Cassino, vous parlez de consumérisme, qui s’oppose au capitalisme, puisque ce qui va dans la consommation ne va pas à l’épargne. C’est le débat macro économique classique Keynes contre Hayek. Keynes a toujours été plus populaire, la dépense provoquant une réaction immédiate de plaisir naturelle ;o). En démocratie, la dépense permet aussi occasionellement d’acheter des majorités ;o)
On comprend que votre note soit aussi peu populaire, car particulièrement anxiogène. Dans le cas de la France, l inquiétude réside moins dans l’augmentation de la dette en période de crise que dans son incapacité à la réduire en période de croissance. Cela démontre un déficit budgétaire structurel récurrent, due à la résistance des postes de dépenses budgétaires à toute réforme qui aurait pu permettre de pérenniser notre système social.
En effet, le niveau de prélèvement est un des plus élevés du monde, la valorisation des actifs à mettre en face des dettes est à leur limite de rupture (80% de nos actifs sont immobiliers), nos industries sont délocalisées, les dépenses médicales et sociales condamnées à exploser avec le vieillissement de la population, les taux d’intérêts au plus bas...
Quelles marges de manoeuvre nous reste t il à part le dépôt de bilan (annulation de la dette) et sa conséquence immédiate, la disparition des systèmes de solidarité ?
Il me semble que vous confondez cause et conséquence. Nous assistons aux limites du Keynesianisme, de la stimulation de la croissance par la demande par une politique de taux d’intérêts bas, avec l’instabilité qu’elle provoque par la formation de bulles spéculatives à répétition. La rémunération du travail y progresse moins que celle du capital parce que l’investissement en capital y est presque gratuit. Les bulles immobilières en sont une parfaite illustration.
Pour remettre le travail au centre du système productif, il faut réduire l’accès au crédit, qui doit rester un outil à usage exceptionnel pour des situations exceptionnelles, et non un passage obligé, voire un outil de défiscalisation. Cela passe par l’interdiction des déficits budgétaires et l’encouragement à une épargne stable aux rémunérations non soumises aux fluctuations erratiques des bourses (casino). Là encore, seuls des taux d’intérêts élevés peuvent orienter l’épargne durablement sur des véhicules sûrs.
Malheureusement, le choix fait en 2008 de soigner le mal par le mal, la crise du crédit par la planche à billet, nous condamne à court terme à plus d’instabilité et à des crises systémiques. Les efforts des états pour maintenir les actifs aussi bien mobiliers qu’immobiliers à des niveaux artificiellement élevés en innondant les économies de liquidités qui ne correspondent pas à une création réelle de valeur par le travail, en puisant toujours plus sur l’endettement, nous rend toujours plus dépendants de nos créditeurs asiatiques, leur cédant un peu plus de pouvoir à chaque fois.
La crise des valeurs occidentales (perte du bon sens) nous mène à une crise de civilisation. Quel sera notre place dans un 21e siècle où nous serons de moins en moins signifiants aussi bien démographiquement qu’ économiquement ? Voilà un sujet d’anticipation qui mériterait approfondissement...