L’inadmissible retour de la France dans l’OTAN 				 				
Le président de la République Nicolas Sarkozy vient d’annoncer, lors d’un discours à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN. Ce discours sera suivi par un vote mardi prochain à l’Assemblée nationale, le gouvernement ayant décidé d’engager sa responsabilité sur cette question.
La décision du gouvernement d’engager sa responsabilité est habile. Elle prend en otage l’opposition interne de l’UMP qui devrait se risquer à faire tomber le gouvernement si elle se prononce en masse contre cette réintégration de la France dans l’OTAN.
Si le Parti socialiste a attendu le dernier moment pour faire un baroud d’honneur sur cette décision que Nicolas Sarkozy avait annoncée dès le début de son élection, une opposition plus conséquente est apparue au sein même de l’UMP, animée visiblement par Dominique de Villepin et Alain Juppé, ainsi que par Nicolas Dupont-Aignan qui, quoique ne faisant plus partie de l’UMP, est toujours écouté par ces milieux.
Pour sa part, Dominique de Villepin estime que par ce retour « la France passerait sous les fourches caudines d’un autre pays ». Mardi dernier, l’ancien Premier ministre s’est entretenu sur cette question avec une vingtaine de députés UMP, au cours d’un dîner, et il devrait a nouveau évoquer la question lors d’un colloque sur l’OTAN qui aura lieu le 1er avril à l’Assemblée nationale.
Alain Juppé s’interrogé lui aussi « sur l’utilité qu’il y a pour la France à franchir le pas », pendant que Nicolas Dupont-Aignan dénonce « la volonté du gouvernement d’étouffer l’opposition » en engageant sa responsabilité. Le gouvernement profite du fait que beaucoup de ces « gaullistes » de la dernière heure, ne seront pas prêts à risquer leurs positions pour cette question. C’est le cas de ces grands « gaullistes » tels Michèle Alliot-Marie et de son compagnon, Patrick Ollier, qui ont décidé de faire taire leur opposition pour garder leurs places au gouvernement !
Nicolas Sarkozy et ses collaborateurs avancent comme seuls arguments en faveur de cette réintégration le fait que la France est d’ores et déjà le 4ème contributeur à l’OTAN et le 5ème en terme de troupes, que désormais il n’y a plus d’obligation pour les membres de participer à telle ou telle opération et qu’elle pourra mieux peser de l’intérieur sur les orientations de l’organisation que de l’extérieur. D’autres soulignent le fait que de Gaulle avait quitté l’OTAN au moment où la France développait sa force de frappe, contre les vœux de Washington et au moment où le monde était divisé entre deux blocs.
Mais tous ces arguments ne vont pas au coeur du problème. Plus intéressant, le général de la Maisonneuve, président de la Société de Stratégie, rejoint les interrogations de Solidarité et Progrès lorsque, dans une tribune publiée par l’Humanité le 27 février, il se demande, « si La réintégration de la France dans l’OTAN ne va pas à contre-courant de l’histoire ? Au moment où une crise sans précédent dans les temps modernes nous incite à tourner la page d’un monde révolu, est-il opportun d’en ranimer les symboles ? On sait bien que la crise n’est pas seulement financière et économique, qu’elle est le symptôme d’un changement d’époque, dû en grande partie au bouleversement que provoque l’émergence de nouveaux acteurs non occidentaux, asiatiques en particulier. La redistribution en cours des cartes stratégiques devrait faire réfléchir à la nécessité de composer les futurs équilibres du monde, et donc de nouveaux ensembles. »
Le général se demande également ce qu’arriverait, par exemple, si un antagonisme du type de deux blocs se développait, à l’avenir, entre les Etats Unis et la Chine ? La France serait obligée de s’inscrire dans l’un des deux camps ?
Comme ça été souligné à plusieurs reprises concernant cette réintégration, c’est un jugement global sur la stratégie du tandem anglo-américain de l’époque qui avait amené le général de Gaulle a faire sortir la France du commandement intégré et pas seulement des considérations sur la Force de Frappe ou le conflit Est-Ouest. Aux conceptions d’Empire qui ont repris le dessus dès la mort de Franklin Roosevelt, de Gaulle opposait une conception républicaine d’une Europe de nations souveraines et d’une communauté internationale faite d’états nations souverains. L’OTAN incarnait déjà à cette époque les politiques anglo-américaines d’empire global qui ont conduit aux guerres qu’on a connues depuis en Asie du sud-ouest, dans les Balkans, et en Afghanistan.
Aussi, ces politiques d’empire se sont traduites en économie par la politique de mondialisation financière lancée par le tandem anglo-américain à la suite du décès du système de Bretton Woods en 1971.
Or, avec le krach financier que nous vivons, c’est toute cette conception du monde, devenue malheureusement hégémonique depuis la mort du général de Gaulle, qui s’écroule.
La question n’est donc pas de « profiter » de cette crise pour s’emparer d’une structure qui a été au cœur d’un ordre failli. La question qui devrait être particulièrement excitante pour nous aujourd’hui est celle de savoir par quel ordre républicain allons nous remplacer cet ordre d’injustice et de guerre qui a atteint son sommet avec la double présidence de George Bush et qui aujourd’hui s’effondre.
Les organisations de défense et de sécurité ne peuvent pas être traitées comme des choses en soi ; elles sont seulement la conséquence des choix fondamentaux de société que fera l’humanité pour les prochaines 50 années.
				 				Sarkozy avoue : le traité de Lisbonne « établit le lien » entre l’UE et l’OTAN 				 				
Lors de son discours La France et l’Otan, prononcé le 11 mars 2009 devant la Fondation pour la recherche stratégique, officialisant le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, le président français Nicolas Sarkozy a reconnu explicitement ce qu’on prétendait ne pas être la vérité : le traité de Lisbonne, tout comme la Constitution européenne, rejeté par voie de référendum par le peuple français en 2005, engage les pays signataires d’aligner leurs politiques de défense sur celles de l’OTAN.
Nicolas Sarkozy, non seulement prétend que les Anglais sont bien plus européens que les Français ( !), mais accuse sans transition les nonistes de 2005 d’être les principaux responsables de l’absence d’une véritable défense européenne !
« Depuis l’accord de St-Malo entre la France et le Royaume-Uni, en 1998, la défense européenne a connu des progrès considérables (…) Et pourtant, en 2007, j’ai découvert une situation complètement bloquée. On entend parfois dire que c’était le fait de tel ou tel pays, hostile par principe à l’Europe, partisan farouche d’un atlantisme intégriste. Faux ! C’est la France qui, par le non au référendum en 2005, avait précipité la construction européenne dans l’ornière. Avec le traité de Lisbonne, nous aurons un cadre cohérent en matière de défense. Quand il entrera en vigueur, le cadre institutionnelle de la PESD (Politique européenne de sécurité et de défense) sera consolidé pour de nombreuses années (…) »
Plus loin, Sarkozy rappelle que : « L’Alliance atlantique est aussi le symbole de la communauté des valeurs et d’intérêts transatlantiques. (…) Mais elle est aussi, on ne le dit jamais, un traité entre les nations européennes elles-mêmes. Aujourd’hui, 21 des 27 membres de l’UE en sont membres. »
Et, pour ceux qui n’ont pas encore compris, il répète que « Le traité de Lisbonne lui-même établit le lien entre la défense européenne et l’Alliance atlantique (…) La défense européenne sera plus forte. Car en mettant fin à une ambiguïté sur nos objectifs, nous créons la confiance nécessaire pour développer une défense européenne forte et autonome. »
Cet aveu engendre un bien, celui de convaincre nos amis irlandais que sur ce point, on leur a grossièrement menti et qu’ils avaient bien raison de rejeter ce maudit traité.
Nous comptons sur eux pour l’enterrer définitivement lors du prochain vote !
				 				Clairoix : il est temps de dégonfler les spéculateurs, pas les emplois ! 				 				
Hier, alors qu’il s’apprêtait à s’expliquer devant les employés de son usine de pneus Continental de Clairoix (Oise), le directeur Louis Forzy a été la cible de jets d’œufs. Le groupe vient d’annoncer la fermeture du site où travaillent 1120 personnes et qui concerne au moins 3000 emplois. Le directeur a même failli se faire transpercer par un drapeau lancé comme un javelot par des syndicalistes furieux. Le personnel est d’autant plus en colère que la direction, en 2007 avait signé un accord sur la « sécurité de l’emploi » en échange d’un retour aux quarante heures, payées 38…
L’historique de cette affaire dévoile la dynamique infernale de l’effondrement économique et financier actuel. En 2007, Continental AG, une société transnationale allemande, engrange des profits conséquents. Elle décide même de se diversifier dans l’électronique en achetant Siemens VOD pour 11,4 milliards d’euros, devenant ainsi le cinquième équipementier automobile mondial au niveau des volumes des ventes.
L’intégration de VOD s’avère lente et coûteuse. Continental perdra également de l’argent à cause d’une mévente des pneus neige, sa spécialité. Affaibli, en juillet 2008, la firme est victime d’une OPA hostile monté par Shaeffler Gruppe, une PME bavaroise spécialisé dans les roulements à bille, reconvertie dans les raids financiers hyperagressifs. La PME, pourtant trois fois plus petite que Continental, grâce à un prêt de 22 milliards d’un consortium de banques dirigé par Commerzbank/Dresdner (en dépit des protestations de la Bafin, l’autorité allemande de régulation des marchés), réussit son raid.
D’après le sénateur UMP Philippe Marini, ce sont ces banques « qui exercent le pouvoir aujourd’hui et qui ont évincé l’héritière bavaroise » à la tête de Shaeffler, depuis la crise financière.
Avec l’explosion de la bulle financière, c’est le sauve qui peut. Avec la crise automobile, les carnets de commande sont revus à la baisse. Au lieu des 7 millions de pneumatiques produits en 2008, on espère en vendre 5 millions cette année. Les délocalisations, surtout à l’intérieur de l’Europe, font le reste. Fabriquer un pneu à Clairoix, « le site le plus cher du groupe », coûte 9,6 euros l’unité. A Timisoara, en Roumanie, ce prix est de moins de cinq euros…
La débâcle financière fait perdre de l’argent aux banques qui poussent Shaeffler à trier dans l’appareil industriel et les hommes qui la font fonctionner. D’où la décision de fermer le site de Hanovre en Allemagne (780 emplois) et celui de Clairoix.
Le secrétaire d’Etat à l’Industrie, Luc Chatel, parle de « trahison ». Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat chargé de l’Emploi estime que les salariés auraient « raison » de porter plainte contre leur employeur, car « les règles de l’information n’ont pas été respectées ». Pour sa part, Sarkozy a promis d’en parler à la chancelière allemande Angela Merkel. Cette dernière a promis d’en parler à son tour au groupe qui, sans doute, va en toucher un mot aux banques. Pendant que les uns parlent, c’est les autres qui décident.
Seule une politique de mise en faillite ordonné suivie de mesures de redressement de l’ensemble de l’économie mondiale peuvent nous faire sortir de cette logique infernale.
Car, restant sans trier les « titres toxiques » du système financier agonisant, nous assisterons fatalement au triage des hommes et de l’économie réelle dont ils dépendent. Voilà ce fascisme financier que tout le monde doit combattre.
De toute façon le process est enclenché et le GROS problème est la très faible représentativité dans les débats des opérateurs / FAI ... etc ... J’ai l’impression que l’on ne mesure pas très bien les risques et ce qu’il se passe en ce moment.
L’histoire fait que l’Hadopi sera un échec et que le sujet "droit d’auteur" se transformera petit à petit en "financement de la création sur Internet" (vu le deuxième jour des débats à l’assemblée) puis progressivement en "taxation" au travers d’une licence globale, qui risque fort de s’appliquer (c’est ce que j’ai compris en suivant 2 jours de débats complets) :
- systématiquement (pour tous)
- au niveau des infrastructures ...
... même si vous n’écoutez pas de musique, même si vous ne regardez pas de film sur Internet ... même si vous les payez par ailleurs via la redevance télévisuelle ou un abonnement Canal Plus, même si votre réseau n’est pas un réseau grand public.
L’argument entendu est de se dire que l’on finance bien les routes, même si on n’a pas de voiture. Ma réponse est alors OK, mais finançons alors l’infrastructure, même si on n’a pas d’ordinateur ... Financer le contenu sous prétexte qu’il sert aux opérateurs pour se développer (ie : l’infrastructure) est une très courte vue et ne peut amener qu’à d’amères désillusions (monopoles de facto)
Sauf que la majorité a déjà épuisé une cartouche avec la taxe pour financer la perte de recette publicitaire de la télé publique ... mais on a inventé de revolvers à plusieurs coups ...
Bloche (PS) a été le meilleur dans ce débat MAIS il est porteur de cette très mauvaise idée de "licence globale" et donc d’assimilation du métier d’infrastructure à celui du contenu / service. L’effet le plus pervers de tout ceci est le pourquoi je monte au créneau depuis un petit moment : combattre l’idée de transformer Internet (réseau neutre d’échanges marchands ou non et plateforme d’innovation au service de tous et pour tous) en un réseau de distribution, non neutre, au service de quelques uns. Il est évident que la Net Neutralité dans un tel modèle n’est qu’une vue de l’esprit. (il disait comment déjà le Monsieur de Virgin UK ?)
Cette licence globale risque fort d’exclure tous les petits (pour des problèmes de répartition tout simplement), du processus de création et de fortement limiter le processus d’innovation. Je ne parle même pas du risque de voir nos opérateurs préférés vouloir se transformer en média, (ou du moins appliquer les mêmes méthodes) puisque après tout, on leur réclame une taxe "contenu". Heureusement, ils semblent tenir bon, pour le moment ...
Bref, c’est grave ... heureusement, la majorité ne semble pas pour (le moment) cette licence globale.
Dernier effet pervers ... au travers d’une taxe généralisée, la banalisation de la valeur des contenus vers une apparente gratuité et le risque de ne pas comprendre que quelque chose de gratuit à quand même un certaine valeur, pour la plupart de nos concitoyens.
Bref, la net neutralité est le prochain sujet et les assiégeants seront :
- la licence globale
- Madame Morano qui va reprendre le combat après Madame Albanel pour nous amener doucement vers le filtrage d’abord de ce qui est ignoble et ensuite, comme cela sera très difficile de lister tout ce qui est ignoble et de maintenir les choses à jour, on passera à "tout ce qui n’est pas autorisé est interdit"
Je vais reprendre tout cela sereinement dans une note car j’ai fais quelques raccourcis et ne voudrais pas que la forme ne déserve le fond ...
Pour finir le PS ne fera JAMAIS rien de bon pour la nation, ils sont hyper-incompétents. Ce sont tous des fumistes.
Par exemple beaucoup d’entre vous "glorifie" encore Jacque DELOR, qui je le rappelle, a désindéxé les salaires sur le coût de la vie, résultat depuis 1983, les salariés s’appauvrient pour soit-disant contenir l’inflation, c’est pitoyable ces bras cassés
A priori l’énergie des vagues me paraît plus crédible que l’éolien
Par contre cette extrapolation de production d’énergie de "8 000 et 80 000 TWh/an" me semble pas crédible, mais j’imagine que c’est encore les ravages du marketing pour sortir du lot.
De toute manière les écologistes, ce sont tous des fumistes, on en a vu un terrible exemple avec les résultats de l’éthanol comme carburant automobile...