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Gérard Ayache

Gérard Ayache

Gérard Ayache a enseigné la communication et l’information à l’Université de Paris 1. Il est un spécialiste de l’étude de l’information et conseille depuis plusieurs années des entreprises, des organisations publiques, médiatiques ou politiques. Il dirige l’Institut Infométrie, dont la vocation est l’étude des comportements sociétaux, des systèmes informationnels et des technologies avancées de l’information.
Son dernier livre, Homo Sapiens 2.0 - Introduction à une histoire naturelle de l’hyperinformation, est publié par les éditions Max Milo. Il paraîtra en mai 2008 (blog : http://www.homosapiens2.com)
Il a aussi notamment publié, La grande confusion (France Europe Editions, 2006), L’image des multinationales (PUF), La bataille des images (Larousse).

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  • Premier article le 28/06/2006
  • Modérateur depuis le 04/07/2006
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Derniers commentaires



  • Gérard Ayache Gérard Ayache 31 août 2006 16:33

    @Don Quichotte

    Merci d’avoir pris le temps de lire l’article et ses commentaires. Mon objectif n’est pas de développer une liste de recettes qui révolutionneront le monde. Il est plutôt de repérer les traces de confusion de nos sociétés, de les exposer pour permettre, en les comprenant, en distinguant leurs rouages, de mieux en sortir. Dès lors, la révolution appartient à chacun de nous, elle réside dans toutes les initatives menées pour avancer (j’allais dire « survivre »). J’ai lu l’article que vous m’avez signalé ; au-delà de son humour, il met le doigt sur le problème d’adéquation des procédures démocratiques aux réalités d’aujourd’hui. Je ne pense pas que des arrosoirs règleront le problème, mais en revanche les expériences d’utilisation des moyens technologiques dont nous disposons désormais sont à suivre.

    Pour finir, certains effectivement butent devant le caractère un peu compliqué de certaines notions évoquées. Je ne pense pas qu’il faille nécessairement tout simplifier car les choses sont complexes. Les médias aujourd’hui mais aussi l’éducation nous habituent à la vulgarisation, à la simplification. Je ne suis pas sûr qu’il soit impossible de demander à nos congénères un peu d’effort. La pensée toute faite, en conserve nous a fait beaucoup de mal ; si nous voulons mettre en oeuvre des procédures d’intelligence collective, il faudra bien se résoudre à sortir des idées réflexes, télécommandées. Et accueillir « avec hospitalité » les contradictions car elles ne sont que le reflet de notre monde.



  • Gérard Ayache Gérard Ayache 31 août 2006 12:34

    OK avec votre idée. Allons-y ! Mettons nous en contact, pour l’instant via le site http://www.lagrande confusion.com



  • Gérard Ayache Gérard Ayache 31 août 2006 12:29

    @candidat007

    La démocratie contemporaine est fondée sur le vote. Le vote, si l’on reprend les classifications du philosophe Pierre Lévy, est essentiellement une pratique « molaire » c’est-à-dire qu’elle prend les choses en masse et les ramène à des divisions simples, binaires (oui non, gauche droite, bleu rouge etc...) dans cette démarche, le vote réduit forcément les opinions, les simplifie à l’extrème (ave le concours hautement pervers des systèmes médiatiques) alors que les enjeux sont de plus en plus complexes.

    Par ailleurs, toutes les pratiques que nous avons aujourd’hui sont « moléculaires », c’est-à-dire qu’elles adressent finement les réalités (en biochimie, en biologie mais aussi dans l’usage que vous faites tous les jours d’Internet). Ces pratiques sont en décalage avec les formules massives et molaires ; elles leur donne un coup de vieux qui devient rapidement insuportable car ce sont elles qui contribuent, entre autres, à ce que j’appelle « la grande confusion ».

    Pourquoi ne pas imaginer des formules de vote qui soient « moléculaires » ? elles sont possibles, grâce aux développement technologiques et à l’hyper-information bien employée. Un seul exemple, le référendum sur le traié constitutionnel européen. Il fallait répondre Oui ou Non à une question hautement multidimensionnelle et complexe. Ce qui a induit non seulement une surprise, mais surtout une haute confusion dans l’interprétation des résultats)

    Ne peut-on imaginer dans l’avenir (proche) de faire appel aux citoyens plus finement, plus fréquemment, plus pertinemment ?

    Aussi, quand vous prenez pour une fatalité « le genre binaire de la politique », je vous dis que d’autres solutions existent, qu’elles peuvent être mises en oeuvre,et qu’elles le seront tôt ou tard car elles se situent dans un mouvement qui apparaît dorénavant comme irréversible : celui des intelligences en réseau.



  • Gérard Ayache Gérard Ayache 31 août 2006 10:59

    @ l’Enfoiré

    Curieusement, dans l’Histoire, les Révolutions ont toujours été menées par des modérés...Les modérés n’aiment pas le désordre et la confusion ; c’est pour cela qu’ils font la révolution.. smiley



  • Gérard Ayache Gérard Ayache 31 août 2006 10:55

    Bonjour Bernard Dugué,

    Vous dites que « La politique est devenue une affaire de passionné, et se déroule à l’image des compétitions de foot ... Dans ce contexte, les électeurs sont des spectateurs, et lorsque les présidentielles se déroulent, la France se met au diapason, comme lors d’un Mundial. La presse et les médias sont au rendez-vous. »

    Cette idée me rappelle que, pour les psycho-sociologues, le cerveau a besoin de vivre, périodiquement, des « états modifiés de conscience ». Des changements de régime. Nous aurions un besoin naturel, quasiment physiologique, de modifier périodiquement les modalités de notre fonctionnement mental. C’est pourquoi certains aiment absorber de l’alcool, d’autres aller chercher la transe dans certaines musiques, d’autres enfin assouvir le besoin de se « dépayser ».

    A l’instar de notre psyché individuelle, la psyché collective aurait besoin, de temps en temps d’une onde de choc collectif élaborée à partir d’une émotion forte. Besoin justifié peut-être par l’amertume de se sentir si précaire dans l’impermanence radicale des choses. Nous acceptons notre destin tragique par intégration, à doses homéopathiques de la mort et par absorption des douceurs de l’émotion collective qui permet d’apprendre à jouir ensemble des petites, voire des folles choses. Ces instants d’éternité comme les appelle le philsophe Michel Maffesoli, cette sensation d’être enveloppé dans le matriciel, d’être intensément englobé, de s’éclater dans le grand tout, dans le macrocosme.

    Les élections contemporaines ne remplissent elles pas au fond, confusément, ce besoin ??

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