22 h 00. On passe aux sujets économiques. Là encore, deux lignes s’affrontent. La ligne libérale de Raphaël Glucksmann, qui prévoit de laisser ouvertes quelques entreprises privées (afin de pouvoir les taxer davantage que dans toute l’histoire de l’humanité) et la ligne sociale de François Ruffin, qui prévoit de toutes les nationaliser et de mettre leurs dirigeants en prison (puisque de toute façon, ce sont des gens qui pratiquent l’évasion fiscale). Finissons-en avec le capitalisme, renchérit Fabien Roussel, et mettons en place l’un des nombreux autres systèmes économiques qui ont fait leurs preuves partout dans le monde. Les riches, explique Lucie Castets, détiennent une partie disproportionnée de la richesse nationale et privent ainsi les classes populaires de ressources. C’est pourquoi l’on vit généralement beaucoup mieux dans les pays où il n’y a pas de riches.
22 h 00.Anne Hidalgo (dissidente PS) propose d’offrir à chaque Français un logement social à la naissance (un « coup de pouce pouvoir d’achat », cumulable avec le chèque énergie et le bonus réparation textile). La proposition indigne Olivier Faure. Le PS, le vrai, dit-il, ne réintroduira pas la préférence nationale mais offrira un logement à tous ceux qui le souhaitent, sans distinction de nationalité, de genre, d’ethnie, ou d’orientation sexuelle. Attention, l’interrompt Raphaël Glucksmann. Cela pourrait inciter des Hongrois à immigrer en France. Or cette population, qui vote pour Viktor Orban, est porteuse de valeurs aux antipodes des nôtres, et pourrait imposer chez nous des idées et des mœurs rétrogrades. Oui à l’ouverture des frontières, oui à la générosité, mais non à la naïveté. Restons vigilants face à la peste brune.
And now, Ladies and Gentlemen, la diversité de la Gauche ...
( copié-collé d’un article du Figaro )
Samuel Fitoussi : « La primaire imaginaire de la gauche unitaire »
20 h 30. Le débat s’apprête à commencer. Le 11e arrondissement de Paris s’est figé dans le silence, le quartier retient son souffle devant sa télévision. Le moment est historique. Sur le plateau, quelques drapeaux palestiniens ondulent dans le public ; l’ambiance est chaleureuse, l’union de la gauche enfièvre. Avant de débuter, chacun des candidats va embrasser la main de Gabriel Zucman en signe d’allégeance. Tout d’un coup, la panique s’empare des candidats : 54 % des débatteurs sont des hommes. Pour atteindre la parité, on demande à deux femmes dans le public de participer.
21 h 15. Sur la laïcité, deux lignes s’affrontent. D’un côté, la ligne de la laïcité rigoureuse (quelques églises pourront rester ouvertes), et de l’autre, la ligne de la laïcité ouverte (elles devront toutes fermer afin d’être transformées en mosquées ou en centre d’accueil pour réfugiés). Jérôme Guedj, qui défend la première, est accusé par Christiane Taubira de faire le jeu du RN ; il présente ses excuses.
21 h 30. Sandrine Rousseau propose la gratuité des transitions de genre pour les animaux domestiques.
Enfin, la rumeur, aussi ancienne qu’insistante, d’affaires de mœurs inavouables, qui renvoie au tréfonds de la libération sexuelle des années 1970. On ne saurait la cautionner, n’étaient de vieilles déclarations spontanées de l’auteur, ou un compte rendu d’intervention de la police marocaine dans une affaire de pédophilie à Marrakech dans les années 1990, qu’un journal marocain rappela deux jours avant la démission de l’impétrant, emporté par la tentaculaire affaire Epstein dont le noyau dur relie ce criminel pédophile établi à une myriade de notables à travers le monde. L’insubmersible figure du gauchisme culturel français aux multiples facettes ne fût-il pas nommé « ambassadeur itinérant chargé de la piraterie » en août 2012 par le facétieux François Hollande ?
Jack Lang achève donc sa longue carrière en tant que président de l’IMA, poste auquel il fut nommé en janvier 2013, treize ans auparavant. L’emblématique institution parisienne fut créée par Giscard d’Estaing en lien avec son ami Hassan II. Au fil des décennies s’est tissé autour d’elle un complexe réseau entre des États cherchant à pousser leurs intérêts à Paris, et à placer sous leur dépendance des obligés tombés en leur pouvoir. La fragilité et les faiblesses du dernier président de l’IMA le plaçaient d’emblée sur la liste des personnalités à haute valeur ajoutée pour des régimes sans scrupules, d’autant plus que la France est devenue le seul payeur de l’IMA. Le peu d’attachement de Jack Lang à la culture française est à mettre en regard de ses odes - livre à l’appui - à la langue arabe, une langue qu’il ne parle pas, dont il ignore les complexités et les enjeux idéologiques, surtout vu de son fief, la grande capitale berbère de Marrakech, où il séjournait encore cette semaine.
À l’heure où l’apprentissage élémentaire de la langue française n’est plus assuré dans nombre d’écoles françaises - faute d’élèves francophones suffisants -, que les romans français ne sont plus accessibles à la majorité, et que l’on a assisté en quarante ans à l’effondrement des langues étrangères - modernes comme mortes -, sans que l’anglais en retire grand bénéfice - hormis l’hyper-minorité qui lisait autrefois l’allemand et le latin dans le texte -, le pathétique plaidoyer du directeur de l’IMA en faveur de l’arabe n’abusait même plus ses soutiens.
Or une fois éradiquée la quête du bon, du bien et du beau, et que les exigences morales, spirituelles et esthétiques ont été réduites à la portion congrue, ne reste guère que la prédation, soit l’accaparement des biens et des corps. De ce point de vue, le long règne de Jack Lang a été emblématique d’une conception néopatrimoniale du pouvoir. François Mitterrand en début de règne, avec qui il aimait se rendre quelque soir à Venise pour prendre un apéritif sur le Lido, par avion du Glam, l’avait bien instruit des mœurs d’Ancien Régime. On ne saurait ici faire la chronique des affaires qui ont émaillé sa pratique du pouvoir, moins en matière de subversion culturelle, comme le fut l’événement fondateur de Chaillot, qu’en matière de prévarication et d’abus de pouvoir. Des costumes jamais payés ni rendus à l’entreprise Smalto, qui s’élèvent à des sommes astronomiques en cours de jugement (reléguant les costumes Fillon à une œuvre de charité) ; des séjours dans des palaces jamais payés, à Cannes où l’on mit fin à sa venue, ou dans le monde arabe, où l’on se plaignait de son insistance au Quai d’Orsay ; ou ce restaurant libanais de l’IMA mis en faillite par son directeur, débiteur d’une dette astronomique qui fut chiffrée dans Le Canard Enchaîné.