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Jean Lasson

Scientifique, créateur d’entreprises. Observateur de la res publica depuis de nombreuses années, de plus en plus concerné et préoccupé par la tournure des évènements.

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  • Premier article le 03/04/2007
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  • Jean Lasson 1er juin 2008 08:16

    @ perlin,

    La bourgeoisie est la classe qui a plus à perdre qu’à gagner dans une révolution prolétarienne. Cela fait beaucoup de monde en réalité.

    Les progrès sociaux accumulés depuis le XIXè ont fait que la classe non possédante s’est réduite considérablement. Par possédant, il faut entendre tous ceux qui ont un bien durable à défendre, y compris une partie des prolétaires. Tout espoir du grand soir est ainsi anesthésié dans l’oeuf.

    Nous ne sommes pas d’accord sur la définition de la bourgeoisie. Vous parlez sans doute de tous les propriétaires d’une maison ou d’un appartement, qui considèrent qu’ils ont quelque chose à perdre ? Ils ne possèdent pas de moyens de production, ce ne sont donc pas des bourgeois. Mais il est vrai que certains, trop nombreux, se fantasment comme des bourgeois. Ces personnes sont plutôt âgées et ce sont elles qui ont fait élire Sarkozy. Seulement, leur conscience va probablement s’éveiller quand ils seront contraints d’aider leurs enfants qui sombrent dans la pauvreté, ce qui arrive de plus en plus souvent.

    Voilà pourquoi [...] les français soutiennent majoritairement les réformes en cours, car une majorité a compris que nous ne pouvions plus continuer à vivre comme si les autres n’existaient pas.

    Cette affirmation me semble gratuite, car non démontrée. Etes-vous bien sûr que "les français" soutiennent les réformes en cours ? J’ai l’impression du contraire et ce ne sont pas les sondages qui pourraient nous renseigner (quel est le métier de Parisot ? Qui a créé OpinionWay ?)

    Désolé de casser votre rêve de guerre des classes.

    Il ne s’agit pas d’un rêve, hélas, mais d’une douloureuse réalité. J’aurais préféré vivre en paix. Mais la guerre des classes est là et elle nous est imposée. Mon rêve est que cette guerre ne soit pas perdue, car il y va tout simplement de la vie du plus grand nombre. Mon rêve est que le prolétariat, dont la classe moyenne, retrouve enfin une conscience de classe. Sarkozy et ses contre-réformes réactionnaires vont nous y aider. Il opère une régression sociale sans précédent qui nous ramène au XIXe siècle.

     



  • Jean Lasson 1er juin 2008 07:40

    @jaja,

    Je suis d’accord avec l’ensemble de votre commentaire et la lecture de Voline m’a renseigné sur cette phase de la révolution russe. C’est pour cette raison que je n’ai aucune sympathie pour Trotsky.

    Il faut y ajouter les chauffeurs, le nombreux personnel de service (les bonnes et les cuisinières) la possibilité de décrocher sa "vertouchka" pour taper dans la caisse à volonté, bien que l’argent soit secondaire pour les privilégiés puisque tout est leur est fourni gratuitement... Sans oublier la "jouissance suprême" (Djilas) qu’est l’exercice du pouvoir sans limite...

    Avez-vous remarqué que cette description s’applique parfaitement à un personnage contemporain français ? N’est-ce pas ainsi que vit le président ?

    Ces "petits" avantages ne sont d’ailleurs pas du même ordre de grandeur que ceux que s’octroient les barons du CAC40, avec notre argent pour la plupart d’entre-eux. Pour mémoire, Antoine Zacharias, PDG de Vinci, a raflé 250 millions d’Euros en 5 ans.

     



  • Jean Lasson 31 mai 2008 19:01

    @katalizeur,

    Il est vrai que nous ne sommes pas aidés ! Trahison du PS, des syndicats (au minimum de la CFDT, mais je m’interroge aussi sur FO et la CGT), des médias inféodés, de la plupart (toutes ?) des institutions...

    Il reste cependant la rue, en masse et en passant par dessus les syndicats, par exemple par une "coordination". Dans ce cas, il faudra s’attendre à des provocations et de la violence physique. Mais la révolution n’est pas un dîner de gala...

    La vraie question est donc : la prise de conscience est-elle suffisamment large pour y arriver et nos compatriotes en auront-ils le courage ? Pas encore, je crois. Sans doute ne sommes-nous pas descendus assez bas...

     



  • Jean Lasson 31 mai 2008 17:48

    @ l’auteur,

    Je suis d’accord avec ce que vous écrivez - votre portrait psychologique de Sarkozy est sûrement fidèle - avec quelques différences concernant la mécanique des classes en cours.

    D’abord, je suis en désaccord avec l’acception que vous donnez au terme de bourgeoisie. Ce que vous décrivez sous ce terme est en fait la classe moyenne, laquelle est une partie du prolétariat (l’ensemble des gens qui vivent de leur travail et non de leur capital). La bourgeoisie, ce sont les Bouygues, Lagardère, Pinault, Arnault, Bolloré, etc.

    Ensuite, la violence de l’agression patronale (Sarkozy et les médias ne sont que les valets serviles du Medef et du CAC40) est telle qu’il faut la qualifier de meurtrière. Nous ne sommes plus dans une "lutte de classes molle", comme vous le notez justement, mais bien dans une guerre de classes. Cette guerre, nous ne l’avons pas voulue, elle nous est imposée et il nous faut donc la faire pour ne pas être écrasés, liquidés. Et même si nous la perdons, il nous faut quand même la faire pour au moins ne pas nous mépriser, à nos propres yeux et à ceux de nos enfants.

    Aujourd’hui, je n’ai réellement espoir que dans l’agression de trop, celle qui fédèrera les mouvements en une grève générale illimitée. A coup sûr, nous serons écrasés si nous ne devenons pas aussi durs que l’ennemi qui nous attaque. Mais si nous gagnons, j’espère que saurons être impitoyables avec les représentants de cette classe arrogante et violente qui, au final, veut notre mort.

     

     



  • Jean Lasson 31 mai 2008 14:02

    Comment se fait-il, alors, que le télétravail soit aussi peu développé ? Ce serait pourtant une bonne solution pour redonner du pouvoir d’achat - et de la qualité de vie - à d’innombrables salariés.

    Mais je joue le candide : nous sommes à l’ère des flics, des petits chefs qui veulent avoir leurs troupes sous la main... Pourtant, les mêmes, dans le même temps, n’hésitent pas à délocaliser tout ce qu’ils peuvent à des milliers de kilomètres !

    Le télétravail se heurte donc à une évidente mauvaise volonté patronale et ce serait aux syndicats de l’imposer en ce moment propice...

     

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