Scientifique, créateur d’entreprises. Observateur de la res publica depuis de nombreuses années, de plus en plus concerné et préoccupé par la tournure des évènements.
Il est vrai que ce coup de force est étonnant et qu’il faudrait en comprendre les raisons (urgence à remplir le programme du patronat, cynique assurance de ne plus avoir besoin de la complicité des syndicats, ... ?)
Mais, si les termes de l’accord sont bien ceux qui nous sont retransmis, que vient faire dans cet accord la possibilité, à titre expérimental, de déroger à la loi sur le temps de travail ? Titre expérimental : ces syndicats acceptent d’expérimenter le recul social ? Ce flou était une porte entre-ouverte à tous les abus, sans même que le gouvernement ait besoin de dénoncer l’accord. Y-a-t-il dans l’accord une définition, un encadrement de ce titre expérimental ? On ne peut accepter cela naïvement.
Dans la loi censée protéger le secret des sources des journalistes, il y a le même genre d’expression volontairement mal définie : le secret pourra être violé à titre exceptionnel. Ce qui signifie qu’il sera violé.
Enfin, tout ceci s’est passé au sein d’un accord sur la représentativité syndicale. On devine le donnant-donnant : vous nous aidez à maintenir notre domination syndicale et nous vous aidons à supprimer les 35 heures...
D’abord et contrairement à ce que vous croyez, je ne suis pas trotskiste et ne l’ai jamais été. Quand il était à la mode d’être "gauchiste" (à propos ce terme n’est qu’une insulte), dans les années 70, je ne l’étais pas non plus. J’étais simplement de gauche, attaché à un minimum de justice sociale, je votais pour le PS. Au début des années 80, j’étais même militant syndical (bénévole bien sûr) à la CFDT. Mais la politique suivie par le PS quand il était au gouvernement m’a progressivement radicalisé.
Voilà "d’où je parle". Et vous ? Syndicaliste de la CGT ou carrément à droite et pour les "réformes" ?
Que proposez-vous ? Qu’on continue comme maintenant, avec les mêmes, et qu’on observe sans réagir la liquidation de notre contrat social, de notre démocratie et de notre république ? Sans proposition, c’est bien votre intervention qui est démobilisatrice.
Je sais bien qu’une grêve générale illimitée ne décrète pas, mais elle se prépare. Loin de la préparer, CFDT et CGT (je fais profiter FO du bénéfice du doute) la sabotent par des journées de grève, séparées et sans lendemain.
Voici ce que je pense sous la forme d’un souvenir.
Mai 1981, je me félicite de la victoire de Mitterrand devant un ami ex-mao. Celui-ci ricane : "les socialistes, nous, on les appelait les sociaux-traîtres". J’étais déçu, outré même par son commentaire. J’étais plein d’espoir. Aujourd’hui, je suis obligé reconnaître que cet ami avait raison.
Il faut se rendre à l’évidence : le PS n’est tout simplement plus de gauche. Pas plus que Tony Blair au Royaume-Uni.
Le seul défaut de votre texte est dans le titre, qui aurait dû être : Modeste lettre ouverte au PS. Nuance importante.
Pour nettoyer le monde politique, il faudrait peut etre en arriver a les payer a l’euro symbolique. Tous frais payés, mais rien de plus. Nous aurions des chances d’avoir alors moins de politiques carrieristes.
L’honnêteté en politique est une question centrale et j’y réfléchis depuis longtemps. Les solutions pour la garantir ne sont pas si simples. Par exemple, celle que vous proposez favoriserait les très fortunés et je suppose que ce n’est pas son but. De plus, elle n’empêcherait pas les "cadeaux" en espèces ou en nature (villas, yachts, avions, etc.).
Une solution pourrait être un suivi longitudinal des politiques et de leurs descendants et ascendants directs, comme ce qui se fait pour le dopage avec les sportifs. Une division financière rigoureusement indépendante des politiques, donc élue, pourrait en être chargée.
Personnellement, je pense que nous assistons au naufrage irrémédiable de la démocratie représentative. Si nous parvenons à éviter une dictature oligarchique, il nous faudra inventer une nouvelle forme de démocratie. Pourquoi pas une démocratie directe grâce à la technologie ? Ce serait l’occasion pour la France de reprendre le flambeau de la Liberté...