Scientifique, créateur d’entreprises. Observateur de la res publica depuis de nombreuses années, de plus en plus concerné et préoccupé par la tournure des évènements.
Je pense comme Yves Cochet. Mais même lui n’ose pas expliciter la signification du ratio énergie consommée sur énergie alimentaire produite. La voici ci-dessous.
Quand l’ère de l’énergie quasi-gratuite sera finie, il ne sera plus possible de fournir à nos variétés cultivées les intrants (engrais, pesticides, irrigation, labours profonds, etc.) dont elles ont besoin pour produire leur haut rendement. Par exemple, un blé moderne sans engrais ni pesticide tombe rapidement à environ 1 tonne/ha, alors qu’il peut produire 8 à 10 t/ha avec ses intrants.
Ainsi, je ne vois pas comment les rendements pourraient éviter de baisser, au moins dans les pays développés. Mais ces pays sont justement des exportateurs.
Bref, il est très probable - mais pas certain pour moi - que la terre sans énergie ne puisse assurer la subsistance de 6,5 milliards d’hommes, encore moins des plus de 9 milliards qu’on nous promet pour 2050. Quel serait le chiffre alors ? Je l’ignore, mais il se pourrait qu’il soit inférieur à 3 milliards...
C’est pourquoi quand Jean Ziegler prétend que la terre peut nourrir 12 milliards d’hommes, non seulement je suis en désaccord avec lui, mais je trouve son affirmation irresponsable. L’enfer est pavé de bonnes intentions.
Cette politique de casse est aussi une politique de classe...
Bon article, factuel, irréfutable. Ce qui m’étonne, c’est que les données proviennent de l’INSEE. Serait-ce le coup de pied de l’âne du directeur qui, je crois, doit partir bientôt, car il n’était pas encore assez à la botte (pourtant, l’INSEE et ses indices du coût de la vie...) ?
J’avais oublié : vous voyez une issue, écrivez-vous. Ne nous faites pas languir, dites-nous laquelle, s’il vous plaît. Pour ma part, je ne vois que la maîtrise de la fusion nucléaire qui puisse nous sortir de l’impasse en conservant notre mode et niveau de vie. A supposer que ce soit souhaitable, ce qui serait un autre - mais vaste et intéressant - débat...
Votre remarque sur le CO2 est logique : les projections à 100 ans n’ont pas de sens si les réserves de carbone sont totalement épuisées avant 50 ans. Le GIEC tient-il compte de ce fait ?
Comme vous, j’ai été frappé par l’article de Dave Allen Pfeiffer. J’ai depuis vérifié une donnée impressionante de cet article, qui résume l’impasse : dans les systèmes agricoles développés, 10 calories sont dépensées pour produire une calorie alimentaire.
D’abord une petite question à l’auteur : quand vous écrivez "La consommation mondiale actuelle est de 88 milliards de barils par an", je suppose que vous avez converti les autres sources d’énergie (charbon, hydrolique, nucléaire, etc.) en Tep puis en barils ? En effet, la consommation de pétrole "tous liquides" est aujourd’hui inférieure à 32 milliards de barils par an (Gb/an).
Ensuite, pour aller dans le sens de l’auteur sur le nucléaire, je conseille la lecture du rapport de l’EWG sur le nucléaire. Il ressort de ce rapport que les réacteurs nucléaires de la 4e génération (disons de type Superphénix pour simplifier) arriveront trop tard et, pour cette raison, ne seront probablement jamais construits. En toute hypothèse, il semble bien que le nucléaire soit incapable de compenser le déficit énergétique qui a débuté. Qu’en pensent Krolik et Pierrot ?
Enfin, une remarque plus politique : quel crédit accorder aux autorités et agences officielles (AIE, Commission européenne, etc.) quand leurs prévisions sont aussi irréalistes ? Aucun. Dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, ces autorités pratiquent la désinformation. Et si on admet que gouverner, c’est prévoir, elles n’ont donc aucune légitimité à gouverner...
Bon, après avoir vérifié quelques points et relu l’article de Claude Valette, je confirme que ce monsieur n’a pas étudié suffisamment le sujet et commet de trop nombreuses erreurs pour que je les rapporte toutes ici.
En restant focalisé sur le cas du WTC7, l’auteur écrit :
Les fondations du WTC ont nécessité le creusement d’une gigantesque “baignoire” sur une surface de , descendant jusqu’au lit rocheux du sous-sol, à de profondeur. Afin d’isoler totalement WTC des immeubles voisins, pour empêcher tout écoulement d’eau, toute pression de la terre et tout mouvement de terrain provenant des immeubles et des rues voisines, les fondations dans leur ensemble ont été entièrement ceinturées d’un énorme mur en béton armé de 7 étages (de haut). Ce mur a été retrouvé intact. Les bâtiments voisins, dont les fondations ne descendent pas jusqu’au lit rocheux à 21 m de profondeur, ont donc été bien protégés de l’onde de choc. [page 7]
La théorie développée par l’auteur est que tous les bâtiments du WTC construits dans la "baignoire" (bathtub), partagent un plancher de fondation commun et sont isolés des autres bâtiments à l’extérieur de la baignoire. Les ondes de choc crées par la chute des 2 tours WTC2 et WTC1 auraient donc été transmises à tous les bâtiments à l’intérieur de la baignoire et pas aux autres à l’extérieur. Cette théorie expliquerait pourquoi le WTC7 a été détruit et pas ses voisins, ni les autres immeubles de grande hauteur autour du WTC.
Il faut être précis et j’insiste donc : l’auteur suggère que les ondes de choc se sont transmises par le béton du plancher de la "baignoire" et pas par la roche granitique sous-jacente, car alors tous les immeubles avoisinant, WTC et non-WTC auraient été affectés et certains seraient alors peut-être tombés aussi.
Bien que construit postérieurement au reste du WTC, WTC7 était solidaire du WTC par le béton au niveau des sous-sols, qui étaient communs à l’ensemble. [page 7]
Cette affirmation est infondée : le WTC7 était construit à l’extérieur de la "baignoire". Pour le vérifier, on peut également voir les plans présentés dans cette page, ou consulter les photos d’archives de la construction des tours, ou encore rechercher les références dans Google avec les mots "WTC bathtub". Le WTC7 était en fait isolé des tours WTC1 et 2, de l’autre côté de Vesey Street, il ne partageait pas de sous-sol avec elles. Le seul élément de continuité entre les tours et le WTC7 était la roche granitique.
La théorie de l’auteur s’effondre donc, plus sûrement que le WTC7
De plus, même si elle avait resisté à l’analyse, cette théorie n’expliquerait pas la température extrèmement élevée et l’acier fondu trouvé au pied du WTC7 (l’acier fond à 1500 °C).
Autre exemple de l’amateurisme de l’auteur : il ne semble pas savoir qu’il ne suffit pas de saper les fondations d’un bâtiment pour qu’il tombe sur son emprise ; il faut aussi découper ses colonnes en tronçons plus petits (de l’ordre de 3 étages ou moins). Sinon, il a tendance à basculer, comme lors des tremblements de terre.
Plus généralement, les scénarios d’effondrement décrits dans l’article ne sont pas supportés par des démonstrations. Les calculs, concernant l’énergie des ondes sismiques et les vitesses de chute, ne sont là que pour donner une caution scientifique aux opinions de l’auteur. Nous sommes en présence d’un discours utilisant l’argument d’autorité. Il faut alors souligner que l’auteur est un spécialiste des ondes non sismiques, mais il n’est ni architecte, ni spécialiste en génie civil.