Il faudrait citer les études de Michel Simon et Guy Michelat parues dans la Pensée sur les corrélations ( statistiques ) entre le vote et le degré de pratique religieuse en France.
Cette corrélation étant prouvée scientifiquement, on comprendra aisément pourquoi le Capital et ses valets au pouvoir tiennent tant à redonner une place au religieux ( programmes scolaires, institutionnalisation du religieux ( conseil français du culte) .
Vous écrivez que pour l’Islam c’est différent en France mais il faut voir à quel point on laisse aux représentants religieux exercer même indirectement des pressions sur leur soi-disant communsauté de croyants, comme autrefois l’Eglise catholique était l’instrument du Prince.
Pour casser la conscience de classe, rien de mieux que la Religion.
La Religion, de façon dialectique, semble rassembler des croyants . Mais en réalité elle individualise l’esclave, le Prolétaire, le salarié en le privant de sa conscience collective de classe.
La question, au fond, n’est pas de croire ou non , mais de savoir à quel point on est un sujet religieux.
Il y aurait aussi une étude historique à citer sur la déchristianisation des ouvriers en France... ce phénomène illustrant la collusion du Patronat et de l’Eglise ( catholique, surtout) qui atteint son acmé durant l’Occupation ...et il est frappant de voir que le rôle de l’Eglise durant la 2de GM ne lui permit pas de remplir les lieux de culte ... et ce n’était pas alors sa priorité.
Les gens qui aujourd’hui nous vantent les méritent du Religieux taisent les collusions de l’Europe, du Vatican et du Reich.
Il faudra peut-être aussi regarder si les Colombiens n’ont pas subi des pressions pour voter non, car seuls les fascistes colombiens refusent la guerre pour les mêmes raisons qui ont poussé la Résistance à s’organiser.
Le peuple Colombien veut la paix , mais subit les manipulations médiatiques.
La sagesse des partisans de la Paix peut encore triompher des Uribe et des milieux paramilitaires.
Par rapport à vos statistiques, mes chiffres étaient un peu différents mais ça ne change pas le sens des propos.
Il faudra regarder les votes de façon fine pour voir qui a voté OUI et où on a voté NON.
Le faible taux de participation montre à la fois des pressions contre le OUI ( intimidations des paramilitaires qui n’ont rien signé et ont déjà menacé les victimes qui se déclaraient victimes ( c’était le point le plus délicat : la reconnaissance des victimes ) . et un certain désespoir .
Je me rappelle ici l’effervescence médiatique bien orchestrée pour nous vanter le « changement radical » promis par Obama. Mes élèves (de quartier populaire) m’interpellaient et semblaient transcendés par la venue de candidat. Je leur opposais Chavez ( c’était il y a quelques années) et eux ignoraient le changement réel - le social - qu’incarnait Chavez. Ces élèves n’étaient pas politisés.
Et c’est bien cet Obama qui a permis la situation présente ...
Obama avait un programme qui rejoint celui de Poutine : restaurer la puissance du pays en perte de vitesse.Mais pour Obama, il s’agissait d’hégémonie militaire et économique, avec un interventionnisme sans complexe , très agressif, dont Clinton incarne le prolongement et donc on peut craindre où il va mener quand on voit les manoeuvres contre la Russie , le Vénézuela, et ailleurs. Pour Poutine, c’est plutôt une puissance solide, reconnue , un peu dans le style soviétique - la solidarité internationale et la dimension sociale en moins ...
En quelques années, tout cet espoir de changement a été trahi - et ceux qui étaient dupes sont dépités mais la manoeuvre s’est avérée efficace car il s’agissait , au niveau idéologique, de prévenir le développement de projets politiques réellement progressistes.
Si l’espoir n’existe plus, la révolte ne débouche sur aucune utopie.
Obama a donc réussi totalement les objectifs de la classe capitaliste mondiale, car ce dépit se répand hors- les Etats-Unis.
Sanders n’aura peut-être été qu’un feu de paille. Les conditions évoluant, rien ne garantit que cette mobilisation trouvera le moyen de se poursuivre et de mener à un vrai changement, à moyen terme
...
C’est pareil ici , Hollande a déçu, ceux qui ont voté « utile » ( j’entends encore mes collègues du PS clamer « le bon bulletin » ils se sont très vite tu (une semaine après) mais le mal était fait.
Il n’y aura peut-être plus de vote « utile » pour le PS, mais le Patronat s’en contrefiche, il a d’autres cartes que le PS, l’essentiel étant de tuer dans l’oeuf toute velléité de changement social.