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Kookaburra

Kookaburra

Si les arts plastiques et surtout la peinture ont occupé la majeure partie de ma vie (enseignement et activité), je me suis tôt intéressé à la philosophie que j'ai étudiée parallèlement avant de devoir l'abandonner après deux ans. Mais les questions de nature philosophiques me passionnent plus que toute autre matière. Ayant vécu longtemps dans plusieurs pays je suis tri-culturel - anglais, allemand et français, et je parle couramment ces trois langues - comme une vache australienne.
A mon avis, chaque auteur devrait se présenter dans lespace prévue. On peut donner quelques indications sur sa personne tout en préservant lanonymat. Savoir un peu sur la personne facilite la compréhension de ses propos. Raison pour laquelle jajoute ici quelques lignes à ce que javais écrit il y a quelques années.
Elevé dans un milieu protestant peu pratiquant, je n’ai jamais fréquenté l’église. Agnostique, c’est-à-dire ni croyant ni non-croyant mais figé dans un doute permanent et peu confortable, je m’identifie quand même à la culture occidentale, et comme cette culture est imprégnée du christianisme, inévitablement, je le suis aussi. Donc, culturellement je suis chrétien, mais d’un christianisme épuré, simplifié, réduit aux dix commandements et surtout au message du Christ de non-violence et de l’amour, ce qui reste, bien entendu, un idéal, que je trahis continuellement.

Tableau de bord

  • Premier article le 21/03/2008
  • Modérateur depuis le 05/03/2010
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Derniers commentaires



  • Kookaburra Kookaburra 28 mars 2013 13:41

    Etre athée et adhérer aux valeurs chrétiennes est parfaitement possibles, et même nécessaire, car refuser les valeurs chrétiennes reviendrait à un refus de toutes valeurs, du moins si vous m’accordez que les valeurs dites laïques sont les mêmes que les valeurs chrétiennes.

    Si être athée veut dire que je sais qu’aucun Dieu n’existe, je trouve l’affirmation un peu arrogante puisque invérifiable. Par contre si vous dites je crois qu’aucun Dieu existe, ou que je ne crois pas en un Dieu, je trouve cette position tout à fait respectable.



  • Kookaburra Kookaburra 28 mars 2013 11:01

    Merci Loup de votre message. Nous sommes donc d’accord sur le fond. Mais je ne partage pas tout à fait votre athéisme. Je préfère l’agnosticisme.

    Lathéisme, qui consiste à tenter dêtre heureux malgré le tragique de la vie, au lieu de lui chercher un sens aléatoire, trouvent beaucoup dacceptation. Cependant, lEuropéen, en abandonnant ses croyances, ne les quitte pas tout à fait : il en conserve des fragments, comme lhumanisme de type chrétien, qui se détache de son socle transcendant mais demeure objet de croyance, parce que lon ne se sépare si vite des référents religieux qui vous ont fait vivre pendant des millénaires. Lathéisme mène à lindividualisme et le culte du moi. Débarrassé de la croyance, la moi se trouve dépouillé de tout dogme et rêve dêtre lui-même son propre recommencement. Lexistence nest plus vouée à un but qui se trouverait au terme du chemin : lexistence est le chemin même. Sans les dogmes et les croyances qui les avaient fait naître, on retourne à la simple vie. Faute despérer une transcendance, on trouvera sa joie dans lordinaire, et le signifiant dans ce qui paraissait autrefois insignifiant.

    Religion dogmatique et matérialisme athée sont tous les deux des dogmatismes. Si la religion dogmatique divinise la transcendance, lathéisme sévertue à en nier lexistence, réduisant ainsi lhomme à un animal comme les autres, supérieur sans doute en certains points, mais par le degré seulement, ou la quantité.

    Kant, avec “La Critique de la Raison Pure”, a résolu certains des principaux problèmes épistémologiques soulevés par Hume, mais au prix du rejet de la possibilité de rien connaître au-delà des apparences du phénomène. Nous ne pouvons pas connaître Dieu mais l’idée de Dieu est une nécessité pratique, selon Kant.

    Il avait aussi bien démontré que croire ou ne pas croire ne change rien à la morale et presque rien à léthique, mais détermine la possibilité de lespoir : la croyance offre lespoir, alors que lathéisme, comme Pascal lavait vu et comme Kant le confirme, se voue au désespoir ou au divertissement.

    Je devient ici un peu dogmatique moi-même, mais ce que je cherche à exprimer, c’est simplement que l’agnosticisme me semble plus raisonnable que l’athéisme.



  • Kookaburra Kookaburra 28 mars 2013 10:41

    Merci Aldous de votre message intéressant. J’ajoute une remarque sur l’humanisme :

     

     L’Humanisme, qui met l’homme au centre de tout en affirmant sa dignité, sa liberté et ses capacités de connaissance se développe pendant le XV° siècle avec la redécouverte de l’Antiquité. Il a recours au message évangélique pour défendre la liberté individuelle face à la domination des clercs. L’invention de l’imprimerie lui permet un grande diffusion du savoir. Au début il reste profondément chrétien, mais avec les Lumières au XVIII° siècle il se sépare de l’Eglise, qu’il critique sévèrement. Néanmoins, la plupart des philosophes des Lumières restent chrétiens et s’appuient sur l’éthique chrétienne pour libérer la société de la domination des Eglises et édifier une morale laïque. Ce n’est que plus tard que certains penseurs au XIX° siècle cherchent à débarrasser l’homme de toute religion. L’Humanisme devient alors antichrétien en opposant radicalement la croyance et la raison.

    L’humanisme, dans le sens de la valorisation de la personne humaine individuelle, trouve ses racines dans le droit privé et la protection juridique développés par Rome, culminant dans le Corpus juris civilis de Justinien au VI° siècle. Mais le christianisme a aussi joué un rôle par la valorisation de l’individu dans sa particularité, créé et voulue par Dieu, et conservant cette singularité dans l’éternité même. Le christianisme est aussi en ce sens humaniste par le fait que Dieu est entré dans l’humanité par l’incarnation. Il n’y a pas d’opposition entre les valeurs humanistes et les valeurs chrétiennes, sauf l’idée Protagorienne que « l’homme est le mesure de toutes choses ».

    Sur ce point Heidegger considérait que lhomme ne peut être le dernier mot. Le dernier mot cest lEtre. Selon une des formules les plus connues de Heidegger, « l’homme est le berger de l’être », l’homme doit veiller à quelque chose qui le dépasse et qui est ce qu’il appelle l’Etre.



  • Kookaburra Kookaburra 27 mars 2013 19:08

    En France, historiquement, la laïcité s’érigea comme l’adversaire de la religion catholique, et de cette opposition naquit l’impression que la laïcité est une alternative à la religion. Depuis que l’Eglise a accepté le principe de la séparation des pouvoirs, la laïcité française se cristallise essentiellement autour de l’islam et des populations musulmanes, mais puisque ce fait est politiquement inavouable, on a préféré l’habiller d’une apparence impartiale en désavouant nos origines chrétiennes et en soumettant toutes les religions aux mêmes restrictions, notamment l’interdiction des signes « ostentatoires ». Sont aussi tombées sous cette interdiction certaines de nos traditions comme l’arbre de Noël et la crèche sur la place du village, ou des illuminations « Joyeux Noël » et autres références bibliques. Interpréter la laïcité comme une prise de distance avec le christianisme, le mettant au même plan que les autres religions, avec ni plus ni moins d’importance que celles-ci, c’est renier notre histoire, et s’apparente à un rejet de notre culture. La laïcité n‘a plus de querelle, aujourd’hui, avec le christianisme, qui, de toute façon, était déjà laïc dès le début - « Rendez à César ce qui est à César …  ». Elle concerne les religions qui ne connaissent ou ne reconnaissent pas la laïcité, et notamment l’islam, qui, pas sa nature même, contrôle le temporel autant que le spirituel. L’Eglise a depuis longtemps accepté la laïcité, mais le principe de la séparation et l’indépendance de l’Etat et la religion est étranger à l’islam.



  • Kookaburra Kookaburra 27 mars 2013 12:43

    Pourquoi la démocratie et les droits de l’homme sont-ils nés en Occident plutôt qu’en Inde, en Chine, ou dans l’Empire ottoman, sinon parce que l’Occident était chrétien ? On peut aussi ajouter que le christianisme n’est pas seulement une religion. Certes, le message des Evangiles s’enracine dans la foi en Dieu, mais le Christ enseigne aussi une éthique à portée universelle : égale dignité de tous, justice et partage, non-violence, émancipation de l’individu à l’égard du groupe et de la femme à l’égard de l’homme, liberté de choix, séparation du politique et du religieux, fraternité humaine. Quand, au IVe siècle, le christianisme devient religion officielle de l’Empire romain, la sagesse du Christ est en grande partie obscurcie par l’institution ecclésiale. Elle renaît mille ans plus tard, lorsque les penseurs de la Renaissance et des Lumières s’appuient sur la « philosophie du Christ », selon l’expression d’Erasme, pour émanciper les sociétés européennes de l’emprise des pouvoirs religieux et fonder l’humanisme moderne.

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