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Krokodilo

Krokodilo

Médecin généraliste à la retraite, je m’intéresse à tous les sujets sur lesquels je n’ai aucune compétence, ce qui me laisse un large champ d’intervention. A l’époque où j’enquêtais sur les OVNI, j’ai percé le grand secret de la zone 51 : les extra-terrestres sont effectivement venus sur Terre, mais ils ont trouvé l’anglais trop difficile et sont repartis. Depuis, je m'intéresse à la question des langues, de la communication internationale et de l’espéranto.

Tableau de bord

  • Premier article le 06/12/2006
  • Modérateur depuis le 09/01/2007
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Derniers commentaires



  • Krokodilo Krokodilo 20 avril 2008 16:34

    Cricri,

     

    Vous pourriez commenter le sujet de l’article lui-même, avant de dévier sur d’autres aspects, dont nous avons déjà plusieurs fois débattu : « Bon, Krokodilo, vous perdez votre temps a essayer de demontrer l’ *inutilite de l’anglais* ou l *utilite de l’esperanto*. Seuls les faits pourront convaincre les gens. »
    J’en déduis que vous n’avez rien à dire sur l’anglicisation de l’enseignement supérieur, sur le fait que les pays qui sont allés le plus loin dans cette voie en perçoivent maintenant les effets secondaires néfastes et s’interrogent sur l’avenir de leur langue.

     

    Je vous rappelle qu’on apprend pas l’anglais uniquement parce qu’on le veut, mais parce qu’il est imposé à l’école primaire depuis 3 ou 4 ans, parce que le choix des langues en 6e en LV1 se réduit de plus en plus, jusqu’à être cette année limité à l’anglais dans de nombreux établissements ! La notion de choix des langues est moribonde en France . De là, nos dirigeants en déduisent avec la plus grande mauvaise foi que c’est le « choix » des parents... Beaucoup l’auraient choisi, en effet, mais personne ne sait combien auraient pris italien ou espagnol, ou allemand près de chacun de ces trois pays, par exemple.

     

    « c’est une competence absolument necessaire pour travailler en tant qu’ingenieur ou commercial d’entreprise. »

     

    C’est faux : pour vendre en Russie ou en Chine, postulez avec un bon niveau en russe ou en chinois, vous verrez, un profil atypique a aussi ses atouts, surtout quand un niveau passable en anglais ne fait plus la différence, puisque « tout le monde » parle un anglais médiocre.

     

    « Vous voulez promouvoir la langue francaise et la renforcer par rapport en anglais ? Ecrivez le prochain *Harry Potter* en francais, creez une silicone valley francaise dans votre quartier... »

     

    Harry Potter, sommet de la littérature ? C’est une blague ? C’est bien foutu, dynamique, ça a marché, tant mieux pour l’auteure, mais puisque vous connaissez l’Asie, lisez plutôt « Stupeur et tremblements » d’Amélie Nothomb, c’est quand même autre chose, et elle aussi est mondialement connue. Le succès d’un livre anglo-saxon dépend aussi de facteurs commerciaux, du « buzz », d’une concordance d’intérêts divers, de pub et de critiques de journaux, etc. En clair, un bon polar étatsunien a infiniment plus de chances de devenir un mégasuccès qu’un bon polar, mettons, au hasard, tchèque, égyptien, russe ou même chinois.

     

    Pour le reste, le TGV, Airbus, Ariane, la France première destination touristique, etc, ça vous dit quelque chose ? La France est déjà un pays naturellement attractif, mais pour attirer des cerveaux et les inciter à travailler des années chez nous, mieux vaudrait leur offrir des facilités de logement, une garantie d’aide administrative pour leurs démarches d’insertion, etc. plutôt que leur organiser des cours en anglais pendant 6 mois, car cela leur permettra surtout d’aller faire leur post-doc en GB ou aux USA... Notre situation est très différente de celle des petits pays qui, eux, peuvent effectivement y trouver un intérêt, alors que France et Allemagne ont tout à perdre à angliciser leur enseignement supérieur.

     

    Puisque vous tenez tellement à dévier le débat sur l’espéranto, c’est la même situation que lorsque les premiers écolos militants se faisaient moquer ; aujourd’hui, les entreprises elle-même ont piqué la notion de développement durable ! Eh bien, l’anglais, c’est l’utilité à court terme (le refrain : les ingénieurs s’en servent tous les jours, etc.), et l’espéranto le développement durable, les deux ne sont pas incompatibles, et nombre d’espérantophones sont polyglottes.

     

    Mais, je le rappelle, cet article s’interroge sur l’intérêt pour la France à développer des cursus anglophones, alors que les pays nordiques se rendent maintenant compte que leurs langues meurent à petit feu.



  • Krokodilo Krokodilo 18 avril 2008 19:00

    On a l’habitude, c’est un habitué qui nous traque et parasite chaque discussion, rançon de la liberté d’expression nouvelle de l’Internet participatif.

     

     

    Le British Council est de loin l’organisme qui subventionne le plus sa langue, loin devant le Goethe instittu ou l’Alliance française, etc.

     

    http://209.85.135.104/search?q=cache:KkHh0Tyl5G8J:editions.campusfrance.org/notes/NOTE_EDUFRANCE_2.pdf+budget+British+Council&hl=fr&ct=clnk&cd=36&gl=fr&client=firefox-a

     

    Ce qui est marrant, c’est que les USA et la GB proclament depuis des années que les subventions sont anti-économiques, sauf quand il s’agit de soutenir l’anglais !

     

    Réclamons à l’UE la concurrence libre et non faussée des langues !

     

     



  • Krokodilo Krokodilo 18 avril 2008 10:32

    Un article récent sur les questions linguistiques au Danemark qui traite de l’alphabet, de trois voyelles spécifiques à leur langue, alors que celui que j’ai indiqué parlait de l’enseignement supérieur :

    "Sabine Kirchmeier-Andersen, directrice du Dansk Sprognævn, pense qu’il n’est pas utile de les supprimer de l’alphabet danois puisque l’usage tend à se généraliser. Ce serait ainsi une mutation naturelle de la langue. Mais il ne faut pas les faire disparaître définitivement pour autant par la voie législative. Cependant, ce sont Internet et les nouvelles technologies qui ont introduit cette tendance. Par exemple, on ne les voit déjà plus dans les adresses de site Internet. Une solution serait pour le danois, par souci de simplicité dans le cadre de l’utilisation numérique, de doubler les voyelles en question, comme les autres langues nordiques.

     

    Elle met également en avant la contradiction des positions : la tendance de la mondialisation pousse à la disparition de tels caractères dans un mouvement d’uniformisation, mais en même temps, la réaction identitaire pousse à une sauvegarde de ces spécificités linguistiques, se mettant en faux des changements naturels. Cette ambivalence est très présente en Europe du Nord. L’anglais y est d’une part très développé (recherche scientifique, éducation, médias, etc.), mais d’autre part cela n’empêche pas les gouvernements de ces pays à toujours promouvoir et mettre en avant leur langue, en passant notamment par l’adoption de lois sur la langue, par la création de Commission (d’étude) de la langue et par le développement de programmes d’apprentissage de leur langue, qui rencontrent un vif intérêt."

     

    "Par rapport aux autres pays nordiques, le Danemark ne s’est penché que récemment sur cette question, car derrière ce débat sur la forme de la langue, il y a aussi le débat de fond : le danois souffre d’un problème de vitalité. En effet, la langue voit naître peu de nouveaux mots. Aussi, contrairement à ces voisins, qui appliquent une législation plus ou moins protectrice, le Danemark semble suivre son évolution naturelle, dont la disparition progressive de ces trois voyelles est un signe."

     

    http://www.nouvelle-europe.eu/index.php?option=com_content&task=view&id=459&Itemid=60
     



  • Krokodilo Krokodilo 18 avril 2008 10:22

    En outre, l’anglais guérit la calvitie et le cancer ; c’est une information trop méconnue que les natifs gardent jalousement pour eux, mais grâce au web participatif, tout le monde va pouvoir profiter de ces bienfaits.



  • Krokodilo Krokodilo 17 avril 2008 18:15

    Un article du New-York Times (maintenant en accès payant) qui a un rapport avec votre article, surtout le dernier chapitre :

     

    To the Western eye, it is a bizarre phenomenon : small Asian nation-states should be balancing against the rising China, but increasingly they rally toward it out of Asian cultural pride and an understanding of the historical-cultural reality of Chinese dominance. And in the former Soviet Central Asian countries — the so-called Stans — China is the new heavyweight player, its manifest destiny pushing its Han pioneers westward while pulling defunct microstates like Kyrgyzstan and Tajikistan, as well as oil-rich Kazakhstan, into its orbit. The Shanghai Cooperation Organization gathers these Central Asian strongmen together with China and Russia and may eventually become the “NATO of the East.”

     

    http://www.howardwfrench.com/archives/2008/01/26/waving_goodbye_to_hegemony /

     

    Comme je m’interesse plus particulièrement à l’aspect linguistique, il est évident que ces basculements géostratégiques auront des retentissements sur les zones d’influence des langues. Déjà nombre de pays asiatiques étudient le chinois, nombre d’Etatsuniens aussi, les instituts Confucius poussent comme des champignons (bientôt un au Maroc). Pour l’anglais en Asie, c’est le début du déclin, et en Russie, ils comprennent maintenant que ce n’est pas la seule langue "internationale".

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