Ah, le « smart grid » , la transmission d’énergie à la façon de la transmission des dossiers en P2P.
On dirait du Jeremy Rifkin.
Sauf que les courants forts ce ne sont pas des courants faibles.. et il faut des lignes, des lignes de transport un peu partout.
Déjà en Allemagne ils ont des problèmes de déséquilibre du réseau avec de la production éolienne au Nord et de la consommation au Sud, mais pas les lignes de transport qui devraient aller avec. Ce qui induit des déséquilibres du réseau.Les habitants veulent bien des éoliennes mais ne veulent pas des lignes THT.. Ils vont bien arriver à mettre une partie du réseau européen par terre un de ces jours.
Si l’on veut faire du P2P d’énergie de n’importe quel point à n’importe quel point, il faut par exemple multiplier par 20 la capacité de transport HT avec l’Espagne.. Déjà que de passer une malheureuse ligne HT à travers les Pyrénées c’est un sport.. Alors parler du P2P électrique c’est une joyeuse plaisanterie pour bisous-nours.
Dans les deux cas REP et REB, c’est bien de la vapeur qui fait tourner la turbine.
Dans le cas du REP, tout le réacteur en rempli d’eau, à une température et a une pression où l’eau reste toujours sous forme d’eau liquide et pas de vapeur, c’est à dire à une température juste inférieure à la température critique (vers 352°C). L’eau surchauffée passe ensuite dans un échangeur de chaleur à pression un peu plus faible et c’est là qu’il y aura génération de vapeur, dans le GV. Ca constituera le circuit secondaire..
Dans le cas du REB, et bien il y a formation de vapeur directement dans le réacteur, typiquement une cocotte minute. Et cette vapeur ira à la turbine. Mais dans un REB il y a donc un circuit intermédiaire de moins, donc une sûreté de moins.
Pour envisager de vouloir imiter les Allemands il faudrait déjà avoir devant soi la possibilité d’exploiter du lignite pendant 450 ans. Bon il y a une petite réserve que l’on pourrait exploiter dans la Nièvre, mais à priori il y a des écolos qui n’en veulent pas.. pourtant ce serait vouloir imiter l’Allemagne.. ????!!
Pour l’instant les Allemand sont partis pour acheter des droit CO2 à d’autres pays.. Est-ce bien une attitude raisonnable ?
Vous oubliez de mettre dans la liste ARTE qui est plus subtilement toxique :
« Il y a un an Arte a proposé un documentaire de Laure Noualhat de »Libé« sur les déchets radioactifs. Documentaire mémorable par certains passages. Enquêtant sur des pollutions nucléaires dans l’Oural, sur la rivière Techa, suite à différents accidents nucléaires historiques. On voit un technicien Criirad gambader avec un compteur Geiger à la main. Il est sensé se balader sur un terrain fortement contaminé. Dans ce cas la moindre des choses est de porter des sur bottes en plastique et une blouse, pour que tout cela puisse ensuite aller dans les déchets nucléaires à retraiter (incinérer-ça se fait- ou laverie spécialisée) cela a surtout l’avantage de ne pas contaminer le voisinage avec ses vêtements et ses chaussures. Point de tout cela. Il ne porte pas de dosimètre, il ne sait pas s’il se fait griller ou non. Il déplace son compteur un peu n’importe où, au sol, plus haut. Alors que lorsque l’on fait une telle mesure il y a une hauteur réglementaire à adopter de telle façon que l’on sache de quoi on parle, en principe (sauf erreur) c’est 80cm la hauteur des gonades, les parties les plus sensibles aux radiations. Son compteur grésille à fond, l’aiguille est à saturation. Lorsque l’on emploie un voltmètre, on règle le calibre sur une valeur adéquate, si l’on veut mesurer du 240 volts, on se met sur le calibre 600V, et pas sur le calibre 20V, sinon on ne mesure rien. C’est ce qu’il fait, le compteur n’a pas le bon calibre, le technicien ne peut rien mesurer. On voit que l’aiguille est dans le rouge !! Terrible, atroce.. !Sauf que le rouge en question ça ne sert uniquement que pour vérifier la charge de la batterie de l’appareil. Enfin de l’enfumage complet du pauvre téléspectateur. Le technicien fait un prélèvement de terre, il faut cela à mains nues, alors que la moindre des choses serait de mettre des gants. Il met son prélèvement dans un emballage qui n’est conforme à aucun standard. Et il exporte cela de France en Russie, sans demander aucune autorisation. L’importation de déchets nucléaires est interdite en France, c’est la plus grosse amende prévue par le Code Pénal dans les 8 millions d’euros. Arrivé dans son labo du côté de Valence il ressort son prélèvement à mains nues pour analyses. Et là il trouve des becquerels de césium. Mais que devient son prélèvement ? Le remet-il à l’ANDRA comme la Loi le prévoit ? Ou ce prélèvement va-t-il constituer un élément dans un stockage pirate de déchets nucléaires hors du contrôle des autorités, ou finir dans un fossé du coin ?
Mais je vais terminer avec l’histoire fabuleuse du type de la Criirad qui importe des déchets nucléaires en France en provenance de l’Oural. Il faut savoir qu’il y a une réglementation européenne sur la radioprotection, c’est la directive de l’UE publiée au JO de l’UE le 29 juin 1996 (114 pages je peux vous la mettre à disposition), 10 ans après Tchernobyl (les rédacteurs ont fait attention à ce qu’ils écrivaient...), la synthèse de 60 années de recherches en radioprotection et de milliers d’études dans le monde. On peut disposer chez soi, sans déclaration particulière 10kBq de césium 137 à condition que la concentration de ce radioisotope soit inférieure à 10kBq/kg. Et comme cela il y un tableau qui donne les valeurs max admissibles, isotope après isotope. Heureusement qu’il y a une limite inférieure à la déclaration, ça permet d’avoir chez soi un réveil matin avec des aiguilles phosphorescentes, ou un morceau de granite breton. Si l’on reprend la vidéo de l’émission de Laure Noualhat, et que l’on estime la quantité de terre/boue prélevée, de l’ordre à vue de nez de 2 kg, avec une concentration de 4kBq/kg.. Soit inférieur à ce qui peut être assimilé à un déchet. Donc ce déchet sensé être ramené en catimini, ce n’était rien du tout ! C’est de l’enfumage complet du péquin moyen. »
Les REP ont été développé aux USA sous l’impulsion de l’amiral Rickover.
Il y avait bien des REB (eau bouillante), mais un sous-marin peut se retourner, et un REB qui se retourne ce n’est pas bon du tout, il faut que le combustible baigne constamment dans l’eau entièrement ce qui est le cas du REP quel que soit son orientation par rapport à la verticale.
Les REB ont un meilleur taux de disponibilité que les REP, voire simplement que les Allemands placent 6 de leurs REB dans les 10 meilleurs disponibilité annuelles mondiales.
Au début des années 70, il y avait le choix entre les REP et les REB, d’ailleurs une commande de chaque a été placé, à Creusot-Loire qui a créé sa filiale Framatome pour les REP et à la CGE (avec les Ateliers et Chantiers de Bretagne) pour un REP, et puis il y a eu un rapport américain (rapport Rasmussen) comparatif de la sûreté des filières et des chaînes de défaillance possible, il y était montré que les REP étaient moins productifs mais restaient plus sûrs que les REB en cas d’accident. La commande du REB à la CGE a été annulée et l’on est parti sur un modèle unique devant être standardisé par différents programmes, en bénéficiant d’un retour d’expérience de chaque réacteur portant bénéfice sur les sûreté de la filière.
Maintenant les REP n’ont jamais été bons pour produire du plutonium de qualité militaire.
Pour produire du plutonium de qualité militaire il ne faut pas dépasser des taux de combustion « burn-up » de 8000MW.j/tonne ; ce qui était le cas de la filière française uranium naturel graphite-gaz, et qui est aussi le cas des RBMK (type « tchernobyl) dont c’était la priorité d’utilisation. Avec un REP vous avez des burn-up qui tournent dans les 40 000MW.j/t il y a trop de neutrons qui produisent actinides mineurs et majeurs et notamment des isotopes de plutonium qui sont des poisons pour une arme nucléaire.
Lorsque l’on achète de l’uranium à n’importe quel pays, il y a une clause qui précise que l’uranium ne doit pas être utilisé pour une application militaire, la France s’est toujours attachée à respecter cette clause de façon stricte, donc on a ouvert des mines en France dans cet objectif pour faire ce que l’on voulait avec »notre« uranium.
Une fois que l’on a eu des stocks de plutonium »suffisants« pour toute activité militaire et bien l’on a fermé les mines françaises, arrêté la filière UNGG. Une fois que l’on a des stocks suffisants d’uranium hautement enrichi pour applications militaires et bien l’on a arrêté l’usine de Pierrelatte..
Dans les accidents »importants« on peut noter que le REP de TMI s’est finalement très bien comporté et que les conséquences sur l’extérieur ont été nulles.
Le RBMK de Tchernobyl était d’un type disons »simpliste« sans précaution de sûreté particulière, pas d’enceinte de confinement, un coefficient de vide positif (plus le réacteur s’emballe, plus il s’emballe), une technologie de commande qui permettait tous les bidouillages des opérateurs pour court-circuiter les sécurités ; instabilité à bas régime... etc..
Et bien pour Fukushima c’était des REB, c’est à dire la filière moins sûre telle que définie par le rapport Rasmussen..En sus de quoi les Japonais n’ont pas été très propres dans leur gestion du nucléaire. Nos enceintes de confinement sont équipées d’un gigantesque filtre à sable qui permet de diviser par 100 les émission d’isotopes sur l’extérieur lors des »ventings" de dépressurisation de l’enceinte (filtre à sable imposé par le Pr Pellerin à l’époque). En retour d’expérience de TMI il a été jugé indispensable de mettre des recombineurs d’hydrogène dans les bâtiments réacteurs, en fait un système de catalyse au nickel qui permet de produire de l’eau avec l’hydrogène sans explosion, chacun de nos réacteur est équipé d’une centaine de recombineurs d’hydrogène pour éviter les explosions en cas de fusion du coeur. les Français sont allés proposer des recombineurs aux Japonais il y a quelques années, mais les Japonais ont répondu qu’ils n’étaient pas intéressés et n’ont pas fait la démarche R&D adéquate. S’il y avait eu des recombineurs d’hydrogène les réacteurs auraient eu une meilleurs tête tout de même.
Mais on peut toujours souligner que Fukushima c’est toujours zéro mort par irradiation. Alors qu’au moment du séisme un barrage de 1,5km3 de volume et 18mètres de hauteur de digue s’est rompu et que par chance il n’y a eu que 8 morts imputable à cette rupture de barrage. Ces morts semblent être passés à la trappe, on n’en parle pas, alors que s’il y avait eu huit morts par irradiation on connaîtrait leurs noms par coeur dans le monde entier..