S’agissant du percement des oreilles, mais aussi de n’importe quel piercing, des tatouages, des scarifications rituelles, d’un « prince Albert » et autres mutilations volontaires, religieuses ou non, je suis assez d’avis que la décision ne puisse appartenir qu’à une personne majeure libre et éclairée.
La personne majeure est assez capable de s’informer et de prendre une décision responsable sur son propre corps. Une fois majeure, elle est libre de se faire refaire le nez ou les seins, de se faire implater des cornes sur le front ou de se faire exciser ou circoncir si ça lui chante.
Et même pour des motifs esthétiques ou religieux, si débiles ceux-ci puissent-ils paraître aux yeux d’un athée.
Sans vouloir trop élargir de sujet, mais juste pour dire qu’il y a un rapport, j’admettrais aussi la libre disposittion de son propre coprs jusqu’à légaliser, par exemple, les opérations de changement de sexe. Je ne conçois de limite à ce droit que concernant des IVG trop tardifs et non justifiés médicalement.
Quand aux ongles et aux cheveux, si les couper est une mutilation, elle n’a rien de définitive. A l’inverse du prépuce, les cheveux, ça repousse, non ?
« Notez que la femme a toujours été exclue de cette opération, ce qui explique qu’elle a pu devenir traditionnelle et se perpétuer, il est bien évident qu’entendant les cris du nourrisson, elle se serait interposée pour l’empêcher et l’aberration millénaire de la circoncision n’eût pas été concevable. »
... et pourtant, lorsqu’il s’agit d’excision, les mères, gardiennes des traditions ancestrales et souvent mutilées elles-mêmes, ne sont pas les dernières à passer outre les cris de douleurs de leurs filles. Si grand soit mon respect pour les femmes, nos égales en droits et en privilèges, il leur arrive, hélas, d’être aussi nos égales en cruauté et en perpétuation navrante de rites ancestraux révoltants.
« Il est très difficile pour un regroupement d’individus, de quelque nom qu’on l’appelle, de reconnaître qu’il s’est trompé pendant des millénaires, il essaie de sauver sa tradition à laquelle il tient, il faut donc user de toutes les ressources de la diplomatie pour leur faire entendre raison. »
Voilà une phrase qui n’aurait pas déparé dans un discours colonialiste.
On peut aussi leur mettre clairement le contrat social en main, en leur disant que le culte auquel cette communauté se livre contient des éléments contraires à nos lois, et qu’il faut soit les abandonner, soit pratiquer autrement (« symboliquement », par exemple), soit envisager de pratiquer le culte sur des terres plus propices à tolérer les mutilations. Nul ne regrette, après tout, que les cultes qui pratiquent les sacrifices humains non symboliques ne puissent pas se pratiquer dans le ressort de nos lois.
Cette clarté suppose réciproquement, que nous affirmions avec la même netteté que les pratiques (re)mises en conformité avec les exigences républicaines sont libres ; que nous laisserons les adeptes pratiquer librement et sans entrave toutes celles de leurs règles qui n’enfreignent pas nos lois ; et que nous nous interdisons d’inventer des lois nouvelles discriminatoires ou attentatoires à ces libertés... (comme par exemple celles qui prétendent régenter la vérité historique ou prescrire une norme vestimentaire...). La clarté du pacte social républicain suppose donc que le citoyen français moyen, retrouvant la logique de ses traditions historiques universalites et éclairées, arrête définitivement ses dérives racistes primaires et xénophobes par inculture.
« De toute façon, cette pratique barbare est en perte de vitesse, ils finiront bien par comprendre, on préfère simplement que ce soit de gré plutôt que de force. »
Je ne suis pas sûr qu’il y ait des statistiques fiables sur ces pratiques. Je suis sûr en revanche que du jour où il y en aura, elles seront faussées par des excuses médicales bidon ou des voyages à l’étranger dans des pays où l’opération sera resté légale, discrète et confidentielle, tant le fichage des personnes circoncises évoquerait de bien sombres souvenirs...
« J’aimerais bien qu’on aille circoncire les tutoyeurs protégés derrière leur écran, ils finiraient bien par comprendre que c’est le même problème à savoir que le consentement de l’intéressé est un passage obligé. »
Tu es libre de le penser, mais écrivant sur agoravox ou ailleurs, que je te tutoie ou non, je m’exprime, et ma liberté d’expresssion est aussi valable que la tienne. Je ne partage pas toutes tes idées et ne t’oblige pas à approuver les miennes, ni mon tutoiement, ni mon style littéraire, ni les fautes d’orthographe que je laisse passer... Mais je m’exprime librement et en conscience et il n’est pas de ta compétence de restreindre ce droit d’expression. Le tutoiement me sort librement du clavier avec toute la légitimité nécessaire et m’appartient en propre avant d’être lu par quiconque. Il n’en devient pas criticable parce qu’il t’est adressé.
A toutes fins utiles, je me sens d’autant plus libre d’user du tutoiement que cette pratique fait référence, historiquement, à l’abolition des privilèges et aux échanges entre pairs citoyens d’après la révolution française. Que des camarades continuent à le pratiquer dans certains cercles un peu gauchistes n’en diminue pas la valeur à mes yeux.
En plus, tu admettras que l’usage des ciseaux du censeur, déjà disproportionné pour couper les écrits, l’est encore bien plus pour pratiquer une circoncision, fût-elle repressive...
Soyons plus proportionné dans la riposte : je consens à te garantir le libre choix de me tutoyer ou de me vousoyer, comme il te plaira de te venger.
« La circoncision est un viol si l’intéressé n’est pas consentant pour être circoncis, au même titre que le tutoiement est un viol, si l’intéressé n’est pas consentant pour être tutoyé : c’est le même processus mental qui consiste à décider pour l’autre sans s’occuper de savoir si ça lui plaît ou non. »
Voyons cela de plus près : Le code pénal dit précisément ce qu’est un viol : « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol. »
Que le couteau du rabin pratique une pénétration et que celle-ci, en dépit de l’organe sur lequel elle s’applique, ait un caractère sexuel, serait une interprétation excessive.
Je chercherais plus volontiers la qualification pénale du côté des coups et blessures volontaires, ou des violences ayant entraîné une mutilation... (et zou ! en plus : « La peine encourue est portée à vingt ans de réclusion criminelle lorsque l’infraction définie à l’article 222-9 est commise sur un mineur de quinze ans [comprendre : « ou moins »] par un ascendant légitime, naturel ou adoptif ou par toute autre personne ayant autorité sur le mineur. », sans même parler de la commission en réunion, avec la complicité évidente des ascendants, et avec arme... Oui, j’exagère, mais... pas assez !). Plus probablement, le code pénal contient assez de ressource pour correctionnaliser le crime, voire limiter la qualification à une contravention bien trouvée...
Par contre, je suis assez curieux de savoir comment tu peux justifier que mon tutoiement te pénètre « sexuellement »... (en plus, tu n’es pas du tout mon type, pour ce que j’en devine...). Tes explications promettent de marquer les mémoires...
« Toute la délinquance d’aujourd’hui, à des degrés évidemment divers, physique ou morale, se résume à ce procédé qui consiste en des décisions unilatérales : votre opinion, on s’en moque, on décide pour vous. »
Je chipote : l’escroquerie consiste à obtenir le consentement. C’est de la délinquance, et qui ne se moque pas de l’opinion de la victime.
Merci pour cet article auquel je souscris globalement.
Je ne veux pas mettre tous les catholiques dans le même sac, et je suis assez satisfait de voir les plus progressistes d’entre eux s’offusquer une fois de plus de la position ultra-conservatrice de leur clergé.
Mais peut-on attendre mieux de la part de gens qui refusent encore la communion aux personnes divorcées ?
Quant à l’argument selon lequel « un enfant doit évoluer dans un environnement familial composé nécessairement d’un « père » et d’une « mère » », je prends bonne note que les autorités ecclésiastiques désavoue enfin Dieu qui sait si bien faucher des pères et des mères et crée des orphelins, que n’élève qu’un seul parent (heureusement libre de ne pas se remarier). Quand ils auront obtenu de leur dieu que les couples heureux ne soient plus séparés par une mort injuste, et que les enfants soient effectivement élevés par leurs deux parents, je les trouverai légitimes à se mêler de savoir de quel sexe ils sont. D’ici là, je ne les empêche pas de prier quoi qu’ils veulent et pour ce qu’ils veulent, mais en silence, merci.
« 1/ Vous croyez que l’on a attendu le XXI eme siècle et la médiatisation de l’homosexualité pour prendre du plaisir sans procréer ?? Vous croyez cela réservé aux homos ?? De tous temps les hommes et les femmes sont arrivés, moins facilement qu’aujourd’hui certes, à prendre du plaisir sans procréer ... »
Non, on n’a pas attendu le 21ème siècle, mais le vingtième siècle. Et encore, sa deuxième moitié. C’est dire si le phénomène est récent. Bien sûr, il existe des vestiges paléolithiques de godemichets, mais la possibilité d’un coït épanouissant de plaisir et dépourvu du risque de procréer ne date que de la démocratisation de la capote, de la pilule, du stérilet, et autres moyens de contraception. Preuve que le phénomène n’est pas si ancien : les vociférations écclésiastiques contre ces pratiques portent encore leurs fâcheux échos.
« 2/ l’enfant dioit pouvoir etre adopté par des couples homosexuels pour leur « apporter du bonheur » ... Mais cet objectif est purement égoïste ... un enfant ça n’est pas une « game boy », un jouet pour distraire ses parents et éventuellement leur eviter de s’emmerder trop dans leurs vieux jours !! »
Déjà, je ne vois pas ce qu’il y a d’égoïste à s’occuper d’un enfant jusqu’à son émancipation, sans d’ailleurs cesser de s’inquiéter pour lui après. C’est une charge, une responsabilité, des contraintes, des corvées, des contrariétés sans fin. On y est confronté en tant que parent, quel que soit son propre sexe. Je ne vois pas ce que le sexe de l’autre parent et les éventuelles similitudes avec le sien propre pourrait y changer.
Ensuite, effectivement, malgré toutes ces contrariétés, assumer l’éducation d’un enfant peut apporter bonheur, fierté, satisfactions, estime des autres et estime de soi. Là encore, c’est valable quelque soit le sexe du parent, et indépendent du sexe de l’autre.
Admettons même qu’il y ait un picogramme d’égoïsme dans ce choix et qu’il soit condamnable de ce fait, que faites-vous pour garantir que ce picogramme sera également proscrit du choix de procréer chez les couples hétérosexuels ?
Il me semble bien que le choix de faire face à ses responsabilités et d’en ressentir, dans la durée, une juste fierté et un plaisir mérité est d’autant plus fort et respectable qu’il s’agit d’une volonté consciente et réfléchie, et non d’un accident. Il me semble bien par conséquent, que tout ce qu’apporte l’hétérosexualité c’est justement le risque d’une conception accidentelle ! L’aveu cruel, fait à un enfant, qu’il n’était pas vraiment attendu ni désiré et qu’il est arrivé un peu accidentellement est le privilège exclusif des hétérosexuels, hélas pour l’enfant.
Bien sûr qu’un enfant n’est pas une gameboy, ni un gadget, pas plus qu’un cadeau gratuit qui nous tombe dessus au hasard de l’ouverture d’une pochette surprise. Mais osez seulement prétendre que l’hétérosexualité des parents représente une garantie qu’ils ne concevront pas par tocade ! Si vous êtes incapables de le garantir pour ceux-là, de quoi vous mêlez-vous de l’empêcher à tout prix pour des homosexuels ? Au nom de quel moralisme tyranique et rétrograde ? Par suite de quels préjugés imbéciles sur leur capacités d’aimer et d’assurer des responsabilités ?
Revenons à des réalités concrètes : pour la plupart des espèces animales, le plaisir est le moteur de la reproduction, et d’assouvir ses pulsions sexuelles apporte jouissance. Au nom de quelle divinité imbécile et qui renierait les rouages mêmes de sa création, voudriez vous imposer que la conception se fasse sans plaisir, sans joie, par pur devoir, par sens des responsabilités, et sans ces délicieux plaisirs ludiques ? Oui, il y a probablementt une dose d’égoïsme à se doter d’une descendance. C’est probablement pour ça que l’espèce ne s’est pas éteinte. Et ce n’est pas cet égoïsme qui fait nécessairement de mauvais parents. Quel que soit leur sexe et leurs préférences.