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L’immigré

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  • L’immigré 13 novembre 2012 17:20

    @Abou Antoun :
    « Ces [Hong-kongais] savent de quoi ils parlent. »
    Oh, oui ! Ils font partie des meilleurs en termes de qualité de l’enseignement si on se réfère au rapport de PISA (je l’ai évoqué plus bas). Les asiatiques en général font partie des meilleurs à l’école supérieure dans les meilleures universités du monde.
    Vos deux anecdotes sont tellement éloquentes que je me refuse à les placer au rang de simple accident de parcours. On mettrait une peau de banane sous le nez de beaucoup de ceux qui dirigent la France qu’ils marcheraient quand même dessus !

    « Il est bien dommage que de tels messages forts ne soient pas compris. »
    Que voulez-vous ? On ne se refait pas. Une farce !
    La France, imbue et infatuée d’elle-même, est trop aveuglée par ses acquis en termes de savoir : l’esprit qui se veut cartésien et qui est (vraiment) très loin de l’être. Cela ne m’étonne point que ces « messages forts [et évidents] ne soient pas compris » pour ne pas dire sous-estimés. Remember Vietnam !

    « L’anglais est la langue internationale c’est un FAIT que cela plaise ou non. »
    Pire ! C’est un fait implacable que je souligne plus bas.
    Les faits sont effectivement là. Je le prouve, à ma façon : pas question pour moi de perdre mon temps à renforcer mon (bon) français.

    « Pourquoi obliger des milliards de gens parlant déjà anglais première ou seconde langue à apprendre une langue artificielle [...] alors que la plupart d’entre eux parlent déjà anglais. »
    How funny you are ! Vous avez raison, c’est ridicule. L’anglais est officiellement enseignée dans tous les lycées de la planète et ‒a fortiori‒ dans toutes les universités de la planète. Le français non, même quand elle est la langue officielle dans certains pays ! Un comble (du ridicule) !

    « les raisons de la domination d’une langue »
    Effectivement, il faut vivre avec : refuser de voir cette réalité est pire que de l’ignorance. L’anglais est nettement plus facile et ‒ce qui ne gâche en rien, au contraire‒ plus joli à entendre : pas de genre comme en français, structure clairement établie, le seul accord que je connais concerne le singulier et le pluriel.
    J’ajoute ‒pour enfoncer le clou, tellement c’est ridicule‒ que la politique française en matière de géopolitique de l’enseignement est désastreuse : la fameuse Circulaire Guéant de mai 2011 (certes, elle est abrogée, mais, le mal est déjà fait). Je ne sais pas moi, a-t-on besoin d’un doctorat en relations internationales pour comprendre ce que cela implique de décourager les gens de venir étudier en France ? Ces futurs diplômés ne conseilleraient-ils pas à leurs gouvernements de ne pas acheter français, voire, à leurs enfants d’apprendre l’anglais au détriment du français ? Est-ce dans l’intérêt de la France ? La France n’est plus ‒je reprends votre adjectif qui se prête bien à la situation‒ « crédible ». Et, on s’étonne de sa perte de compétitivité martelée dans tous les médias !



  • L’immigré 13 novembre 2012 11:28

    « La France sera bientôt le pays comptant le plus de chômeurs diplômés. Paradoxalement le gouvernement crée des emplois assistés pour ceux qui sont sortis prématurément du système scolaire sans diplômes. Que ceux qui comprennent m’expliquent »
    Puis-je tenter d’émettre des hypothèses ?
    1
    ‒ le chômeur diplômé restera au chômage parce qu’il refuse un emploi en dessous de ses compétences. Exemple caricatural  : un docteur se voit proposer un travail d’infirmier. Dévalorisant...
    2‒ l’entreprise n’embauchera pas de diplômé si celui-ci est sur-qualifié pour le poste : il risque de revendiquer (une fois installé) une meilleure rémunération.

    En outre, le chômeur diplômé, en dehors de toute considération éthique (estime de soi, par exemple), a plus de chance de trouver un emploi qu’une personne sans qualification. Cette dernière verra la plupart des portes se fermer, d’où cette volonté d’aider cette catégorie de personnes plutôt qu’une autre.

    Ce ne sont que des tentatives d’explications sous forme d’hypothèses : je peux très bien être dans l’erreur.
    Quoi qu’il en soit, cela ne justifie en rien le fait de quitter l’école sans diplômes : tout est fait pour réussir en France alors que dans d’autres pays on se bat pour faire entrer les filles à l’école primaire... Oui, je sais ! Cela fera l’objet d’un autre débat !



  • L’immigré 13 novembre 2012 10:54

    @Abou Antoun :
    « les effets s’en fassent sentir sur le marché du travail »
    Là nous sommes d’accord : vous auriez dû préciser. Je rectifie en conséquence : il faut environ 25 ans pour se rendre compte de l’efficacité de l’enseignement dispensé. C’est ennuyeux, mais, c’est comme ça.
    Les études prospectives trouvent ici toute leur utilité et leur justification...

    @Romains Desbois le Cheminot :
    « cela ne t’a pas apporté deux sous d’intelligence en plus »
    Ce n’est pas le sujet. Néanmoins, parler deux langues demande une plus grande activité au niveau du cortex. À vous de voir où est la place de l’intelligence dans tout cela...

    Quand vous dites « pendant que nous apprenons l’anglais, ceux qui l’ont apprise comme langue maternelle n’ont pas à le faire ensuite », je peux, vous concernant, transposer cela de la manière suivante : « pendant que vous apprenez le français, vous qui l’avez appris comme langue maternelle n’avez pas à le faire ensuite ». Seulement voilà : le français est nettement moins utile que l’anglais dans le monde d’aujourd’hui. Les meilleures universités du monde enseignent leurs matières en anglais (voir le classement de Shanghai) et les meilleurs centres de recherche du monde utilisent l’anglais comme moyen de communication. Je ne vous apprends rien, monsieur...

    « une langue internationale commune qui ne soit pas celle d’un groupe, d’un peuple ou d’une nation »
    Vous êtes en retard ! Elle existe déjà : l’anglais EST la langue de la science, de la diplomatie et des affaires. Ce qui m’intéresse est la science : les meilleurs manuels techniques et scientifiques sont en anglais. C’est LA langue de référence. Mieux : ici en France, une personne, maître de conférences dans une des meilleures universités de France, me dit une fois de préférer les livres en anglais plutôt que leurs traductions en français. Désolé, mais, je préfère sa parole à la vôtre... J’ai encore mieux : dans certaines grandes écoles d’ingénieur françaises, vous ne pouvez obtenir votre diplôme que si vous avez un certain niveau en anglais.

    Conclusion : update sometimes your database, Romain, because the World won’t wait for you...



  • L’immigré 13 novembre 2012 08:49

    @Abou Antoun :
    « il faut une ou deux générations »
    J’
    ignore si on parle de la même chose, mais, je n’ai pas besoin de deux générations pour me rendre compte qu’il faille m’en rendre compte : cinq minutes suffisent largement.

    @Romains Desbois le Cheminot :
    « perdre du temps à apprendre l’anglais »
    Je parle deux langues et je n’ai pas eu l’impression d’avoir perdu mon temps à apprendre l’anglais.
    If I were you, I would learn English because most of the best technical books dealing with science are written in this language. So, please try to stop telling stupid things, old chap.
    Mon savoir est pourtant dans un domaine lié à la science (c’est-à-dire à BAC +4/5).



  • L’immigré 13 novembre 2012 08:15

    Pour répondre à votre article sur le culte de l’immédiateté que je n’ai pas encore entièrement lu :

    « Le professeur n’a plus que son discours pour tenter d’instaurer une atmosphère de travail. »
    Voilà l’exemple
    même du défaut de l’enseignement en France : une perte de temps en palabres qui n’ont aucun lien sérieux avec le cours. Ces failles détruisent presque inéluctablement la motivation de certains élèves qui souhaiteraient avancer. Je ne vous parle même pas de la motivation des enseignants qui en prend un coup. Comment se fait-il qu’en France l’éducation ‒qui implique la formation des enseignants‒ ne soit pas vraiment jugée comme étant une affaire sérieuse ?

    « un élève [n’a pas encore] pris conscience de l’importance de ses choix et des enjeux d’une vie »
    Oui et non. J’étais assez conscient de la chance que j’avais d’intégrer une école : je savais déjà avant d’entrer en classe secondaire que j’avais besoin de l’école pour mon avenir. Par contre, j’ignorais le métier que je voulais vraiment faire.
    Quant aux enjeux d’une vie, il est à souligner que beaucoup d’adultes perdent le sens des réalités lorsqu’ils consacrent leur fortune à des animaux de compagnie (vêtements pour chiens et chats) pendant que des SDF peinent à trouver à manger en France... Il m’arrive d’avoir honte d’avoir appris le français à cause de cela.

    « devenir juge ou médecin sans imaginer ce que cela signifie en termes de travail et d’étude »
    Ne sous-estimons pas l’influence des parents ou de l’entourage des enfants dans leurs aspirations. Beaucoup d’enfants souhaitent plaire à leurs « fans » (c’est-à-dire, leurs amis et parents) telle une quête de reconnaissance de l’appartenance à un groupe. Considérons aussi qu’il est possible que l’enfant ne fait que tenter de s’imaginer dans ce qu’il espère devenir, une façon de refouler ses échecs dont il pourrait être (trop ?) conscient. Les enfants ont une vague idée de ce qui les attend parce qu’ils sont peu informés et mal informés : en général, ils savent à peu près que, pour être pilote d’avion, il faut être doué en math, mais, ignorent souvent qu’il faut bien parler anglais.

    « Ce sera toujours ça de pris. »
    J’appelle cela l’« Effet Civilisation » : la facilité procurée par l’apparition de la technologie dans les mœurs qui l’ignoraient auparavant.
    On peut aussi parler d’« Effet Fashion » : les enfants sont de plus en plus des fashion-addict ou fashion victims ‒c’est selon‒ avec cette ruée vers les consoles de jeu dernier cri, vers les vêtements de marque, vers le dernier smartphone, etc.
    J’adore les nouvelles technologies, mais, je peux m’en passer pendant une semaine s’il le faut.

    « Vivre, c’est profiter de l’instant présent en faisant ce que l’on veut. »
    Carpe Diem ! Raisonnement à court terme occultant drastiquement la notion d’avenir en termes de visibilité sur le plan de la prospective. Cela montre aussi la crainte des parents concernant la précarité des emplois en ces temps de crise.

    « Il y a aussi un autre perdant de taille : la formation scientifique des ingénieurs et des chercheurs français. »
    Anormalement, curieusement et dangereusement négligé en France. En théorie, qui dit éducation de qualité dit qualification, qui qualification dit (possibilité de) recherche, qui dit recherche dit innovation, qui dit innovation dit brevet, qui dit brevet dit (en principe) revenus, qui dit revenus dit (en principe) investissement dans le bien-être de la population (éducation, santé), etc. Tout le monde connaît la musique, je crois.

    « Qui est responsable ? »
    Bonne question. Qu’est-ce qu’une responsabilité et quelles sont ses implications dans l’éducation et le succès de cette éducation ?
    Avant de répondre à de telles questions, posez-vous des questions sur les acteurs et les indicateurs utilisés pour analyser la problématique.
    Mes acteurs ? Il en existe trois :
    ‒ Les parents : responsables du maintien et de l’entretien des enfants.
    ‒ Les enfants : les concernés.
    ‒ Les éducateurs : chargés de transformer les enfants afin d’en faire des personnes autonomes en leur inculquant les techniques et méthodes cognitives.
    Mes indicateurs ? Ils sont essentiellement quatre :
    ‒ Academic Ranking of World Universities  : Classement de Shanghai, invention chinoise.
    ‒ Les Prix Nobel : domaine scientifique, invention scandinave.
    ‒ Program for International Student Assessment  : sorte de test de niveau scolaire sur des adolescents d’environ 15 ans, invention de l’OCDE.
    ‒ Indice de développement humain : indicateur synthétique statistique, invention de l’ONU.
    Le corollaire de tout cela ? L’environnement. Elle serait définie par l’ensemble des acteurs et facteurs susceptibles d’influer durablement sur la prise de décision : politique, finance, technologie, sociologie, etc.
    La place de la France, chantre et patrie des Droits de l’Homme, dans ces indicateurs ? No comment. Pourquoi  ? Une patrie des droits de la personne humaine devrait être the number one dans tous ces indicateurs : lorsque les droits humains sont respectés, les droits à l’éducation le sont et donc, par effet d’entraînement, les possibilités d’épanouissement intellectuel s’agrandissent considérablement. La France n’est même pas dans le Top Five de ces classements. Such a shame...

    Je me demande même si, déjà à la base, il est si évident que cela de définir l’esprit scientifique. Une idée ?

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