@foufouille : On
parle de goût,
mec, pas de qualité intrinsèque du produit qui est indétectable
par un être humain (pour savoir si c’est un OGM, tu
sais bien qu’il
faut une technologie qui permet de détecter la structure modifiée
de l’ADN, enfin !).
De plus, on parle aussi de choix (variété de viande : bœuf,
porc, mouton, poissons, crustacés, AOC, importé, etc.), pas
seulement de Food,
Inc.
(style MacDonald’s
et autres Burger
King)
et autres
prêts
à emporter. À
moins que j’ai mal compris ce que tu sous-entendis...
@Par
SergeL : Il n’y a pas que de la nourriture « à
base de maïs »
aux States,
mec. Quelle étroitesse d’esprit. On y trouve de tout, à condition
d’y mettre le prix : ce n’est pas l’Américain moyen qui
va acheter de la nourriture de qualité dans un restaurant chic
étoilé. T’as l’oseille, t’as ce que tu veux. T’as pas
l’oseille, tu dégages et tu bouffes « la
merde »
comme tu dis. Sois moins grossier, mec, il y a des dames qui
regardent.
C’est
pas pour rien qu’on l’appelle le pays de la liberté, leader du
monde libre, mec. D’ailleurs, si ton produit est moins bon que
celui du concurrent, t’es out.
Pire, on peut te faire un procès où tu risques de perdre plus que
des plumes. Business is business.En France, tu peux vendre ta camelote sans
risque sérieux parce que, comparativement aux States,
tu ne perdras pas grand-chose si on te fait un procès. That’s
it, man. En
plus, en France, les gens sont si souvent chauvins qu’il n’y a
pas de quoi s’étonner d’avoir un assortiment pauvre dans les
rayons français. Enfin, pour ce que j’en dis...
En
parlant de tragédie Grecque, puisque une image vaut mieux qu’un
long discours, j’avaisregardé un film
documentaire intitulé « Goldman Sachs -
la banque qui dirige le monde » (j’espère
que le lien est correct parce que j’avais vu le reportage à la
télévision). Édifiant. N’oublions
pas qu’un des plus grands dirigeants actuels
de la banque centrale européenne est, il
me semble, un ancien dirigeant de Goldman
Sachs... Peut-être que
j’hallucine. Désolé, si c’est
hors-sujet, j’avais pensé que cela compléterait ce qui a été
dit.
@Abou
Antoun « les
Soviétiques avaient un des niveaux d’instruction les plus élevés
du monde grâce à une instruction publique de très grande
qualité » Pourquoi
ne vous-êtes vous pas inspirés de ce modèle, alors ?
Est-ce que ma question est pertinente ?
« [...]
sans parfois écrire correctement
leur langue ou savoir appliquer une règle de trois » Je
connais des gens titulaires de doctorat faisant des fautes
d’orthographe en France. Les ingénieurs faisant des fautes
d’orthographe sont incroyablement nombreux. Cela
reste paradoxal quand on pense à cette rigueur scientifique qui
est censée les caractériser. Quant à
la connaissance de la règle de trois, je me demande vraiment comment
ils ont obtenu
leurs diplômes.
« qu’on
me prouve les bienfaits de la ’démocratisation’ d’un
système » Malheureusement, un
pays moderne exige une démocratisation ‒l’accès
à tous s’entend‒ du système
universitaire. Posez-vous plutôt la question sur un plan
épistémologique. Par ailleurs, existe-t-il une réflexion sur le
plan de la prospective en termes de recherche scientifique ? Le
pays a-t-il mis en œuvre une politique industrielle efficace ?
L’enseignement de base est-il privilégié dans sa politique de
développement ? Existe-t-il une expertise sur
l’éducation ? Beaucoup de questions me diriez-vous, mais,
ces questions peuvent expliquer certains problèmes. Sans les
résoudre, certes, je vous l’accorde.
@Dany-Jack
Mercier : Tout d’abord, étant donné que vous êtes un
fonctionnaire en exercice et que vous écrivez sous votre nom, vous
êtes tenu à un devoir de réserve. C’est dommage parce qu’il
vous est difficile d’oser exprimer les choses telles que vous
estimiez qu’elles sont : vous êtes prisonnier de votre
célébrité. C’est indubitablement la preuve que la France est
très loin d’être ce pays libre qu’on prétend. D’ailleurs,
j’aurais bien aimé voir votre dark side
(le côté obscur de la force, quoi !)... Ensuite, beaucoup
d’entre nous se manifestent derrière un pseudonyme, ce qui nous
autorise d’invectiver sans détour qui bon nous semble : the
dark side of the Internet. Reconnaissons, toutefois, que
certains abusent de ce procédé pour manifester leur addiction
profonde pour l’intolérance. Nous sommes, entre autres, là pour
remettre de l’ordre dans les affirmations osées de ces
derniers. Enfin, nous regrettons beaucoup qu’il y ait si peu de
personnes qui font des articles sur des sujets ayant trait à la
science, surtout, dans un langage (qui se veut) profane. Nous
regretterons beaucoup vos commentaires sur ce plan.
« Pour
un scientifique la langue sert essentiellement à communiquer, et en
ce sens j’imaginerais facilement une langue unique permettant de
communiquer » Elle est sous votre nez : Speak
English ! Plus sérieusement, votre idée est fort
intéressante, mais, il existera toujours, au sein de votre
gouvernement ou de votre parlement, un imbécile qui parlera de la
souveraineté de la nation. Mais, qu’est-ce qui est important ?
Qu’on comprenne votre cours ou qu’on parle votre langue ?
« Mais
il y a l’histoire et les coutumes, ainsi que les cultures qui sont
attachées à ces langues, donc des tas de raisons de
laisser les choses telles qu’elles sont pour ne pas "faire
trop de grabuge". » Belle leçon d’anthropologie
sociale. La linguistique est liée à la culture dans la plupart des
pays, et, effectivement, dans certains cas, il est quasiment
impossible de parler correctement la langue associée sans en saisir
les aspects ethnologiques sous-jacents. Justement, le Québec
‒province indépendantiste canadien ?‒ est une partie du
monde où la langue est indissociable de la nation. Aux États-Unis,
au niveau fédéral, il n’existerait pas de langue officielle !
Comme quoi, il faut de tout pour faire un monde... S’il est vrai
que les musées et les histoires sont faits pour éviter aux enfants
de faire la même erreur que leurs ancêtres, une tradition, si noble
soit-elle, ne doit pas empiéter sur l’esprit scientifique et
surtout la vérité scientifique. Il est à noter que l’esprit
scientifique est un concept, la vérité scientifique est sa quête.
La Science est son aboutissement, l’application concrète ou le
résultat. Puisque « Science sans conscience n’est que
ruine de l’âme. », selon François Rabelais, la Science
requiert qu’un contrôle, ou plutôt, un audit, soit périodiquement
effectué afin de contrecarrer ses dérives : l’éthique est
un trop vaste débat pour que j’en parle (aspects socioculturels,
sociologiques, économiques). Bref, à mon avis, ne pas se
remettre en cause, en laissant « les choses telles qu’elles
sont », est une erreur stratégique dont on finit toujours
par payer les fruits. Hélas, on ne fait pas d’omelettes sans
casser des œufs, sauf, dans le monde des Bisounours où je n’ai
point l’honneur de vivre...
@Dany-Jack
Mercier : « J’ai confondu Romain Desbois et
L’immigré au sujet de ce commentaire sur les langues. » Je
me disais aussi... Vous avez du mal dormir, donc, mal lu. « apprendre
des langues différentes peut constituer une
perte de temps » Oui et non ! Lisez bien ce que
j’ai écrit : il n’a jamais été question pour moi
d’approuver ou d’infirmer l’obligation d’avoir un certain
niveau en langue vivante (l’anglais, ici). Je suis favorable à
l’enseignement d’une langue vivante pour les raisons non
exhaustives suivantes : 1‒ le cortex est mieux
sollicité et soutenu en termes de connexion neuronales (plus de
connexions), 2‒ les meilleurs manuels dans le domaine
scientifique sont en anglais et ne sont pas traduits, 3‒
l’apprentissage d’un domaine en dehors de la science « pure »
(mathématiques et physique) permet de prendre un certain recul
(sortir d’un raisonnement trop mathématique et sclérosant) :
la langue est imprécise dans son interprétation, chaque mot
changeant de sens suivant le contexte. Il n’est pas question
d’imposer un certain niveau en langues pour obtenir une
certification dans un domaine scientifique ou non. Évidemment !
Il faut être (vraiment) bête pour croire qu’à un tel niveau la
langue serait un facteur pénalisant ‒et même inéluctablement
éliminatoire‒ telle une épée de Damoclès ! Il n’est
pas question d’exiger des heures de cours en langues au détriment
des matières principales. Évidemment ! Par contre ‒et,
c’est là que je ne suis pas d’accord avec vous, si je vous ai
bien compris‒, les étudiants qui souhaitent, en plus de leur
cursus, apprendre l’anglais (ou l’allemand) doivent être
satisfaits : des cours doivent leur être ouverts.
« Si
un Einstein avait voulu passer le CAPES [...],
il aurait été salement recalé s’il ne parlait que sa langue
maternelle » Permettez que je vous taquine ? Albert
Einstein ‒le vrai, l’unique‒ était germanophone, mais, parlait
bien anglais. Cela justifie quelque part le fait qu’une langue
fasse partie du cursus (rires). Pauvres futurs Einsteins (là, je ne
ris plus). Parlons plutôt en termes de recommandations,
voulez-vous ? Interdire l’enseignement de l’anglais dans le
cursus universitaire : non ! Imposer l’enseignement de
l’anglais dans ledit cursus : non ! Inciter ou encourager
les personnes dudit cursus à apprendre l’anglais : OUI !
On ne peut plus clair, je pense, non ?
« je
ne comprends toujours pas pourquoi on s’acharne autant
sur nos étudiants scientifiques » Je vais être très
cru : vos gouvernants sont des imbéciles qui ne
raisonnent qu’en termes d’électoralisme. Être un beau parleur,
séduisant, charismatique serait plus honorable qu’un éminent
scientifique maladroit en termes de communication : entre boire
et conduire, il faut choisir. Là, la France, un grand pays
industrialisé, admiré, adulé, civilisé et policé, me fait
carrément honte. Shame on them !
« anglais
scientifique auquel personne n’est préparé et doit se former tout
seul comme un grand. » Non ! J’ai eu
besoin d’un professeur pour m’enseigner plus rapidement
cette langue durant ma formation supérieure. Pourquoi ? Pour
gagner du temps, justement. Je voulais lire des manuels écrits
dans des langues originales : votre « anglais
spécial ». Je ne vous parle même pas des forums de
discussion, dans le domaine technique, qui sont surtout en anglais...
« imposer
une épreuve de langues au CAPES de mathématiques pour
enseigner » Cette idée idiote ‒Oui ! Ce mot
convient parfaitement ici !‒ vient de quelle instance ?
Quel est l’abruti de première qui a pondu cette idée ? Ça
m’intéresse.
« Pourquoi
pas ne pas carrément envisager de n’utiliser que
l’anglais pour tous les enseignements de la maternelle à
l’université ? Après tout, cela ferait gagner du temps à tout le
monde et serait plus cohérent. La langue maternelle actuelle
pourrait être oubliée en une ou deux générations, ce qui ne
serait pas un mal puisque nous devons préparer l’avenir, et que
l’avenir c’est l’anglais ! » Là,
c’est plus logique. Mais, enseigner que l’anglais est une idée
un peu osée à laquelle je n’y adhère guère. Difficile à
expliquer, ici. Oubliez vos Québécois...
Sur
l’apprentissage du mandarin et des langues à écriture
non-latine : Les asiatiques (Chine, Corée, Japon) font
partie des meilleurs élèves du monde. Seulement, à ce que je
sache, il est impossible de transposer leur méthode d’enseignement
en France. En d’autres termes, faut-il apprendre le mandarin ?
Bonne question. Je n’ai pas la réponse. Soulevez le débat.
Conclusion :
bien lire les commentaires (je n’ai pas de « tabou »
sur les langues) est plus important pour moi que d’être
apprécié...
J’en
profite pour vous dire que la mentalité de votre pays doit changer.
Si, pour cela, il fallait que vous renonciez à votre langue
française au profit de l’anglais, alors, tant pis (ou tant
mieux ?) ! Mais, il est impératif de s’engager dans des
réformes. Qu’importe qu’ils ne parlent qu’une seule langue,
ce sont les scientifiques qui font le monde de demain, pas les beaux
parleurs. On n’a pas vraiment l’air d’avoir compris cela, y
compris en France pays moderne. Quelle modernité ! Austérité
quand tu nous tiens...
Je
parle, je parle... Mais, justement, je suis un immigré bien intégré.
La preuve ? Je vous demande humblement de me donner l’équation
de la courbe, sachant la force physique à appliquer, qui me
permettrait de balancer efficacement un cocktail Molotov sur la
voiture de mon voisin... Pas besoin de parler anglais pour cela,
j’espère...