Tant mieux l’hérétique si on tombe d’accord sur le sens de "libéral" (démocrate) par rapport au rôle qu’y tient l’Etat ... sauf que je ne suis allergique au "centre" ....
Justement, la notion de " libéral" est volontairement faussée, galvaudée, pour la dévaloriser aux yeux de l’opinion publique.
Le libéralisme démocratique n’exclut pas du tout l’interventionnisme de l’Etat. Il dénonce au contraire que trop d’Etat tue l’Etat, trop de lois tue la loi, etc.... il réclame donc un Etat à la fois fort et efficace, mais qui agit à minima dans son rôle essentiel qui est de garantir des libertés individuelles et les missions d’intérêt général.
Un Etat qui prétend tout faire, qui prétend qu’il peut tout régler, est envahi par des opportunistes qui ne recherchent qu’à s’y abriter. L’Etat ne peut ni ne doit tout faire.
Nous voyons chez nous à quelle catastrophe conduit un Etat pléthorique et tellement endetté qu’il n’a presqu’aucune marge de manoeuvre dans les situations de crise que nous connaissons actuellement.
Quelle déplorable démarche que cet article et ce livre sur lequel il s’appuie. Si vous voulez débattre de la question du pouvoir, de l’abus de pouvoir, des collusions entre pouvoir politique et pouvoir de la presse .... pourquoi donc prendre une seule personne pour cible ?... pourtant les exemples n’auraient pas manqué, se souvient-on par exemple de l’affaire Botton où un certain PPDA était impliqué...
Je n’ai ni sympathie ni antipathie particulière pour Elkabach, je dirais plutôt moins que plus, mais je trouve cette démarche très suspecte, et abominablement écoeurante. On voit d’ailleurs les commentaires que cela inspire, une curée où chacun y va de dégager son fiel sur la personne, sans réelle argumentation, juste en fonction de ses préjugés, vraisemblablement politiques, et selon le camp où on le situe.
C’est ainsi que procède la démarche raciste : on ne juge pas la personne en fonction de son individualité et de ses caractéristiques propres, mais en fonction de son appartenance à tel ou tel groupe.
Je partage en gros l’avis du rédacteur, mais dans les faits concrets les réformes ne sont pas toujours aussi faciles à mettre en oeuvre.
Il est des réformes socialement irréversibles - à la manière du temps "physiquement" irréversible - et l’ISF est sur ce point comparable aux 35 heures. Celui qui reviendrait en arrière risquerait tout bonnement de se faire électoralement lyncher, et ce ne serait plus du courage mais de la témérité, donner la chance à l’adversaire de reprendre la main.
Il faut alors avoir recours à des mesures détournées, compensatoires si on peut dire, qui biensur présentent l’inconvénient de complexifier l’ensemble du dispositif. Tout comme défiscaliser les heures supplémentaires est une façon détournée de permettre à ceux qui le souhaitent de s’exonérer de ce plafonnement "surnaturel" à 35 heures, dont la suppression serait perçue comme un recul de progrès social et donc trop impopulaire.
Les mesures démagogiques sont des erreurs de stratégie à racine idéologique sur lesquelles on ne peut plus revenir car la démarche démocratique est ainsi faite, obligeant à répondre à des critères d’opinion populaire basée sur des perceptions. Ces mesures sont éloignées des réalités économiques.
Lorsqu’on a fait un cadeau empoisonné, on ne peut plus réparer. L’ennui c’est que seul un effondrement total pourrait bouleverser les choses et mettre les erreurs en évidence.... alors que la démocratie se veut sans violences.