@Aristide C’est clair qu’avec Thatcher en Angleterre et Reagan aux États-Unis, on peut difficilement affirmer que Mitterrand est le seul responsable des Trente Piteuses...
À l’auteur : la crise, qui a en fait commencé dans les années 70 et non dans les années 80, était prévisible dès la fin de la guerre, car à une période de croissance, ici induite par la fin des conflits, succède toujours une période de décroissance – c’est le principe du creux de la vague qui suit toujours le sommet de la vague, pour simplifier à l’extrême.
Le problème ici est que la crise a été amplifiée par deux événements aussi imprévisibles que néfastes mais sur lesquels Mitterrand n’avait aucune prise. Le premier était les chocs pétroliers qui en augmentant les prix de l’énergie ont par extension augmenté tous les autres et qui sont d’ailleurs arrivés bien avant l’élection de Mitterrand. Le second est le début de la généralisation de l’informatique, en fait une continuité de la révolution industrielle qui, elle, a provoqué en son temps l’avènement d’une notion jusque-là inconnue : le chômage.
Ce sont les prémisses de cette crise qui ont amené les idées néolibérales sur le devant de la scène. Celles-ci se sont entre autres appuyées sur l’anticommunisme qui régnait aux États-Unis pour s’imposer à travers le programme politique de Reagan dont l’histoire politique s’appuyait depuis toujours sur la menace du péril rouge. La débâcle de l’administration Carter a fait le reste.
Je simplifie évidemment. Vous trouverez de plus amples explications chez Pierre Larrouturou (Le Livre noir du libéralisme, 2007) et Thomas Piketty (Le Capital au XXIe siècle, 2013). Je vous conseille également Le Droit à la paresse (1880) de Paul Lafargue qui se montre tout à fait éclairant sur le rapport entre industrialisation de la production et pénurie d’emplois.
Même si je suis loin d’être un fan de Mitterrand, j’admets très difficilement qu’on lui mette sur le dos des responsabilités qui ne sont pas les siennes...
@Ar zen Donc on peut revenir sur les modifications constitutionnelles pour peu que le traité de Lisbonne soit rendu caduque auparavant, et vu que Sarko n’est pas loin de voir son élection invalidée, quelque chose me dit qu’il y a un truc à tenter...
Je comprends ce que vous me dites à propos de la quantité de lois et de règlements à annuler, mais c’est précisément le but. Je parle pour ceux d’entre nous qui ne souhaitent pas quitter l’UE.
C’est pour accepter le traité de Lisbonne que le Congrès a fait modifier la Constitution, j’ai bon ?
Si oui, qu’adviendrait-il de la ratification de ce traité si le président qui l’a négocié et ratifié (le premier acte dont vous parliez) s’avère illégitime, en raison des points que j’évoque dans le premier message de ce fil ?
Je comprends le rôle du Parlement dans cette ratification, mais puisque le rôle du président passe avant, sa propre ratification n’a-t’elle pas précédence sur celle du Parlement ? Je veux dire par là que si le président s’avère illégitime alors il me semble qu’il ne pouvait pas négocier et encore moins ratifier ce traité pour commencer. Du coup, quelle est la valeur de la ratification du traité par le Parlement si celui-ci passe après un président illégitime ? Ce président pouvait-il présenter le traité au Parlement, en gros ?
Donc, si je comprends bien, un moyen de sortir des traités ou bien de leur désobéir, ce qui revient à peu près au même, serait de modifier la Constitution. Quels seraient les moyens pour ça, en dehors d’un référendum ?