Le train de vie de Picasso ou Dali était-il décent ? Et je ne vous parle pas de Johnny
Dans tous les cas un artiste qui parle pognon est forcément quelqu’un
perd son art ; quand c’est un artiste engagé comme Monolecte c’est
carrément un dilemme insoluble ... sauf si elle vit d’amour et d’eau
fraiche. Certains choisissent cette voie. »
Comme nombre de
profanes en la matière, vous confondez Art et Arts Appliqués. Pour
simplifier grossièrement, le premier domaine cherche à provoquer une
émotion chez le spectateur alors que le second sert une fonction : par
exemple, la création d’objets fabriqués en série pour le design
industriel, ou bien la conception d’espaces de vie ou d’entreprise pour
l’architecture d’intérieur, ou encore la création de vêtements pour le
stylisme de mode – je pourrais multiplier les exemples.
Monolecte
parle essentiellement d’Arts Appliqués, c’est-à-dire d’un type de
création pour laquelle un client vient vous voir pour vous demander de
lui faire quelque chose. Par exemple, une carte de visite
professionnelle, un site web pour promouvoir son activité marchande, la
mise en page d’un document en plusieurs pages, etc. À partir du moment
où ça demande du temps et de l’énergie, c’est du travail, et comme tout
travail mérite salaire (ben oui...) alors il y a bien un moment où le
demandeur doit passer à la caisse, pour toutes les raisons que l’auteur
évoque dans son article et sur lesquelles je ne reviendrais pas.
Pour
l’Art, il s’agit bien souvent, pas toujours mais souvent, d’une
activité personnelle. On peint ou on sculpte dans son temps libre et si
on vend quelque chose, le plus souvent à des amis ou à de la famille, ça
met du beurre dans les épinards. La seule fonction de ce type de
création est de plaire à son acquéreur. Outre que ça représente aussi du
temps et de l’énergie, donc du travail, la valeur finale est celle que
l’acquéreur veut bien lui donner. À l’auteur de décider si ça lui
convient ou non.
Pour la petite histoire, il existe un barème sur
le marché de l’art. Celui-ci se base sur la taille de la toile, en fait
sa hauteur multipliée par sa largeur. Là où les choses se brouillent et
donnent (parfois) des résultats aberrants, c’est que le résultat est
modifié par un coefficient qui est, en gros, la cote de l’artiste. Plus
ils sont célèbres, plus cette cote est importante. Et, oui, on a vu des
mécènes acheter à prix d’or des toiles de débutants pour faire monter
leur cote.
Dali et Picasso appartenaient à la catégorie des
créateurs d’Art, et pour une autre petite histoire Picasso était le
premier à dire qu’il faisait des merdes que les gogos lui achetaient à
prix d’or ; les œuvres dont il était véritablement fier, ils les
donnaient à ses amis. Mais à part de telles pointures qui ne constituent
que la partie émergée de l’iceberg, l’écrasante majorité des artistes
crève de faim s’ils ne comptent que sur leur production. C’était aussi
valable hier, on se souvient juste de ceux qui ont marqué, quelle que
soit la raison pour cela.
Des gens comme Raymond Lœvy ou Roger
Talon étaient des designers. Le premier a entre autres conçu
l’intérieur de la station Skylab, et le second participé à la conception
du TGV. Ce sont d’illustres inconnus pour le grand public car leur
travail consistait à produire des choses qui devait répondre à une
fonction, pas à produire de l’Art. L’aspect esthétique ne rentre en jeu
que comme une fonction dans ce genre de métier, qu’on appelle
précisément fonction d’estime. Pour simplifier, il se trouve que la
laideur se vend mal (c’est d’ailleurs le titre de l’ouvrage de Lœvy, que
je vous conseille si vous souhaitez approfondir le sujet), il faut donc
un certain goût pour produire des choses qu’un consommateur souhaitera
acquérir – j’ai bien dit « choses » et « consommateur », pas « création »
ou « œuvre » et « client » ou « mécène ».
Dans le cas d’une
illustration de couverture pour un roman par exemple, la fonction de la
chose est d’attirer l’œil du consommateur sur l’ouvrage en question et
ainsi de le motiver à l’acheter. Pas de faire « beau » ni «
artistique » mais juste d’attirer le regard sur la marchandise, de
préférence en donnant une idée de son contenu mais c’est pas non plus
obligé. C’est un peu la même fonction que la décoration d’un magasin,
mais à une autre échelle et sur un autre support, car personne ne
souhaite acheter dans un magasin moche – on y va juste quand on a pas
les moyens d’aller ailleurs...
Donc, ce qu’on appelle « décemment » c’est ce qui permet de vivre de son travail
– soit la création de quelque chose répondant à une fonction pour
laquelle un client exprime un besoin – sans tirer sans cesse le diable
par la queue.
Notez qu’on pourrait faire la même remarque que
vous vis-à-vis des patrons de multinationales : leur salaire est-il
décent, en tous cas comparé à leurs mérites ?
@Alren « Dans ce monde, la BD
tire son épingle du jeu car elle demande beaucoup de talents des
auteurs pour l’histoire et les dessins. »
Je crois que vous confondez les nombres d’exemplaires vendus et les bénéfices qui reviennent à la maison d’édition avec ce que perçoivent les auteurs. Il me semble que c’est à la hauteur de 10 à 15% du prix de vente dans le meilleur des cas. Pour un débutant, c’est dans les 5%..
La BD paye de plus en plus mal et de plus en plus rares sont les auteurs qui en vivent. La plupart on un boulot à côté, de graphiste pour l’artiste et d’autre chose pour le scénariste.
C’est le même problème que celui dénoncé par l’article : la création en général paye de plus en plus mal.
@Jean Dugenêt « « des choses aussi insignifiantes » ,« des choses aussi peu
importantes... » C’est un jugement très subjectif. Moi, je trouve cela
important. Si François Asselineau avait fait un dixième de cela la
presse s’en ferait l’écho... et je démissionnerais de l’UPR. J’ai
découvert cette affaire par le biais de Michel Onfray qui critiquait le
fonctionnement de la presse aux mains de quelques grandes fortunes et
qui remarquait que la presse ne faisait des scandales que quand les
fortunés en question en avaient besoin. Cette grande presse
protégerait-elle JLM ? Pas un mot à la TV. Je crois que seuls Médiapart
et Capital en ont fait état. »
Le Monde en a parlé également, comme je l’indiquais plus haut dans le lien que j’ai posté et d’où j’ai tiré mes informations. On ne peut pas dire que ce soit un média confidentiel.
« « Que voulez-vous qu’il dise, ou fasse ? » J’attends qu’il reconnaisse
la vérité au lieu d’essayer de censurer car pour l’instant c’est ce
qu’il fait. Il a obtenu une censure partielle sur Facebook ce qui fait
que je suis actuellement sanctionné. Il tente un procès qu’il perd pour
l’instant. On a d’ailleurs la preuve que c’est lui qui est derrière sa
fille. L’avocate qui a pris contact avec C Schoettl n’était pas celle de
sa fille mais celle de la FI. Il n’a même pas le courage de porter
plainte lui-même alors qu’à l’évidence c’est lui qui est accusé par C.
Schoettl bien plus que sa fille. »
C’est fréquent quand on fait parti d’une organisation de faire appel à l’avocat de ladite organisation. Ça ne laisse en aucun cas présager que les fonds de l’organisation payent les émoluments du juriste d’ailleurs. C’est juste plus pratique de faire appel à quelqu’un qu’on connaît et avec qui le contact est bien installé. Simple histoire de relations humaines.
Quant à savoir qui est le plus accusé des deux, entre Mélenchon et sa fille, comme de savoir lequel des deux doit porter plainte, je pense que c’est une subtilité juridique que seul un expert dans le domaine peut trancher. Je ne saurais le dire.
« "comme ce fut le cas quand il a déclaré que Macron avait le point il y a
quelques mois à peine, voire qu’il a simplement perdu la tête et qu’il
ne mérite plus de diriger la FI.« Je ne suis pas au courant de cela. Il y a quelque chose qui m’a échappé. »
Vous pouvez être certain que ça n’a pas échappé aux grands médias : tous y sont allés de leur petite ritournelle anti-Mélenchon et, par extension, anti-FI. Voilà pourquoi j’ai beaucoup de mal à admettre l’idée d’une connivence quelconque entre ces deux parties. Et voilà aussi pourquoi, je crois, il préfère éviter de revenir sur ces épisodes peu glorieux de son passé. D’où peut-être la censure dont vous écopez, et qui est bien regrettable en effet mais somme toute assez attendue.
« »Il y aura toujours des gens pour dire qu’il joue la comédie et tente
une nouvelle fois de tromper son monde" C’est mon cas. Je trouve par
exemple ridicule l’espèce d’accoutrement qu’il a choisi. Je ne comprends
d’ailleurs pas s’il cherche à ressembler à Mao, Castro ou Chavez mais
effectivement c’est de la comédie. N’oublions pas qu’il se déplace
toujours dans des voitures avec chauffeur voire même en jet privé. Quel
décalage avec l’image qu’il cherche à donner de lui-même ! Je crois
effectivement qu’il cherche à tromper son monde et j’essaie de montrer
la réalité. Plus que son accoutrement ce sont ses discours qui sont
mensongés. Il ne s’est pas gêné de jouer à Monsieur la Vertu lors de
l’affaire Fillon. »
En même temps, l’occasion était trop belle de lui tailler un costard, c’est le cas de le dire
’Fin bref, c’est surtout de la politique pendant une campagne électorale, donc pas joli-joli...
Je reconnais par contre que ces rumeurs de jet privé ne jouent pas en sa faveur.
Le costard, par contre, c’est juste de la comm’ : rien de bien surprenant.
@Jean Dugenêt Que voulez-vous qu’il dise, ou fasse ? Vous voulez le voir s’auto-flageller sur la place publique pour des choses aussi insignifiantes, ou tout simplement qu’il s’excuse en direct comme Clinton le fit à propos de l’affaire Lewinski ? Qui croyez-vous que ça convaincra ? Il y aura toujours des gens pour dire qu’il joue la comédie et tente une nouvelle fois de tromper son monde mais d’une autre manière, sans oublier les médiacrates qui s’en donneront à cœur joie en disant qu’il a craqué et qu’il est en pleine déprime, comme ce fut le cas quand il a déclaré que Macron avait le point il y a quelques mois à peine, voire qu’il a simplement perdu la tête et qu’il ne mérite plus de diriger la FI. Ce ne sera que du pain béni pour tous ceux qui souhaitent voir ce mouvement sabordé. Mélenchon n’est pas assez naïf pour tomber dans ce genre de piège, surtout pas pour des choses aussi peu importantes...
@Jean Dugenêt Même en admettant que les guerres civiles sont toujours le résultat des nantis qui refusent d’admettre leur défaite, comment s’assurer que leurs actes ne provoqueront pas d’effets néfastes sans réduire les droits démocratiques ? C’est cette question-là que je pose. Elle me semble légitime.
Quant à affirmer que Mélenchon trahira parce qu’il dit ne pas souhaiter sortir de l’Europe, je ne vois pas le lien entre l’un et l’autre. Il est clair sur le fait qu’il ne souhaite pas, à titre personnel, sortir de l’UE. En quoi ça laisse penser qu’il trahira ? Et trahira à quel sujet d’abord ?
Pour ce qui est d’avoir perdu d’avance si on ne sort pas de l’UE, vous connaissez ma position. Il ne me paraît pas utile d’y revenir, mais puisque le programme de la FI ne prévoit pas de sortie de l’UE, je ne vois pas en quoi ce sujet devrait être éclairci.