De la prévention comme conditionnement Mise en cause du sens de la responsabilité de tous et de chacun, qui ne saurait être garantie que par un réseau législatif dense et soutenu d’un arsenal punitif de type « tolérance zéro », s’exerçant en amont de tout crime, voilà le début du Big Brother. Pour montrer à quel point ce sacrifice , de notre liberté, mais surtout de notre fierté, de notre image de nous, dans cet encadrement infantilisant, les pouvoirs sacrifient la seule chose précieuse à leurs yeux, l’argent. Pas le leur, soyons raisonnables, mais le nôtre, individuel ou « public », pour des installations qui, très accessoirement, c’est juré, font leur fortune. Et quelques braves gens, ravis d’être maternés, fusse à coups de pied au cul, feignent de croire qu’il s’agit de prendre soin d’eux, dans un monde où l’on vit à la rue, où on attend le camion des restos pour grignoter de quoi tenir jusqu’à demain, où, pour quelque pétrole, les radars aident à bombarder des civils qui meurent dans leurs logis, mais aussi parfois, sur la route .
De la prévention en forme de répression routière Voilà un premier domaine, la route, où,par un habile jeu de lois et décrets sur la vitesse, par exemple,on pénalise l’intention, sous couvert de pénaliser le fait. Vous n’avez nui à personne en roulant de telle façon, mais vous avez contrevenu au texte élaboré pour vous empêcher d’être dangereux !!! Dans la foulée de l’injustice, on procède à la constatation automatique, suivie d’une peine automatique elle aussi, sans justice, sans circonstances atténuantes, sachant à en croire ceux qui ont sont passés, qu’il vaut mieux devant le juge de la route s’écraser mollement, sans évoquer ses trente ans de super bonus chez l’assureur. Et on en arrive à la poursuite du « chromosome du crime » - oui, comme pour le fichage en maternelle - qui fait privilégier lors des contrôles l’examen des modèles au look imitant la compétition (pourtant une des sectes des dieux du stade) , les motos (seront-elles l’apanage des seuls flics ?) mais pas les énormes engins de plus de 300cv dont le coût exorbitant prouve le respect de la société et de ses lois.
De la prévention dans son esprit : Curieusement, l’époque veut (dans sa version dominante) que chacun soit responsable de tout ce qui lui tombe sur le museau : chômeur, mais êtes vous « employable » ? malade, mais avez vous une « hygiène de vie » ? délaissé, mais êtes vous au sommet de « vous-même » ? désargenté, mais avez vous les « bons plans »... Ceci dans le but, avoué hier, fièrement annoncé aujourd’hui de na pas faire « payer aux autres » des malheurs qui ne tiennent qu’à nous. Hygiénisme moralisant capable de reprocher au couvreur tombé du toit sa maladresse (faites de la gym, mon vieux) sans reprocher à son entreprise l’absence des protections anti-chute. Comme le conducteur seul responsable de son allure (soyez attentifs, mon vieux) sans qu’on demande dans quel état in sort du boulot ou de la banque, et surtout sans interroger le constructeur sur la finalité technique du moteur surpuissant.
De la prévention en actes : C’est le business du siècle ! Un aréopage de technocrates vendus aux divers lobbies des équipements commencent par définir les causes des accidents. Facile, dans toute entreprise on sait faire ce genre d’analyse : il suffit de mettre en avant LA cause que la hiérarchie veut voir figurer, et le rapport file avec des compliments. Sur la route, c’est simple, la vitesse !!! Superbe, il y a justement un tas de trucs à vendre (super pour pib, emploi, commissions, cadeaux peut-être ?) qui visent tous à ralentir la circulation en la rendant aussi près que posssible de l’impraticable. Ceux qui conduisent savent que cela augmente le danger, puis qu’on n’hésite pas à aller jusqu’à limiter la visibilité (plantations en entrée de rond-points, « stop » sur l’accès sans visibilité du carrefour) ou construire des murs, planter des poteaux, fixer des obstacles au sol qui sont autant de pièges mortels pour les deux-roues.
Bonjour, La conduite d’une auto, c’est tout simplement la possibilité de se déplacer, conformément aux nécessités de la vie actuelle. Nombreux sont ceux qui s’en acquittent sans aucun plaisir, et par pure obligation. J’en fais partie, vous l’aviez deviné, et si j’aime bien faire un tour dans ma campagne à petite allure avec ma vieille jeep qui m’est si agréablement familière (23ans) et qui peut gentiment passer un peu dans l’herbe si je regarde trop les écureuils,j’ai horreur de sortir ma Golf dernier modèle -oh combien efficace - pour descendre en ville au milieu des fadas. Une voiture qui respecterait seule les limites (innombrables panneaux incompatibles avec Mozart), qui gèrerait la distance avec l’imbécile qui a pris ma prudence pour une invite à se glisser entre moi et celui que je suivais, dont la ceinture se mettrait seule (chrysler coupé US fixée sur portière), j’en rêve. Mais surtout, qu’on cesse de me faire chier quand je suis forcé à conduire pour pallier l’absence de transports, à chipoter sur quelques km/h, quand on met chaque année 20 CV de plus dans chaque modèle, et à vouloir savoir ce que j’ai accepté chez mes copains.