« Aujourd’hui l’Afrique souffre, il est impossible face à la pauvreté, la faim, les maladies, les drames humains qui se développent et touchent des millions de personnes sur ce vaste continent, de regarder sans réagir. »
En effet, mais une des principales cause des souffrances de l’Afrique (et il faudrait même préciser de l’Afrique subsaharienne), n’est pas abordée dans cet article. Je veux parler de sa croissance démographique excessive.
Le continent comptait 220 millions d’habitants en 1950, il vient de dépasser le milliard et probablement, si rien n’est fait pour endiguer la poursuite de cette folie procréatrice, le nombre d’habitants pourrait dépasser les 2 milliards en 2050.
Cela voudrait dire une multiplication par près de 10 en un siècle* !
Il est totalement évident que si le continent avait connu une croissance démographique harmonieuse, il n’y aurait déjà plus aucun problème alimentaire, ni de quelqu’ordre que ce soit.
On redescendra difficilement sous cette barre du milliard d’habitants, mais on pourrait faire en sorte de stabiliser le plus vite possible la population. Les solutions existent, elles ont fait leur preuve en Amérique latine et elles sont portées en France par l’association Démographie Responsable : éducation des femmes et planification familiale.
Encore faudrait-il que les acteurs de terrain et les ONG se débarrassent de leurs oeillères...
*Nous étions 41 millions en 1950, nous serons près de 75 millions dans 40 ans (ce qui au passage est déjà trop). Mais pourrait-on imaginer une France de 400 millions d’habitants en 2050 ?...
La prévision de 9 milliards pour 2050 est l’hypothèse médiane et a donc, malheureusement, une probabilité assez forte de se réaliser.
Les rendements actuels ne sont possibles que grâce à la mécanisation et aux intrants (engrais, pesticides...). Avec la raréfaction des énergies fossiles, il y a tout lieu de penser que le maintient de la production à son niveau actuel va être difficile.
Alors pourquoi ne pas s’orienter vers une stabilisation plus rapide de la population ? L’objectif raisonnable (et promu par Démographie Responsable) serait de ne pas dépasser les 8 milliards en 2050 et de décroître ensuite vers les 4 / 5 milliards à l’horizon 2150 qui est l’effectif que la planète peut accueillir de façon pérenne.
Ceci étant, il ne faut pas se bercer de trop d’espoir, même avec ce scénario, du fait d’un pic de population excessif, des dégâts irréversibles auront été commis : température moyenne difficilement supportable au Sud, élimination de la méga faune et d’une grande partie de la biodiversité...
Il faut cependant ajouter que durant les dernières décennies, tout le monde n’est pas resté les bras croisés. Nombreux sont celles et ceux qui ont œuvré pour faire baisser les taux de natalité.
Sans parler des méthodes à la chinoise que l’on peut légitimement critiquer, une agence onusienne comme l’UNFPA a fait un très gros travail de promotion du planning familial.
Objectif 2 : Assurer l’éducation primaire pour tous
Objectif 3 : Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes
Objectif 4 : Réduire la mortalité infantile et post-infantile
(lorsqu’une femme sait qu’elle ne perdra plus ses enfants en bas âge, elle cesse d’en faire beaucoup pour en garder un peu)
Objectif 5 : Améliorer la santé maternelle
C’est dans cette OMD qu’intervient la planification familiale qui cherche à éviter les « quatre trop » : grossesses trop précoces, trop rapprochées, trop fréquentes ou trop tardives.
En réalité, sans ces actions nous serions probablement déjà 1 ou 2 milliards de plus...
Et pourtant, nous sommes déjà trop nombreux et cela ne va qu’empirer.
Alors que faire ?
Intensifier ce qui se fait déjà, et sans doute annoncer plus franchement la couleur pour mobiliser les opinions de tous les pays (Nord & Sud). Le reproche que l’on peut, éventuellement, faire à ceux qui nous ont précédé, c’est d’avoir agi avec trop de discrétion. Mais pouvaient-ils faire autrement ?
En tous cas, il existe maintenant des organisations qui s’expriment ouvertement sur le sujet, demandent aux couples de se contenter de 2 enfants et mènent des campagnes qui vont de la sensibilisation aux actions sur le terrain.
Ce que montrent surtout ces records successifs, c’est que la France n’a pas les moyens énergétiques à la hauteur de ses ambitions démographiques. « Nous » nous glorifions régulièrement d’avoir un des plus forts taux de natalité européen, mais nous sommes totalement dépendants de l’extérieur pour les énergies fossiles et en ce qui concerne l’uranium qui alimente nos centrales nucléaires, c’est pareil. La stabilisation de notre population serait évidemment le bon objectif à viser. Mais le coq gaulois pourra-t-il s’y résoudre ?