Il n’a été possible de nourrir « correctement » (est-ce le bon mot d’ailleurs ?) près de 6 milliards d’habitants (j’exclue le dernier milliard de malnutris) que grâce à la révolution verte (qui n’a de verte que le nom).
Cet accroissement de la productivité agricole est en effet essentiellement dû à la mécanisation et à l’utilisation des intrants chimiques issus du pétrole (engrais, pesticides, ...).
Avec la déplétion des ressources fossiles annoncée, on peut donc se poser de réelles question sur la pérennité des rendements actuels.
D’autant plus qu’une grande partie des terres arables a été appauvrie par leur surexploitation.
Bien que la population ne soit appelée à être multipliée « que » par 1,5 d’ici 2050, les agronomes et les démographes estiment qu’il faudra multiplier la production par 2 (puisqu’entre autre, il faut nourrir ceux qui ne le sont pas, ou mal, pour l’instant).
Alors mission impossible ?
Ajoutons qu’il faudra aussi aller chercher de nouvelles terres arables qui sont actuellement dévolues aux autres espèces vivantes. Or nous sommes déjà au début d’une 6ème extinction...
Ne parlons même pas de la pénurie d’énergie, du manque d’eau potable dans une grande partie du globe voire même, suprême luxe de bourgeois (?), de la perte des espaces naturels de villégiature ou de ressourcement.
La solution la plus sage serait donc évidemment de stabiliser la population mondiale, comme le proposent plusieurs organisations : en Grande Bretagne OPT, aux USA Population Connection ou en France Démographie Responsable .
Mais l’égo (sur-dimensionné) de l’humanité permettra-t-il la remise en question du bien-fondé de sa prolifération ?
Cependant, à lire ceci « La conscience des limites de nos ressources planétaires est finalement très récente. Elle ne concerne pas que le pétrole mais toute la biodiversité, l’eau et toutes les ressources minérales », on peut se demander si cette notion de « limite physique » n’en n’implique pas immédiatement une autre, à savoir celle de « capacité d’accueil » de la planète.
Ensuite, cette affirmation « La solution sera humaine avant tout », peut aussi faire penser que la limitation volontaire des naissances est une des autres solutions dont nous disposons.
Un sommet sur la biodiversité qui ne fait aucune allusion à la cause première de sa disparition, à savoir la croissance irraisonnée et excessive de la démographie humaine, un tel sommet part sur de bien mauvaises bases. A nier l’origine des maux, on en est réduit à des mesurettes qui au mieux retarderont une inéluctable échéance.
La seule question est de savoir combien de temps il reste aux Tigres : 10 ans, 20 ans ?
Combien pour les grands Singes, les Lions et les Rhinocéros ?
Et au final, combien pour l’espèce qui les suivra : 1 siècle, 2 siècles ?...
Avant de parler de natalité européenne, il faudrait d’abord se replacer dans le cadre plus général de la population mondiale. Or premier constat, celle-ci est DÉJÀ beaucoup trop importante. En effet, la Terre ne peut accueillir durablement que 4 à 5 milliards d’êtres humains.
Ensuite, si on se concentre sur le cas français, la natalité est peut-être légèrement sous le seuil de renouvellement, mais quoiqu’il en soit, la population française croît de 350.000 personnes par an (natalité + immigration). A ce rythme, nous pourrions être 100 millions dans un siècle. Je sais que certains en rêvent, mais quand on voit qu’un département de la superficie de l’Isère disparaît tous les dix ans sous le béton, il n’y a pas de quoi se réjouir...
Un objectif raisonnable serait dans un premier temps de stabiliser notre population, voire à plus long terme de la faire décroître, en maintenant un ratio jeunes/personnes âgées
harmonieux. Pour ce faire, l’abandon des allocations familiales au delà de 2 enfants serait une bonne mesure, ce évidemment sans effet rétroactif. Voir d’ailleurs ce que propose l’association Démographie Responsable.
@Ulysse écrit : « Or, la natalité dans les pays d’Afrique subsaharienne s’effondre actuellement et d’ici quelques années elle sera autour des 2,5 enfants par femmes. » Je ne sais d’où viennent ces chiffres, car à part l’Afrique du sud, on en est toujours à des taux de plus de 4 ou 5, quand ce n’est pas 7 comme au Niger. La population africaine devrait d’ailleurs encore doubler dans les 40 ans à venir pour passer de 1 à 2 milliards. Et donc si cela peut le rassurer, le flux de l’immigration ne devrait pas se tarir...
Et d’ailleurs justement sur le cas de l’Afrique subsaharienne, il est bien évident que l’on devrait porter beaucoup plus d’attention à cette croissance démographique explosive qui l’aura fait passer de 220 millions d’habitants en 1950 à 1 milliard aujourd’hui.
Il faut savoir que ce phénomène est dû à l’amélioration des conditions d’hygiène et de la médicalisation pré et post-natale, mais qu’il s’est réalisé et qu’il continue à se faire, en partie, contre la volonté des femmes. Le Fonds des Nations Unies pour la population évalue en effet à 35% le nombre de grossesses non désirées. C’est d’ailleurs entre autres pour aider les femmes des pays les plus pauvres qu’une pétition en faveur de la gratuité de la contraception dans le monde a été récemment lancée sur le net.
Quant aux grossesses apparemment désirées, il est bien évident que les mères qui ont 5, 6, 7 ou 8 enfants n’imaginent même pas ce que serait leur vie sans ce fardeau. Elles sont le plus souvent sous le joug de leur maris, de leur famille et de la tradition. Ces maternités à (grande) répétition sont de toute évidence une atteinte aux droits des femmes.
On part de la réalité que la planète est DÉJÀ surpeuplée car elle ne peut accueillir de façon pérenne que 4 à 5 milliards d’êtres humains.
Et donc, de son côté, un pays comme la France doit stopper sa croissance démographique qui est, rappelons le, encore de 350.000 personnes par an (solde positif des naissances/décès + immigration). Pour ce faire, il faut (par ajustements) s’arranger pour stabiliser notre effectif, voire à plus long terme pour le faire décroître en douceur et de façon maîtrisée. Ceci étant, notre pays joue à la marge du phénomène (1% de la population mondiale).
En réalité, presque tout se passe au Sud et, bien que ça ne soit pas le directement le sujet de cet article, il faut que les pays les plus pauvres, qui ont encore de taux de natalité excessifs, soient très fortement incités à les faire baisser. Pour ce faire, la communauté internationale, par l’intermédiaire des bailleurs de fonds que sont les pays riches, doit financer intégralement l’éducation, la planification familiale, un « système de retraite » et des campagnes de conscientisation.
La période du chacun-pour-soi est révolue : la démographie doit être abordée dans son ensemble.