Concernant le budget, en regardant les précédentes mesures, cela se fera à budget constant. Depuis les premières réformes, je vois la situation de mon labo se dégrader. Il faut bien financer les gagnants des projets ANR par quelquechose.
Il suffit d’aller compter le nombre d’heureux élus sur le site de l’ANR et de s’ interroger sur la situation des non elus et sur leur nombre pour se rendre compte que vous posez une bonne question !
Vous parlez ensuite de "laisser croire", mais cette vision du chercheur est colportée volontairement par le gouvernement et les médias. Comme cela ne repose sur rien, vous pourrez y mettre tous les contrôles que vous voulez, cela ne changera rien au discours (déjà utilisé pour culpabiliser les chômeurs, les malades etc.).
J’ajouterais que les chercheurs sont déjà controlés, et même contrôlés de plus en plus ces derniers années.
On ne s’en sort plus des contrôles et audit. Audit d’UFR, audit AERES avec des critères comme le taux de publications. Avec la LRU, division du budget récurrent par le nombre de chercheurs "non publiant".
Avec le montage des dossiers ANR (qui coûte cher en temps pour peu d’élus), les déplacements en conf, les audits et l’enseignement, dégager du temps pour la recherche elle même devient de plus en plus difficile.
Ceci joue sur le taux de publication des non élus ANR/AERES. C’est un vrai cercle vicieux.
La politique est bien ficelée : au prochain quadriennal, on viendra expliquer à ces même gens qui se battent dans ce système qu’il ne publient pas assez, diminuant encore leur budget.
Pendant ce temps, les crédits impôts recherche ne sont soumis à aucun contrôle.
Il ya plusieurs sous-entendus dans les décisions du ministère de la recherche qui entrainent des décisions
qui "semblent" aller à contre courant du discours de "soutien à la recherche".
Vous le soulignez dans votre texte : les décisions en matière de recherche relèvent bien de la politique. Autrement dit, quelle place veut on accorder à la progression de la connaissance, de savoir et du bien commun dans notre société ?
Face à la vision court termiste et individualiste de notre gouvernement, ces mots sonnent comme des aberrations qu’il faut éliminer ! Tout est quasiment résumé dans cette phrase.
Ajoutez à cela une haine absolue du fonctionnariat, qui prend pourtant toute sa dimension dans la recherche : c’est un moyen pour le chercheur de prendre des risques !
Premier exemple, les "hausses de budget", qui partent finalement dans les crédits impots recherche des entreprises, qui, elles n’ont bien sûr rien à justifier sur ces subventions masquées !
Les "bases de reflexion" sont elle aussi complètement fausses. Le gouvernement utilise la technique rhétorique classique de N. Sarkozy : l’acquiescement sur les prémisses. Par exemple, acquiescement du déclin de la recherche française, par mise en avant du classement de Shangaï, sans discuter de ce classement. POURTANT :
- ce classement "oublie" que les enseignants chercheurs sont des "demi-chercheurs". Le service d’enseignement y prend en effet 50% de l’année : aucun autre chercheur dans les pays occidentaux n’a une telle charge d’enseignement !
Ce classement oublie également toute les publications associées CNRS, divisant par 2 le taux de publication des enseignants chercheurs des UMR (Albert Fert avait pris la parole dans "le Monde" pour le souligner).
Curieusement, ce classement ne retire pas les publications associées à des organismes comme le NIH aux Etats unis (!), sous pretexte qu’il ne s’agit que d’une agence de moyen. Même la sémantique ne joue pas en notre faveur ! On voit déjà que ce classement de Shangaï divise quasiment par 4 (quatre !!) l’effort de recherche de beaucoup de Maître de conférence !
- On nous pointe également du doigt la taille de nos université dont certaines, par le nombre d’étudiants seraient de grosse universités qui ne publient pourtant pas beaucoup. On oublie alors de dire qu’en France, une bizarrerie du système fait que des enseignants du secondaires travaillent dans le supérieur : mon UFR (Unité de Formation et de Recherche) compte ainsi 30% d’enseignants du secondaire, qui bien sûr ne font pas de recherche (ce n’est pas leur métier !).
Revoilà 30 % d’effort de recherche encore "perdu" par le classement de Shangaï.
A force de diviser les résultats (quantitatifs) de recherche de nos universités, on en vient à se demander comment certaines figurent encore dans ce classement de Shangaï !
Concernant l’amnésie de notre gouvernement, notez encore :
- oubli du taux de chercheurs publics (non militaire, non nucléaire) en France : un taux relativement faible comparé aux autres pays occidentaux (et ce malgré le fait qu’un enseignant-chercheur est en équivalent temps plein, un "demi chercheur" !).
- Oubli du budget public de la recherche en France, un des taux de financement les plus faibles d’Europe ! L’université française est une des plus mal financée au MONDE. Le budget de tout l’enseignement supérieur français est inférieur à la dotation de la seule université d’Harvard (combinant certes, budgets privés et publics).
Quand on voit certains commentaires sur les forums, qui avec une haine incroyable viennent cracher sur le "gouffre sans fond" de la recherche public, on se dit qu’Europe 1, TF1 et le Figaro ont bien relayé les mensonges du gouvernement.
Que fait le gouvernement sur ce constat ? RIEN. A budget (faible) constant, il s’agit de faire croire que comme les chômeurs, comme les immigrés ou les malades devant leur médecin, les chercheurs seraient des passagers clandestins qui se nourrissent sans rien faire du travail des autres. Au moins, le discours est rôdé, vus les précédents au ministère de l’immigration ou avec les réformes des assedics/ANPE et sécurité sociale.
La source de tous les maux serait effacée en jouant sur l’individualisme. On va mieux rémunérer les génies frustrés, qui potentiellement, partiraient à l’étranger ! I On va évaluer via l’ANR et déhabiller Pierre pour habiller Paul. L’evaluation sans vrais critères est bien devenue la tarte à la crème de ce gouvernement.
Notons encore que ces jeunes chercheurs, seraient choisis sur des critères inconnus. A l’instar de l’ANR (dont on pourrait discuter longtemps aussi), cela ne concernerait qu’une fraction epsilonesque des jeunes récrutés.
Bref, du brassage d’air par effet d’annonce, technique sarkozyenne classique, avec un refus systématique de poser véritablement le problème pour le résoudre., comme vous le soulignez dans votre article.
@ R.L
vos blogs sont d’une débilité effarante. Je vous assure que c’est prendre beaucoup de risque pour des gens de langues germaniques (je pense evidemment au neerlandais, avant même l’anglais : il est evident que ces blogs émanent de ces gens, le .be en dit long en ces temps mouvementés en Belgique) que d’essayer de comparer les exceptions en français (orthographe, prononciations et dérivations d’autres mots) à l’anglais par ex. (voir mon message plus haut). C’est prendre le risque de monter que l’anglais est la pire langue à apprendre !
J’ajouterai que si toute les exceptions ne tiennent que sur une pauvre page web, c’est malheuresement une preuve (à l’échelle de cette langue) que les exception ne n=sont finalement pas si nombreuses.
Malheureusement pour vous...
La SEULE vraie astuce est que les anglo saxons ne perdent pas des années de leur vie à apprendre l’anglais, ce qui est imposé dans d’autre pays sous des prétextes souvent carrément stupides !
Excellent commentaire.
concernant une réforme de l’orthographe anglaise, faites une recherche sur George Bernard Shaw et son fameux "Ghoti" ;), qui a longtemps milité pour une grande réforme.
@ anthony : excellent commentaire. Le commentaire d’elson est d’une mauvaise foi absolue ! Le truc, c’est qu’en français on peut prononcer à la majorité des mots correctement à partir de règles simples.
Il ya evidemment des exceptions en français, mais il ne faut pas oublier QU’IL NY A AUCUNE, je dis bien AUCUNE REGLE EN ANGLAIS POUR PRONONCER UN MOT.
Si bien qu’il faut avoir entendu le mot pour pouvoir le prononcer.
De plus, une fois assimilé les règles de base (voyelles, consonne, syllabes : au, en,on...) 2 syllabes ecrits de façon identiques se prononce de façon identiques !
En anglais : aucune règles !
Pourquoi prononceer "Weak" mais "break" mais "Near" (je vous laisse chercher la phonétique dans un dico) ou encore "lead" (plomb) mais "lead" (le verbe). pourquoi prononcer "woman", mais women ("wimin") : le "o" change de pronciation au pluriel, malgre une écriture identique !!
Dans le mot "Phonology" (la science qui étudie les sons, ahah !), le o (isolé entre 2 consonnes) se prononce de 3 façon différente. Encore mieux, dans "phonological", les 3 "o" ne se prononcent pas pareils et ne se prononcent pas comme dans" phonology".
Je vous met au défi de trouver UN SEUL TRUC AUSSI TORDU EN FRANÇAIS.
il existe 8 façon de pronconer un pauvre "a" en anglais !
Les exemples sont répétables à l’infini (et non sur quelques exceptions comme en français) !
En outre, Je comprendrais parfaitement un étranger qui me dirait "monsieur" prononcé phonétiquement. Par contre combien de fois des anglophones m’ont fait reprononcer une diphtongue mal diphtonguée ou un mot parceque l’accent tonique était mal placé !
L’accent tonique, parlons en : en anglais, il est indéfinissable ! Aucune règle si ce n’est l’usage !
Même au niveau des irrégularités "repertoriées", l’anglais est loin d’etre facile : il ya 4 fois plus de verbes irréguliers en anglais qu’en français !
Ajoutez a ça que l’anglais est la langue la plus idiomatique du monde, et concluez en cherchant "Ghoti" dans google...
Il faut en FINIR avec le mythe de l’anglais soit disant facile et structuré contre le français soit disant "alambiqué". Ça n’aide personne, et sûrement pas ceux qui l’apprennent ! Je pense même que cela aiderait les gens à apprendre l’anglais si on leur expliquait !